Les résultats sont tombés: pour le deuxième trimestre de l’année 2018, Tesla affiche la plus grosse perte de liquidités de son histoire. Le rapport trimestriel publié le 1er août parle de $717,5 millions contre $336,4 millions un an plus tôt.

Malgré ces dépenses pharaoniques, le constructeur est parvenu à rassurer les investisseurs : Tesla a affirmé pouvoir être rentable au second semestre de l’année grâce à l’accélération de la production de sa Model 3.

Après l’annonce, l’action a flambé à Wall Street pour gagner 10%, soit à plus de $330, sa meilleure performance depuis début juin.

  • Tesla affiche une perte de $717 millions au second trimestre, contre $336,4M l’an dernier.
  • La société affirme pouvoir être rentable au second semestre de 2018.
  • Le production de la Model 3 devrait s’accélerer d’ici la fin de l’année.
  • Plus tôt dans l’année, Tesla a annoncé une baisse de 9% de ses effectifs pour réduire ses coûts.

Perte nette de 717 millions de dollars

Tesla continue de brûler des liquidités. Selon le dernier rapport trimestriel, le constructeur a essuyé une perte nette de $717,54 millions entre avril et juin 2018, ce qui représente $4,22 par action.

Un an plus tôt, les pertes étaient de $336,4 millions, soit $2,04 par titre. Quant aux revenus, ils ont progressé de 43% pour atteindre $4 milliards, $3,36 milliards étant attribués à l’activité Automobile.

Un chiffre d’affaires à la hausse

$717 millions, c’est beaucoup de pertes. Mais rappelons que c’est moins qu’au trimestre précédent, durant lequel Tesla avait perdu $785 millions.

Cela signifie que le constructeur augmente ses marges et se dirige à petits pas vers la rentabilité. Du côté du chiffre d’affaires, le deuxième trimestre est au-dessus des attentes avec $4 milliards (+43%), versus des prévisions de $3,92 milliards.

Pour la Model 3, la marge brute s’est améliorée et devrait, selon le groupe, atteindre 15 % au deuxième trimestre, puis 20 % au quatrième.

Tesla rassure les investisseurs pour 3 raisons

1. La Model 3 fait des bénéfices

Selon le rapport trimestriel, le bénéfice de la Model 3 “passe lentement à des indicateurs positifs, et cet indice devrait augmenter de 15% au troisième trimestre”.

Ainsi, malgré les pertes, le constructeur se montre optimiste : sa voiture phare devrait permettre au groupe de pénétrer rapidement le marché des véhicules moyenne gamme et d’atteindre une production de masse.

Au même moment, les constructeurs automobiles classiques se désengagent du marché des voitures compactes.

2. La production monte en puissance

En “améliorant l’utilisation de ses chaînes existantes et en faisant des améliorations ciblées pour régler les goulets d’étranglement, plutôt que de construire de nouvelles chaînes”, Tesla a accéléré sa production au second trimestre de l’année.

Il s’agirait selon Elon Musk de “l’approche la plus cohérente financièrement”. Le groupe a récemment atteint son objectif de production de 5 000 Model 3 par semaine. Ce rythme devrait passer à 6 000 par semaine d’ici fin août, et 10 000 “aussi rapidement que possible”. Au troisième trimestre, le constructeur devrait produire 50 000 à 55 000 Model 3.

3. Elon Musk s’adoucit, s’excuse

Fini les coups de sang et l’air hautain, Elon Musk semble décidé à se comporter comme un dirigeant digne de ce nom. Lors d’une conférence téléphonique relative aux résultats trimestriels, le fondateur de Tesla a présenté ses excuses pour avoir été “impoli” avec les analystes, qu’il avait abruptement éconduits au mois de mai.

Cette énième bourde avait entraîné une chute de l’action dès le lendemain.

Le ton inhabituellement humble de Musk lors de la présentation des résultats du second semestre a semblé rassurer les investisseurs, comme en témoigne la hausse du titre de 9,16% à 328,70 dollars vers 23H45 GMT après la clôture.

Mise à jour 08/08

Il semble que la rédemption d’Elon Musk ait été de courte durée. Pour attirer l’attention sur le nombre élevé de commandes de la Model 3, le dirigeant a publié mardi un Tweet de mauvais goût mettant en scène Adolf Hitler et avec le commentaire “Même Hitler vendrait Tesla”. Pour le grand public, c’est la provocation de trop.

Mercredi, Musk annonçait avec grand fracas qu’il envisageait le retrait de Tesla de la bourse afin de se soustraire à la surveillance de Wall Street. Il assure disposer un soutien d’investisseurs. Si cela se produit, il s’agira de la plus grande opération LBO de l’histoire. Mais selon les sources Reuters à Wall Street, ce scénario serait peu probable compte-tenu de la situation financière de la société.

A noter : Les opinions exprimées dans cet article sont celles de l'auteur et ne reflètent pas nécessairement le point de vue d'Alvexo