Le 30 septembre, le Canada, le Mexique et les États-Unis sont parvenus à un accord de libre échange nommé Accord Etats-Unis-Mexique-Canada (AEUMC). Cet accord remplace l’Alena, jugé “désastreux” par Donald Trump.

Après plusieurs mois de négociations pour le moins turbulentes, les États-Unis et le Canada ont réussi à se mettre d’accord à la dernière minute, Justin Trudeau acceptant d’ouvrir 5% du marché canadien du lait aux américains.

L’AEUMC remplacera l’ALENA, un traité de libre-échange datant de 1994, essentiel pour l’économie des trois pays. Donald Trump a salué lundi l’accord commercial “le plus important de l’histoire des Etats-Unis”.

Accord de dernière minute pour le Canada

D’après plusieurs médias canadiens, la Canada et les États-Unis sont parvenus à un accord quelques heures seulement avant la date limite fixée par Washington. Il s’agit de réformer l’Alena, un traité qui lie les deux pays et le Mexique depuis 1994.

Après une année de négociations houleuses durant lesquelles Washington a tour à tour menacé le Mexique et la Canada de sanctions, un nouveau traité de libre-échange a vu le jour : 500 millions de nord-américains seront concernés par l’Accord États-Unis-Mexique-Canada (AEUMC) prochainement soumis aux parlements des trois pays signataires, avant d’entrer en vigueur.

Alors que les États-Unis et le Mexique s’étaient mis d’accord sur un texte commun il y a plus d’un mois, les choses se sont avérées plus difficiles que prévues pour le Canada. En effet, les négociations entre Washington et Ottawa ont longtemps été bloquées par deux points délicats : les importations de lait canadien et l’arbitrage commercial quant au dumping sur l’aluminium et l’acier.

En échange du maintien du système d’arbitrage des litiges commerciaux, le Premier Ministre Justin Trudeau a finalement accepté de rendre le marché laitier canadien plus flexible pour les producteurs américains.

Lors de la conférence de presse donnée à la Maison-Blanche ce lundi, Donald Trump a déclaré que l’accord AEUMC était “le plus important de l’histoire des États-Unis” et qu’il soutiendrait des centaines de milliers d’emplois. Il a ajouté souhaiter signer la version définitive du texte avec Enrique Peña Nieto, Président sortant mexicain, à la fin du mois de novembre. Après la dégradation des relations entre les deux chefs d’état durant ces dernières semaines, Trump a qualifié son homologue “d’homme bien”.

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Que contient le traité  AEUMC ?

Si le principal volet du traité concerne les changement liés au marché laitier canadien, le texte viserait également à mieux protéger les travailleurs, et comporterait de nouvelles règles environnementales très strictes. Pour finir, l’accord couvrirait l’économie numérique ainsi que des protections “sans précédent” de la propriété intellectuelle.

1. Le secteur laitier
C’est LE sujet qui a failli faire échouer les négociations. Le Canada refusait jusqu’à lors d’assouplir son système de la “gestion de l’offre” visant à protéger les éleveurs et producteurs de lait à travers le pays. Mais le Premier Ministre Justin Trudeau a finalement accepté d’ouvrir 5% du marché canadien du lait aux américains, comme cela a été fait pour l’UE.

2. L’automobile
Avec l’accord, Donald Trump renonce à d’éventuels droits de douane sur les importations automobiles canadiennes. De plus, il est établi que 40 à 45% des véhicules importés seront impérativement fabriqués par une main d’oeuvre payée à plus de $16 de l’heure.

Cette mesure devrait inciter les constructeurs à assembler moins de véhicules au Mexique. En revanche, et au grand mécontentement d’Ottawa, les droits de douane sur l’acier et l’aluminium canadiens seront maintenus jusqu’à nouvel ordre dans un souci de protéger l’industrie sidérurgique américaine.

3. L’environnement
Ottawa a insisté pour que le nouveau traité contienne un chapitre sur l’environnement, sujet cher au gouvernement Trudeau. Il s’agit d’une première depuis la création de l’Alena en 1994.

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Alena, un accord “désastreux” selon Trump

L’accord Alena signé en 1992 liait les économies des trois pays depuis 1994. Mais selon Donald Trump, il s’agirait d’un accord “désastreux” pour l’économie américaine, notamment pour le secteur automobile. Plus précisément, il accuse Alena d’être responsable de la délocalisation de milliers d’emplois vers le Mexique.

Depuis trois ans, aucun accord commercial n’avait été autant dénoncé par Trump, qui a tout particulièrement insisté pour que son nom soit changé. Le traité Alena était pourtant jugé indispensable par la plupart des fermiers américains.

L’objectif de la modernisation d’Alena était ambitieux : il s’agit de décourager la Chine d’utiliser le Mexique comme plateforme d’assemblage de biens conçus à partir de pièces chinoises. Ainsi, les entreprises du secteur manufacturier seront incitées à investir davantage aux États-Unis et moins au Mexique.

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A noter : Les opinions exprimées dans cet article sont celles de l'auteur et ne reflètent pas nécessairement le point de vue d'Alvexo