L’image de “Président des riches” va t’il poursuivre Emmanuel Macron jusqu’à la fin de son mandat ? D’après une étude de l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE), les 5% des ménages les plus riches de France seront ceux qui profiteront le plus de l’ensemble de réformes prévu en 2018, voyant leur niveau de vie accru de 2,2%.

De plus, un “déficit de redistribution” entraîne un impact nul pour les classes moyennes. Accusé d’avoir construit un budget “pour les riches”, l’exécutif tente de calmer le jeu et assure que les mesures amélioreront le pouvoir d’achat de l’ensemble des français, mais plutôt en fin d’année 2018 pour les plus modestes.

Les 2% les plus aisés, grands gagnants des réformes Macron

Il s’agit de l’information à retenir de l’étude de l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE). Les chercheurs de cette organisation ouvertement de gauche affirment que 5 % de ménages français les plus riches seront ceux qui profiteront le plus des réformes sur la fiscalité.

Ils devraient voir leur pouvoir d’achat s’accroître de 2,2 % en 2018 par rapport à 2017, ce qui représente 1.730 euros en plus par ménage. Ainsi en 2019 les 5% des ménages français les plus riches vont capter 42% des gains issus de la mise en place des mesures.

Pouvoir d’achat stable pour les classes moyennes

Toujours dans l’étude réalisée par l’OFCE, on peut lire que les mesures du budget de 2018 n’auront presque pas d’impact sur le pouvoir d’achat moyen des classes moyennes en 2018. Leur pouvoir d’achat diminuera au premier trimestre (-0,5 %) pour ensuite progresser et grimper en fin d’année (+1,2 %).

En ce qui concerne les ménages à revenu élevé ne possédant pas de patrimoine, c’est à dire ceux qui se situent juste au dessous des 5% les plus aisés, ils devraient voir leur niveau de vie baisser en 2018 (– 0,4 %). Ces personnes constituant la plus grosse part de l’électorat de Macron paieront toujours la taxe d’habitation mais sans bénéficier d’aucune mesure sociale ni de l’allègement de la fiscalité sur le capital.

Les 5% les plus pauvres sont les grands perdants

Comme bien souvent, les catégories de français les plus pauvres seront perdantes en 2018. D’après l’OFCE, les revalorisations des minimes sociaux seront insuffisants pour compenser les hausses de fiscalités indirectes appliqués sur l’énergie et les cigarettes. Les plus modestes constateront une baisse de leur niveau de vie de 0,6%, ce qui représente 60 euros par ménage.

En revanche, les choses devraient s’éclaircir en 2019 pour l’ensemble des français, la montée en charge des mesures fiscales ainsi que la revalorisation des prestations sociales permettront alors de faire monter le pouvoir d’achat de 6 milliards d’euros. En ce qui concerne l’année 2018, le transfert des cotisations maladie et chômage des salariés vers la CSG va plomber le pouvoir d’achat pour tous.

L’OFCE parle « d’un rééquilibrage partiel » pour 2019, avec une montée en puissance des mesures bénéficiant à tout le monde. En revanche les 5% les plus riches continueront à capter 42 % des gains issus des mesures.

Parmi les principaux cadeaux que se verront offrir les plus riches, on trouve l’instauration du prélèvement forfaitaire unique (PFU) de 30% ainsi que la suppression de l’impôt de solidarité sur la fortune (ISF) en faveur de l’impôt sur la fortune immobilière (IFI).

L’exécutif tente de se défendre

Accusé de vouloir construire un “budget pour les riches”, l’exécutif se défend et affirme que les mesures mises en place profiteront à l’ensemble des français, pour ajouter que la “fiscalité indirecte” entraînera des changements qui atténueront ses effets. Bercy tente d’arrondir les angles en déclarant que les résultats devaient être relativisés, et que les mesures prises sur les cigarettes et l’énergie vont modifier les comportements sur le long terme, permettant aux français de faire des économies.

Il faut dire que le gouvernement a toujours été clair sur le sujet des ménages les plus aisés: défendant la très contestée réforme de l’ISF, Edouard Philippe avait déclaré qu’il est vital de faire en sorte que le capital reste en France, les avantages accordés au riches finissant toujours par profiter à l’ensemble de la société.

A noter : Les opinions exprimées dans cet article sont celles de l'auteur et ne reflètent pas nécessairement le point de vue d'Alvexo