Près de 63 produits français risquent de devenir des produits de luxe aux Etats-Unis. Du champagne aux sacs à main en passant par le fromage, Washington menace de surtaxer certains produits made in France jusqu’à 100%.

Alors que la France vient de voter une loi imposant à hauteur de 3% le chiffre d’affaires des plus grandes entreprises américaines implantées sur son territoire, surnommées les GAFAM (Google, Apple, Facebook, Amazon, Microsoft), la décision américaine apparait plus que jamais comme une riposte.

Si la taxe américaine était votée, elle concernerait l’équivalent commercial de $2,4 milliards outre-Atlantique. 

Roquefort surtaxé, vin épargné ?

Le 2 décembre, le gouvernement américain a annoncé qu’il imposerait des droits de douane supplémentaires pouvant atteindre les 100% sur près de 63 produits français, dont l’équivalent en produits s’élèverait à $2,4 milliards.

Entre autres produits taxés, on retrouve les produits laitiers – dont le roquefort et les yaourts français, stars des supermarchés américains – mais aussi les produits de beauté, comme le maquillage et le savon, ou encore les produits de maroquinerie.

Les grands groupes du luxe français, tels LVMH et Kering, sont concernés et ont exprimé leur inquiétude.

Seul produit potentiellement épargné jusqu’à présent : le vin tricolore.

Riposte contre la loi GAFAM

Si les Etats-Unis ont décidé de frapper aussi fort, c’est pour contester la loi sur le numérique dite “GAFAM”, votée en avril dernier en France. Cette législation a ensuite inspiré plusieurs pays de l’Union européenne à passer des lois similaires, dont l’Italie, au grand désarroi de Washington.

Le Bureau du représentant américain au commerce (USTR) a estimé que la législation française porte préjudice aux entreprises américaines et qu’il est du devoir des Etats-Unis d’y répondre en adoptant des mesures similaires.

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La législation visant les géants du numérique, menée par le Ministre de l’Economie, Bruno le Maire, a pour but de taxer à hauteur de 3% les entreprises de la Silicon Valley sur les profits générés en France, via les publicités en ligne et la vente des données privées des utilisateurs.

Bercy contraint d’abandonner ?

La France abandonnera-t-elle face aux pressions exercées par Washington ?

La Secrétaire d’Etat à l’Economie, Agnès Pannier-Runacher a expliqué que le gouvernement comptait se montrer «pugnace» dans ce dossier. Elle reproche aux Etats-Unis notamment leur refus à négocier afin d’aboutir à un accord de taxation des GAFAM à l’échelle de l’OCDE.

Le Figaro rapportait ses propos : «Fondamentalement, le projet que nous menons est juste, et n’est pas dirigé contre les plateformes numériques américaines».


Du côté des Etats-Unis, aucune réforme ne pourra être formulée avant le 14 janvier, période correspondant à différentes consultations publiques entre les parties américaines.

Pour l’USTR et l’administration américaine en général, il est question d’une lutte contre un protectionnisme jugé croissant de l’Union européenne à l’encontre des entreprises américaines.

Aucune issue en vue, mais le Président Macron et son homologue américain tentent de jouer la carte de l’apaisement et paraissent décidés à régler leur différend lors d’une rencontre à Londres le 3 décembre.

A noter : Les opinions exprimées dans cet article sont celles de l'auteur et ne reflètent pas nécessairement le point de vue d'Alvexo