Amazon Prime et Netflix sont devenus les services de streaming les plus célèbres au monde, et l’Europe ne fait pas exception.

Afin de réguler le secteur audiovisuel des pays de l’Union et de financer la production, Bruxelles a pris une décision radicale: dès le 20 décembre 2018, les plateformes de streaming devront consacrer au moins 30% de leur catalogue à des productions européennes.

Quota: 30% de contenus européens

Dans le cadre de la refonte du droit de l’audiovisuel de l’Union européenne (UE), Bruxelles a annoncé que les plate-formes de diffusion de vidéos à la demande devraient consacrer 30% de leur catalogue à des productions européennes, et ce dès décembre prochain. Netflix et Amazon Prime, qui ont le vent en poupe en ce moment, sont directement visés.

Le chantier avait été ouvert par la Commission européenne le 25 mai 2016, cette dernière voulant alors rééquilibrer le secteur audiovisuel: les nouveaux entrants du streaming ébranlent les chaînes de télévision traditionnelles, et ce sans être soumis aux mêmes règles. À l’origine, la Commission demandait aux plateformes de consacrer 20% de leur catalogue aux oeuvres européennes.

Lire aussi: Amazon menace Netflix sur la VOD

Cette décision était sur les rails depuis longue date, si bien que le vote qui vient de confirmer sa mise en place n’était que pure formalité. C’est ce qu’a indiqué Roberto Viola, directeur général de de la Direction générale des réseaux de communication, du contenu et des technologies, et personne en charge du dossier à la Commission. Dès le mois de décembre, chaque pays de l’Union aura 20 mois pour appliquer cette nouvelle réglementation.

Financer la production audiovisuelle de l’UE

Les plateformes auront la possibilité d’acheter des films et des séries auprès de l’organisme national de la cinématographie du pays concerné. Les taxes payées seront plus ou moins importantes.

Cette mesure pour le moins protectionniste permettra à la Commission européenne de récupérer des fonds qui seront utilisés pour pousser la production audiovisuelle au sein des pays de l’Union. S’ils le souhaitent, ils auront la possibilité de demander un quota de production local allant jusqu’à 40%.

Cette règle rappelle la loi entrée en vigueur le 1er janvier 1996 imposant aux radios françaises de diffuser au moins 40% de chansons “d’expression française”. Il s’agissait alors de valoriser le patrimoine national en faisant connaître nos artistes et d’aider la production musicale du pays.

Netflix n’est pas loin des 30%

La nouvelle loi ne sera pas trop contraignante pour Netflix, alors que le groupe a commencé à investir dans les contenus européens il y a plusieurs année. On pense notamment aux productions originales La Casa de Papel, Black Mirror, Marseille ou encore Dark. À l’heure actuelle la plateforme n’est déjà plus loin du quota de 30 % fixé par Bruxelles.

Lire aussi: Netflix souffre d’un marché de la VOD saturé

A noter : Les opinions exprimées dans cet article sont celles de l'auteur et ne reflètent pas nécessairement le point de vue d'Alvexo