Saudi Aramco, le plus grand pétrolier d’Arabie Saoudite compte bien entrer dans l’histoire. Selon une enquête des Echos, le géant préparerait une levée de fonds record estimée à plus de $10 milliards. 

Cela sera la première levée de dette sur les marchés financiers pour Saudi Aramco. Alors que les experts prévoient un succès presque immédiat, la stratégie de longue haleine du groupe a su séduire les investisseurs : les plus grands fonds de Tokyo, Los Angeles, Singapour, Chicago et New York ont signé. Un vrai marathon financier qui a commencé le 1er avril pour s’achever le 5 avril.

S’agirait-il d’une opération séduction juste après l’affaire du journaliste assassiné Khashoggi ? Analyse dans les coulisses d’une transaction historique. 

Un marathon international

En anglais, les marathons pour investisseurs s’appellent les “roadshows”. Celui que Saudi Aramco a donné la semaine dernière était à l’image de l’opération : colossal.

En quatre jours, les responsables de l’entreprise ont parcouru la planète – de l’Asie aux Etats-Unis en passant par l’Europe. L’objectif : aller à la rencontre des investisseurs et les convaincre le plus rapidement possible.

A cette occasion, le PDG de Saudi Aramco, Amin Nasser, était même “venu jouer les VRP”, comme le précisent Les Echos.

Mais même si l’entreprise saoudienne s’est empressée d’accélérer au mieux le processus, elle a dû se plier à de nombreuses réglementations financières.

Une transparence appréciée

C’est pour cette raison que l’entreprise saoudienne a publié une brochure de 500 pages à l’attention “des régulateurs, aux agences de notation et aux acteurs de marché qualifiés”, précisent Les Echos. Une première pour le royaume, puisque la majorité de ces informations étaient restées jusque-là confidentielles.

L’entreprise était nationalisée depuis plus de 40 ans, mais pour autant c’est la première fois qu’Aramco dévoilait ses résultats financiers annuels.

Cette documentation a ensuite servi de cahier des charges pour les rendez-vous avec plus de 100 investisseurs venus des quatre coins du monde la semaine dernière. Pour les investisseurs, cela ne fait pas l’ombre d’un doute : Aramco est prêt à se plier aux règles internationales de la finance.

De nombreux investisseurs ont salué l’initiative de transparence d’Aramco, alors que les experts reconnaissent l’immense effort que l’entreprise a fourni.

A lire: “Emmanuel Macron dîne avec le prince saoudien Mohammed ben Salmane

Des partenaires de choix

Afin d’asseoir sa crédibilité auprès des investisseurs, Aramco s’est entouré des meilleures agences d’audit du monde occidental. On y compte PricewaterhouseCoopers, mais également les deux agences phares, Fitch et Moody’s pour sa note de crédit.

Une campagne de presse impressionnante, allant d’interviews sur des chaînes de télévision locales à une interview dédiée pour l’agence Reuters, a permis également au groupe de consolider sa réputation.

On peut y lire que l’ancien bras-droit de l’homme d’affaires Bill Gross, Mohamed El-Erian, aurait été au chevet du projet d’Aramco depuis plus de deux ans.

El-Erian est connu dans le milieu de la finance pour ses liens étroits avec le Prince héritier, Mohammed Ben Salmane, alias MBS.

De nombreux groupes incontournables de la finance se sont joints au projet, comme JPMorgan, Morgan Stanley, Citi, Goldman Sachs ou encore HSBC. Une manière de confirmer la crédibilité du projet en faisant appel à des institutions reconnues par une clientèle occidentale et asiatique.

Mardi 9 avril 2019, l’entreprise saoudienne a publié un communiqué de presse pour annoncer une levée d’emprunt estimée à $12 milliards. A titre comparatif, les profits d’Aramco en 2018, estimés à $111 milliards, représenteraient le triple des bénéfices d’Apple, plus grande entreprise de nouvelles technologies au monde.

A noter : Les opinions exprimées dans cet article sont celles de l'auteur et ne reflètent pas nécessairement le point de vue d'Alvexo