D’après Emmanuel Macron qui a rencontré plusieurs fois le Premier ministre indien Narendra Modi, la France et l’Inde auraient “la même vision du monde et les mêmes intérêts”.

Lors de son voyage en Inde, une vingtaine de contrats ont été signés avec le géant asiatique, soit au total de 13 milliards d’euros.

Alors que la France est historiquement peu influente dans le pays, sa marge de progression y est à présent très importante. La France pourrait même devenir le premier partenaire stratégique de l’Inde en Europe.

Les contrats signés entre la France et l’Inde

– Safran, 12 milliards d’euros – La France a signé un partenariat de 12 milliards d’euros avec la compagnie aérienne low-cost indienne SpiceJet. En échange, elle fournira et maintiendra des moteurs d’avions Boeing 737 MAX.

– Alstom, 75 milliards d’euros – Le constructeur de trains français Alstom a signé trois contrats avec l’Inde: deux sur l’alimentation électrique de métros pour Mumbai Metro Rail Corporation et Jaipur Metro Rail Corporation, et le troisième sur la construction d’un nouveau train pour la Chennai Metro Rail Corporation.

– Suez, un contrat – Suez, le numéro deux mondial du traitement des déchets et eaux usées, a signé un contrat pour la distribution d’eau potable ainsi que la modernisation du réseau d’eau de la ville de Davangere, dans le sud de l’Inde.

– Un accord industriel pour EDF – Après plus de 10 ans de négociations, la société française EDF a signé un contrat avec le groupe public indien Nuclear Power Corporation of India Limited (NPCIL) pour la vente de six réacteurs nucléaires EPR d’ici la fin de l’année 2018.

Avancée majeure sur le nucléaire

La plus grande réussite de ce voyage présidentiel est incontestablement le projet de centrale nucléaire EPR à Jaitapur, à 400 km au sud de Bombay. Le projet de construction de la plus grande centrale nucléaire de l’Inde était en négociation depuis presque 12 ans.

Pour la France, ce contrat représente l’occasion de développer la technologie EPR d’EDF. Du côté de l’Inde, cela permettrait de combler un déficit énergétique colossal provoquée par des infrastructures déficientes.

Les deux pays ont également prévu de mettre en place des «partenariats stratégiques» dans différents domaines: l’énergie solaire, la sécurité et l’environnement ont été cités. Pour le moment rien n’est concret, mais selon un proche conseiller de Macron cela pose les bases pour des contrats à venir d’ici 3 ou 4 ans.

Aujourd’hui les relations commerciales entre l’Inde et la France sont très modestes. En effet l’Inde est seulement le 18ème client de la France, et son 20ème fournisseur à l’échelle internationale. Lors de chaque visite de chef d’État dans le pays, c’est la même chose: il est très difficile pour la France de tirer profit du marché indien.

Les choses progressent doucement. Alors qu’en 1967 l’ambassadeur de l’Inde se plaignait de la fiable présence économique de la France avec seulement 8 entreprises dans le pays, il en existe aujourd’hui plus de 500.

Solidification des relations diplomatiques entre les deux pays

Dès le début de son mandat, Emmanuel Macron mise sur l’Inde et compte en faire un partenaire privilégié de la France. Là était tout l’enjeu de cette visite de trois jours durant laquelle le Président a pris tout son temps.

Quand on négocie avec un pays d’1,3 milliards d’habitants, les contrats pèsent lourd. Macron compte bien accroître les échanges économiques toujours modestes et solidifier les accords passés dans la défense et le nucléaire, pout peut être dépasser le Royaume-Uni qui va quitter l’Union européenne l’an prochain.

Pour l’Inde, c’est partenariats industriels avec la France représentent une volonté de diversifier ses alliances et de renforcer son influence en Europe. Jusqu’à présent c’était la Russie qui construisait les sites nucléaires indiens. Depuis 2006, la politique étrangère de l’Inde est guidée par sa politique nucléaire.

L’Inde affiche aujourd’hui un taux de croissance supérieur à celui de la croissance chinoise. Mais ce qui l’empêche de réellement rivaliser avec son voisin, ce sont ses retards structurels. En effet ses infrastructures et indices de développement restent loin derrière ceux des autres pays du G20. Alors que l’Inde est menacée par la Chine et sa route de la soie qui l’encercle, elle se tourne vers l’Europe.

A noter : Les opinions exprimées dans cet article sont celles de l'auteur et ne reflètent pas nécessairement le point de vue d'Alvexo