Les néobanques, également appelées banques mobiles, sont en plein boum. Après le lancement de portails en ligne, les géants du secteur comme BNP Paribas avec Hello Bank ou encore BforBank du Crédit Agricole, les banques en ligne indépendantes rencontrent un succès retentissant dans l’hexagone.

Au total, plus de 30 millions de comptes bancaires ont été ouverts à travers le monde rien qu’au premier trimestre 2019. D’après un rapport du cabinet CB Insights, les néobanques ont levé près de $2,5 milliards en moins de 60 tours de table. 

Alors que leur succès se confirme, leur rentabilité à long terme reste fortement mise en doute par les experts du secteur, craignant une tendance éphémère. 

Le “boum” des banques en ligne

Alors que le secteur bancaire restait inchangé depuis plus d’un siècle, l’éclosion des néobanques partout dans le monde a changé l’industrie en seulement quelques années.

Avec près de 30 millions de comptes ouverts, le “digital banking” – en anglais – est devenu un secteur très privilégié des investisseurs.

Au premier trimestre 2019, les néobanques ont levé $842 millions et près de $650 millions au deuxième trimestre. Quant au troisième trimestre de cette année, les levées de fonds devraient atteindre le milliard de dollars.

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Nickel, N26 et Revolut en tête

En France, près de 20 néobanques ont vu le jour ces trois dernières années. La française Nickel, détenue par BNP Paribas – avec plus d’1.2 million d’utilisateurs, l’allemande N26 avec un million d’utilisateurs et la britannique Revolut avec 550 000 clients, viennent en tête des néobanques préférées des français.

D’après un rapport du cabinet KPMG publié il y a quelques mois, la réussite des banques en ligne s’explique par le succès de ces dernières à cibler les deux catégories les plus intéressées par le digital : les professionnels, les millenials et les adolescents.

“Le marché des professionnels et PME est un segment historiquement mal servi par les banques traditionnelles et cela crée un espace. De plus, il attire les investisseurs”, analyse Stéphane Dehaies de KPMG au journal La Tribune.

Un secteur durable ?

Si les investisseurs ne cachent pas leur enthousiasme, il est en revanche bien difficile de savoir si la tendance haussière du secteur est durable.

Selon Stéphane Dehaies pour la Tribune, les néobanques voient en général à court terme : “leur objectif est d’atteindre une taille critique pour ensuite proposer des services complémentaires générateurs de valeur.”

Selon lui, les offres relativement réduites de ces banques ont une objectif clair : limiter les services d’assurance ou encore de prêts, qui impliqueraient une relation durable avec le client.

“Ces acteurs ne pourront être rentables et donc confirmer la pérennité de leur business model que lorsqu’ils auront la notoriété et la confiance requise auprès des consommateurs, pour développer de nouvelles offres spécifiques ou de cross-selling”, conclut-il.

Les résultats du dernier trimestre devraient déterminer les tendances pour l’année prochaine.

En France, on compte pas moins de 3 millions d’utilisateurs actifs d’un compte ouvert sur une néobanque. Six nouveaux projets ont d’ailleurs été validés par la Banque de France et seront lancés d’ici à 2022.

A noter : Les opinions exprimées dans cet article sont celles de l'auteur et ne reflètent pas nécessairement le point de vue d'Alvexo