Les experts l’avaient annoncée : la récession aux Etats-Unis semble déjà là. Les bourses mondiales et les investisseurs sont en alerte au vu des signes qui se multiplient. 

Le secteur manufacturier se montre au plus bas depuis une décennie. L‘OCDE a révisé sa note pour les Etats-Unis cette année. Elle prévoit une croissance à 2,4%, soit une baisse de 4 points pour 2019, et 2% pour 2020. 

L’industrie au ralenti

Premier signe du ralentissement de la croissance : les investissements dans le secteur manufacturier. Ils sont nombreux à penser que la récession se déclarera avant Noël. Ils s’appuient sur le faible indice ISM des Etats-Unis, de 47,8 points en septembre – chiffre au plus bas depuis 2009.

Comme l’explique le magazine Capital : “Le cycle expansif du pays de l’Oncle Sam prendra fin, et il en est probablement proche. Selon les statistiques du NBER, la durée moyenne d’un cycle de croissance est de 58,4 mois depuis 1945, bien plus court que le cycle actuel.”

Autre chiffre alarmant : un net recul de l’investissement dans les entreprises, 1% au deuxième trimestre, soit un chiffre au plus bas depuis quatre ans.

 

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Investisseurs à la baisse

En réaction au ralentissement annoncé de son économie, les Etats-Unis attirent de moins en moins les capitaux étrangers. Même si la politique économique protectionniste a, un temps, aidé à relancer un certain dynamisme, “le marché ralentit d’une façon bien plus prononcée que la normale pour un quatrième trimestre”, s’est exprimé un dirigeant de la métallurgie au cours d’une enquête de l’Institut de la Sidérurgie et de la Métallurgie.

Malgré ce ralentissement, l’économie du pays reste solide. De plus, les Américains ont davantage consommé au deuxième trimestre, avec une hausse de 4,6% de la consommation des ménages.

Peut-on parler de récession politique ?

Si les chiffres sont bons, la politique engagée par la Maison Blanche l’est moins.

Comme l’a suggéré sur son compte Twitter Ian Shepherdson, économiste en chef chez Pantheon Macro Economics : “ce serait la première fois qu’une récession aux Etats-Unis est provoquée directement par les décisions politiques prises par le Président, plutôt que par de tiers privés”.

Une référence claire à la guerre commerciale sino-américaine, déclarée par le Président Donald Trump peu de temps après son élection.

La chute des échanges commerciaux menace la croissance mondiale. Alors que les Etats-Unis entrent en période électorale, les décisions risquées de Donald Trump interpellent plus que jamais les investisseurs.

A noter : Les opinions exprimées dans cet article sont celles de l'auteur et ne reflètent pas nécessairement le point de vue d'Alvexo