Le 12 mai dernier, un individu tchétchène armé d’un coureur de 10 centimètres a tué une personne et blessé quatre autres dans ce qui est qualifié d’attaque “low cost”. Cet évènement montre une fois de plus l’efficacité des méthodes de l’État islamique, de plus en plus rudimentaires.

La Commission européenne compte prendre des mesures pour ralentir le rythme effrayant des attaques: 17 ont eu lieu depuis un an en Europe, notamment à Barcelone, Paris, Marseille et Berlin. Certes Daech est défait en Syrie et en Irak, mais le terrorisme islamique continue de frapper nos villes européennes.

Un mort et quatre blessés à Paris

Une jeune tchétchène de 21 ans a semé la terreur dans Paris avec un couteau de cuisine de 10 cm de long. Fiché depuis 2016, Khamzat Azimov était considéré comme un “petit radicalisé” sans grande envergure par les services de renseignement français, tout comme il en existe aujourd’hui des milliers. Il a passé le cap sans que personne ne s’en rende compte.

L’État islamique encourage les frappes “low cost”

L’attaque parisienne est un exemple flagrant de la doctrine prônée par l’État islamique depuis plusieurs années: frapper avec des moyens logistiques réduits et facilement accessibles tels que des voitures et des écouteurs.

C’est ce que les spécialistes appellent le “terrorisme low-cost”. Il s’agit d’une stratégie opportuniste, contre des civils facilement atteignables. Bien connues des enquêteurs et services anti-terroristes du monde entier, ces attaques mobilisent très peu de moyens et sont ainsi impossibles à repérer à l’avance.

D’après l’étude de la chercheuse norvégienne Emilie Oftedal menée en janvier 2015, les sommes engagées pour l’organisation d’attaque terroristes ne dépasse pas 10 000 dollars dans trois quart des cas. La plupart du temps, les terroristes collecteraient les fonds de manière tout à fait ordinaire, en se finançant sur les salaires de ses membres.

Ce mode opératoire met en difficulté les services de renseignement français: il est difficile d’intervenir sur des individus agissant seule ou dans des cellules restreintes. Désormais, tous les terroristes sont dangereux et isolés. Bien heureusement le mode opératoire des forces de polices a bien évolué en la matière depuis les attentats de 2015.

Leur stratégie est simple: ne pas avoir à attendre les unités d’élite pour intervenir et faire cesser les attaques. Pour cela, des fusils d’assaut ont été déployés dans les brigades qui étaient jusque là équipées d’armes de poing seulement. Grâce à cela l’attentat de la gare de Marseille avait pu être rapidement stoppé.

Une conférence pour ralentir le financement du terrorisme ?

Force est de constater que les terroristes opèrent avec des sommes d’argent très modestes. La conférence « No money for terror » (Pas d’argent pour le terrorisme) d’avril dernier a pour but de lutter contre le financement de Daesh et d’Al-Qaïda.

Plusieurs centaines d’experts en provenance de 72 États ont échangé et partagé leurs bonnes pratiques. Tous étaient d’accord sur un point: il est essentiel de développer les services de renseignement financier pour surveiller la circulation des “petites sommes”.

Le problème vient du fait que les sources de financement du terrorisme sont bien souvent légitimes et complètement légales. Ainsi il et tout à fait possible pour un terroriste d’utiliser son salaire ou de demander un prêt pour financer un attentat.

Il est donc essentiel de ne négliger aucune information. Le député LREM membre de la commission de la défense nationale Loïc Kervran donne un exemple pertinent: « Une personne qui va clôturer son livret d’épargne, avant d’acheter un billet d’avion pour la Turquie via la Roumanie, pourra faire l’objet d’un signalement. »

D’après les spécialistes, la lutte contre le terrorisme “low cost” implique un changement de la part des responsables politiques. Il ne faut pas s’en tenir aux flux de transactions, mais également tarir les sources de financement des terroristes.

C’est ce qu’a fait la France ces dernières années, avec un abaissement du seuil maximum de paiement en liquide de 3 000 euros à 1 000 euros ainsi que le signalement automatique à Tracfin lorsqu’un dépôt ou retrait d’espèce anormalement élevé est effectué. Le Parlement européen a d’ailleurs durci le contrôle des cartes de téléphone prépayées.

A noter : Les opinions exprimées dans cet article sont celles de l'auteur et ne reflètent pas nécessairement le point de vue d'Alvexo