La crise sanitaire du coronavirus a durement touché l’industrie pétrolière, quasiment à l’arrêt depuis la mi-mars – une première historique mondiale. 

Les perspectives ouvertes par le déconfinement ont impacté les marchés avec un envol notable du baril de Brent qui s’échangeait à 40 dollars au début du mois.

Et-ce que le pétrole connaît un retour à la normale ou une remontée temporaire ?

Si le reconfinement venait à être envisagé dans plusieurs régions du monde, le prix du baril pourrait être fortement affecté, et ce, malgré des annonces prometteuses de la Fed.

Sans compter que les difficultés du secteur aérien auront des répercussions sur la demande en 2021.

Une année noire pour le pétrole

Mi-mars, près de la moitié de l’humanité est sommée de se confiner. S’arrêtent alors abruptement les deux secteurs les plus importants pour le pétrole : l’aéronautique et l’automobile.

De nombreux géants comme Norwegian Airlines, Air France, American Airlines et d’autres enregistrent des pertes phénoménales et appellent les États à l’aide. 

Par ailleurs, les espaces de stockage sont devenus extrêmement chers et la production est à l’arrêt. Les cours du pétrole atteignent leur plus bas depuis presque 20 ans et le prix du baril chute même à un prix négatif de -37 dollars fin avril. 

Conséquence de ce trop-plein de matière première, certains États sont même contraints de ramener le pétrole sous terre, comme au Texas et ce, malgré les risques écologiques.

Lire sur Alvexo: “2020, une année noire pour le pétrole ?”

Avec le déconfinement et la reprise de l’activité, on observe cependant une légère reprise de la demande pour l’or noir. Le baril de Brent remontait à 40 dollars début juin pour la première fois depuis le 6 mars dernier. Un rebond qui intervient sur fond d’optimisme ambiant du côté de la Fed.

La Fed insuffle de l’espoir

Afin de relancer le secteur, la banque fédérale américaine a, en effet, suscité l’émoi des experts en publiant un communiqué optimiste.  

Avec un secteur sinistré depuis le début de l’année, l’industrie pétrolière avait retrouvé espoir, début juin, de pouvoir envisager une reprise croissante des trafics routier et aérien. 

Dans un communiqué surprise, la Banque centrale américaine a manifesté son intention de muscler son programme SMCCF de rachats d’obligations d’entreprise, en s’autorisant désormais à racheter des titres hors catégorie d’investissement (jusqu’à la note BB-), synonyme d’un soutien direct aux sociétés cotées à Wall Street.”, rapporte BFM Business.  

Autre bonne nouvelle, l’Agence internationale de l’énergie a publié de nouveaux chiffres, avec une chute historique de 8,1 millions de barils par jour, soit 500 000 moins par jour que ses dernières estimations en mai. 

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2021, l’année du rebond ?

Selon le rapport de l’AIE,  l’institution anticipe un bond exceptionnel en 2021 de 5,7 millions de barils par jour de la demande mondiale par rapport à celle de 2020. 

À 97,4 mbj, elle resterait toutefois toujours 2,4 mbj au-dessous du niveau de 2019, “essentiellement en raison de la faiblesse actuelle de la demande pour le carburéacteur et le kérosène”, note le rapport.

Néanmoins, certains experts pétroliers dont BP mettent en garde leurs investisseurs et insistent sur l’importance d’une transition énergétique imminente afin d’éviter une autre crise des prix pétroliers. 

Par ailleurs, de nombreux géants du pétrole ont d’ores et déjà massivement investi dans les énergies renouvelables, comme le géant ENI qui investira un milliard d’euros en trois ans pour trouver des solutions énergétiques durables. À l’instar de BP qui, après avoir annoncé la suppression de 10 000 emplois, a exprimé vouloir un groupe “moins carboné”, comme le rapporte Challenge

D’ici 2040, la demande en énergie devrait augmenter de 20%, une opportunité pour les géants du pétrole de se reconvertir dans des énergies moins polluantes et plus performantes. 

De plus, un rapport publié dans Le Monde indiquait des prévisions pour le moins inquiétantes, évoquant le risque qu’il n’y ait plus suffisamment de pétrole pour le continent européen d’ici à 2030…

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A noter : Les opinions exprimées dans cet article sont celles de l'auteur et ne reflètent pas nécessairement le point de vue d'Alvexo

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