Selon une étude de l’Office de l’Union européenne pour la propriété intellectuelle (EUIPO) présentée lors de la journée mondiale anti-contrefaçon, la production de faux fait perdre chaque année 43 milliards d’euros et 518 000 emplois à l’Europe.

Les pays les plus touchés par ce fléau seraient le Royaume-Uni (9,2 milliards d’euros de pertes), l’Italie (8,6 milliards) et l’Allemagne (8,3 milliards).

En France, 5,8% des ventes de l’habillement, des chaussures, des accessoires et des jouets sont des contrefaçons, ce qui représente 3,5 milliards d’euros de ventes et un énorme manque à gagner pour l’État.

Quelle est la taille de ce marché ?

Le marché mondial de la contrefaçon représente 300 milliards d’euros, chiffre qui ne cesse d’augmenter depuis une dizaine d’années. Sa taille est telle qu’il dépasse les marchés noirs de la prostitution (186 milliards de dollars) et de la marijuana (142 milliards de dollars)».

Quels sont les types de produits concernés ?

On retrouve tout d’abord la maroquinerie et les accessoires (96%), l’horlogerie (94%), la parfumerie (94%) et enfin les articles de sport (94%). Les médicaments, pièces automobiles, tabac et boissons alcoolisées sont également touchés.

Au sein de l’Europe, 10% des produits seraient contrefaits. Au niveau mondial, c’est le marché de la contrefaçon de médicaments qui est le plus important (200 milliards de dollars).

Combien de produits saisis en France ?

En France en 2017, 8,4 millions de produits de contrefaçon ont été interceptés par les 17 000 douaniers. 1,2 million de jouets et d’articles de sport, 1,1 million de vêtements, 1,1 de produits électroniques et 587 977 paires paires de chaussures de contrefaçon ont été saisis, de même que 238,2 tonnes de tabac.

Si ces chiffres sont impressionnants, le nombre total de produits saisis est en recul de 7,7 % par rapport à 2016.

D’où viennent les produits ?

Les produits contrefaits proviennent du monde entier, mais c’est l’Asie et notamment la Chine qui représente la principale zone de production et d’exportation de faux. La contrefaçon représente 8% du PIB du pays. 80% des saisies aux frontières de l’Europe provenaient directement de la Chine en 2015. La Thailande et le Moyen-Orient sont également pointés du doigt.

Combien ça coûte à l’Europe ?

L’OHMI, agence européenne la plus importante en matière de propriété intellectuelle, a dressé le bilan du marché des produits contrefaits. Le constat est effarant: chaque année, le contrefaçon dans le secteur du prêt-à-porter coûte 43 milliards d’euros de chiffre d’affaires et 518 000 emplois à l’Union européenne.

Combien ça coûte à la France ?

Du côté de la France, on parle de 25 000 directs perdus et 3,5 milliards d’euros de ventes pour le commerce des chaussures, vêtements et accessoires de mode. Les plus durement touchés sont les entreprises françaises telles que LVMH, L’Oréal ou Pernod Ricard.

Le marché de la contrefaçon est de 7,3 milliards d’euros par an, ce qui représente 0,3% du PIB français. Il heurte également les recettes fiscales de l’État, les producteurs et vendeurs de faux ne payant aucune taxe sur leur production.

Qu’est-ce qui a changé depuis 10 ans ?

En raison du développement d’internet, le phénomène s’est considérablement intensifié depuis une dizaine d’années. C’est surtout vrai pour les produits en provenance d’Asie, qui sont difficiles à bloquer car envoyés au clients directement par la poste.

Les douanes sont débordées et n’ont pas la capacité de tout intercepter. Si auparavant on trouvait les faux dans les foires ou auprès des vendeurs à la sauvette, ont les retrouve aujourd’hui sur internet.

Pour la contrefaçon, internet est un eldorado. Selon un sondage réalisé par l’institut Ifop pour l’Union des fabricants (Unifab), 37% des français ont avoué avoir acheté un produit de contrefaçon sans s’en apercevoir au moment de l’achat.

Chez les jeunes de 15 à 18 ans, ce chiffre passe à 43%. Pourquoi cette proportion plus élevée ? Selon l’enquête les jeunes sont plus enclins à faire leurs achats sur internet, où la moitié des achats illégaux sont effectués.

Alors que d’après 75% des personnes interrogées il est “facile” de se procurer des contrefaçons, 78% considèrent qu’en acheter est “dangereux” en raison du manque de normes sanitaires.

A noter : Les opinions exprimées dans cet article sont celles de l'auteur et ne reflètent pas nécessairement le point de vue d'Alvexo