C’est une entrée qui fait du bruit : Spotify, le service de streaming musical made in Sweden est entré en Bourse hier sous le nom coquet de “SPOT” au New York Stock Exchange. En seulement une journée sur les marchés, l’action a pris 12,9%.

Les analystes scruteraient tout particulièrement le business model de l’entreprise, qui a démarré il y a 12 ans, basé sur le freemium. Malgré les doutes de ces professionnels, cette entrée se veut prometteuse : pour sa première séance, l’action finit à presque 149$.

Cotation directe : une première

Spotify marque un tournant dans l’histoire du New York Stock Exchange, puisque c’est la première fois que le géant new-yorkais utilise ce procédé. La cotation directe, rappelons-le, exclut les particuliers de l’OPA. L’achat n’était donc réservé qu’aux professionnels et aux investisseurs ce mardi.

Résultat : l’entrée en Bourse s’est faite à moindre prix pour Spotify,  car le prix du titre n’était pas fixé d’avance.  C’est donc sans surprise que les investisseurs ont vu le prix de lancement de l’action en hausse de 26%, par rapport au prix initialement annoncé de 132 dollars le 2 avril par le NYSE. La valorisation boursière de l’entreprise s’élevait à environ 19 milliards d’euros.

Une nouvelle ère boursière ?

Avec une action terminant la journée à 12,9%, Spotify espère court-circuiter le système classique des banques d’investissements.  En moins d’une journée, cette stratégie a l’air d’avoir été très judicieuse pour Spotify.  “On pourrait presque en conclure que l’on a plus besoin d’intermédiaires”, a analysé Kathleen Smith, co-fondatrice de Bourse Renaissance Capital.

Afin d’asseoir la crédibilité et la longévité de son initiative, Spotify s’est entouré de Morgan Stanley, Goldman Saches et Allen & Co. Ces derniers ont travaillé sur le dossier pour faciliter l’entrée en bourse.

Cependant, les professionnels observent avec grande attention ce lancement et préfèrent attendre avant de s’exprimer. Comme le décrit l’article des Echos publié le 3 avril, “Mises sur la touche, les banques guettent le faux pas de Spotify“, les spécialistes des marchés risqueraient bien d’assister à un schisme entre les partisans de la cotation directe et les adeptes d’un système boursier plus classique.

Les comptes gratuits, talon d’Achille

Tout comme Facebook, Spotify utilise le nombre de ses utilisateurs pour mettre en avant sa fiabilité et sa croissance exponentielle. A l’exception que Spotify a un business model radicalement différent : c’est une plateforme freemium. Soit une plateforme à deux vitesses, dont le modèle économique semble s’essouffler.

Alors que plus de 159 millions d’utilisateurs ont un compte gratuit, Spotify ne compte que 71 millions d’abonnés payants. Alors que le nombre d’inscrits payants ne cesse de décroître, celui des utilisateurs gratuits s’accroît de manière exponentielle. Un talon d’Achille repéré par les analystes, qui doutent de la durabilité du géant Suédois.

Pour rassurer les investisseurs, Spotify a rappelé le nombre d’inscrits chez son concurrent principal Apple Music, qui compterait 36 millions d’utilisateurs. Un nombre d’inscrits qu’Apple a réussi à rassembler en seulement moins de deux ans. En troisième place, le français Deezer compte sept millions d’utilisateurs.

La première journée reste tout de même satisfaisante pour les analystes. Elle avait commencé avec un petite moment d’embarras lors de la cérémonie d’ouverture, le NYSE ayant hissé le drapeau suisse lors du lancement… A la place du drapeau suédois.

A noter : Les opinions exprimées dans cet article sont celles de l'auteur et ne reflètent pas nécessairement le point de vue d'Alvexo