Le constructeur aéronautique Boeing et ses investisseurs s’apprêtent à passer une zone de turbulences dans les prochains mois. Avec deux crashs de son dernier modèle Boeing 737 MAX, près de 393 avions de la flotte ont été mis à l’arrêt.

Provoquant la mort de 350 passagers au total, la faille technique de Boeing a provoqué la colère des familles des victimes, des compagnies aériennes mais aussi des assureurs.

Au total, l’immobilisation des engins a d’ores et déjà coûté $1 milliard au constructeur pour ce premier trimestre 2019. Alors qu’une investigation internationale est en cours, les actionnaires se demandent comment Boeing va rebondir après une telle affaire. 

Des chiffres inquiétants

Les actionnaires de Boeing sont inquiets. Après avoir publié ses meilleurs résultats en 2018, le constructeur aéronautique connaît une mauvaise passe au premier trimestre 2019, provoquant l’affolement des investisseurs.

Tout d’abord, l’immobilisation des 737 MAX dans le monde entier, suite aux crashs, qui ont fait 350 victimes, coûté à Boeing plus d’un milliard de dollars. Et la note continue de s’allonger : en ce moment même, près de 135 vols d’essai sont prévus pour les prochains mois.

D’après le rapport partagé par Les Echos, l’avionneur a toutefois présenté des résultats trimestriels relativement solides comparés au scandale. Pour le premier trimestre 2019, le chiffre d’affaires est en baisse à 2%, soit à $22,9 milliards.

Concernant le cash flow opérationnel, Boeing affiche $2,8 milliards alors que le bénéfice par action est en berne, à -13% avec une baisse de $3,16 par titre à la sortie des résultats et à -$1,36 le 30 avril.

Le constructeur tente de miser sur ses autres branches pour rééquilibrer ses pertes. Dans le secteur de la défense, Boeing a reçu près de $12 milliards de commandes, dont un nouveau contrat pour l’armée américaine avec une commande de 78 F/A-18 Super Hornets.

Rappelons que la France est le deuxième partenaire européen du groupe américain, après le Royaume-Uni, avec 35 000 salariés travaillant dans l’hexagone pour Boeing. De nombreux sous-traitants français pourraient être donc impactés par le ralentissement de la production des avions Boeing 737 MAX.

 

Une investigation en cours

Cependant, de nouvelles révélations pourraient écorner encore un peu plus la réputation de Boeing.

Alors que les deux investigations pour les crashs meurtriers des avions d’Ethiopian Airlines et Lion Air sont en cours, les médias américains ont révélé que dès 2018 les inspecteurs avaient envisagé de clouer au sol tous les 737 MAX, car le constructeur américain avait désactivé son système d’alerte sur ses avions pour le rendre payant.

Une annonce que le Pdg Dennis Muilenburg dément fermement pour le moment.

Un argument qui n’a pas réussi à convaincre les actionnaires puisque l’action est en chute libre. La sortie de crise n’est pas au programme pour Boeing. Les carnets de commandes sont presque vides, avec seulement 14 commandes d’avions commerciaux pour le mois d’avril.

A lire sur Alvexo: “Selon Boeing, la Chine va acheter 7690 avions d’ici à 2020”

La crise ne profite pas à Airbus

La crise que connaît Boeing est-elle une aubaine pour les autres constructeurs ? Le Pdg d’Airbus, Guillaume Faury, a déclaré aux Echos : « Nous sommes en bonne voie pour atteindre notre objectif de 60 A320 par mois à mi-2019 et 63 en 2021 ».

Il a par ailleurs confirmé qu’il étudiait la possibilité d’aller au-delà de cet objectif, s’il trouvait la possibilité d’étendre la chaîne de sous-traitants.

Néanmoins, Airbus ne semble pas pour autant profiter de la tourmente que traverse Boeing. Comme l’a rappelé le patron d’Airbus aux Echos : « Un A320 est un A320 et un MAX est un MAX et les points communs entre les deux sont très réduits ». L’arrêt des livraisons de Boeing 737 MAX n’a donc pas eu d’effet visible a priori sur les résultats de l’avionneur européen.

 

A noter : Les opinions exprimées dans cet article sont celles de l'auteur et ne reflètent pas nécessairement le point de vue d'Alvexo

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