Dès le mois d’octobre,  les cotisations baisseront pour la plupart des salariés – et les heures supplémentaires seront exemptes d’impôts. Mais à qui profiteront ces grandes réformes fiscales ?

Alors que certains experts se félicitent de cette avancée Macronienne, dans la plus pure tradition Sarkozyste du “travailler plus pour gagner plus”, certains experts craignent une sur-exploitation des salariés, une multiplication de surmenages. Du côté des syndicats, on craint que les chômeurs de longue durée n’augmentent.

Cotisations : ce qui va changer

A l’élection du Président Emmanuel Macron, de grandes réformes fiscales avaient été annoncées. En janvier dernier, le gouvernement a appliqué un allègement de 2,2 points.

Pour le salaire médian brut en France – soit 2 500, cela représente un gain d’environ 55. Pourtant, ce n’est pas ce qui a été rétribué.

Avec une augmentation de la CSG de 1,7 point,  le salarié médian a vu son augmentation mensuelle croître de seulement 13. En octobre, une augmentation de 23 s’ajoutera à la somme initiale, soit une somme totale de 37.

“€2 milliards d’économie”

Mais alors que le gouvernement souhaitait réduire de 3,15 points les cotisations d’ici à la fin de l’année, Bruno le Maire, Ministre de l’Economie et des Finances, a repoussé l’échéance à 2019. Selon lui, ce report permettra une économie de “plus de €2 milliards”.

Pour François Asselin, Président de la Confédération des PME (CPME), “c’est une mauvaise nouvelle pour les entreprises qui devront prendre en compte ce revirement et impactera négativement le coût des salaires en 2019”, analyse t-il pour le Figaro.

Premières victimes : les retraités

Les premières victimes indirectes de ce plan seront, selon les experts, les retraités.

Alors que l’Insee avait annoncé que l’inflation serait de 1,7% d’ici à la fin de l’année, le Premier Ministre Edouard Philippe a annoncé avant-hier dans le Journal du Dimanche que les pensions de retraite et les allocations familiales n’augmenteraient que de 0,3%, justifiant de s’aligner avec l’économie française et une révision de la croissance, de 1,9% à 1,7%.

Il a dit : “Nous avons fait le choix du travail” dans l’entretien avec l’hebdomadaire, et a mis en colère de nombreux syndicats. Les rapports ne sont donc pas au beau fixe. Rappelons qu’en juin dernier, la CGT avait coupé le courant lors d’un de ses discours…

Santé au travail : une priorité

Autre grande réforme de 2018 pour le gouvernement Macron : la santé au travail. Cette semaine, les différents syndicats rencontrerons Edouard Philippe pour en discuter.

Selon ce nouveau projet de loi, il serait désormais la responsabilité des entreprises de payer les congés maladie des salariés. Quid des auto-entrepreneurs, chômeurs et autres statuts non pérennes ? Pour le moment, le gouvernement n’a pas souhaité commenter.

Selon les Echos, la période initiale du remboursement d’un arrêt de 30 jours a été baissée à huit jours. Cela représenterait une dépense de 900 millions pour les entreprises privées par an – et une économie phénoménale pour le gouvernement. Les syndicats se réuniront avec le Premier Ministre dès aujourd’hui pour en discuter.

Macron, Président des riches ?

Au-delà de ces réformes économiques, c’est toute l’opposition qui s’inquiète des réformes macronistes. Entre la baisse des financements aux familles modestes et aux petites retraites, les économies sur les congés maladies et les aides reportées, certains analystes prédisent un “big bang social” en France dans les prochains mois.

D’autres, plus optimistes, parlent d’une belle occasion pour la gauche de s’unifier et d’ainsi renaître de ses cendres.

Cette semaine, un nouveau sondage sur la popularité du Président Emmanuel Macron a été publié : plus de 2 Français sur 3 désapprouvent sa politique.

 

A noter : Les opinions exprimées dans cet article sont celles de l'auteur et ne reflètent pas nécessairement le point de vue d'Alvexo

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