Pendant que le gouvernement français présentait la première version de sa réforme du Code du Travail, Emmanuel Macron s’envolait pour l’Est de l’Europe pour discuter de la question très controversée des travailleurs détachés à l’étranger.

Au premier jour de sa tournée européenne, le Président a annoncé que la directive européenne sur le travail détaché telle qu’elle est appliquée aujourd’hui “trahit l’esprit européen dans ses fondamentaux”.

Il s’est cependant montré confiant quant à un éventuel accord sur la révision de la directive, et ce malgré les réticences de la Roumanie et de la Pologne.

Son but est notamment de renforcer les contrôles contre les fraudes, et de raccourcir la durée du travail détaché.

 

Crise diplomatique entre Macron et la Pologne ?

Après le refus de la Première ministre polonaise de réformer le statut des travailleurs détachés, le ton est monté entre Varsovie et Paris.

Emmanuel Macron a vivement critiqué cette décision, et la principale intéressée a répondu de manière cinglante.

D’après Macron, la première ministre polonaise Beata Szydlo commet une erreur en refusant une réforme «jusqu’au bout dans l’intérêt des travailleurs polonais».

Cela bafouerait les valeurs de l’Europe et isolerait le pays. Sur de nombreux sujets, la Pologne va à l’encontre des intérêts européens.

 

«L’Europe s’est construite pour créer de la convergence, c’est le sens même des fonds structurels que touche la Pologne. L’Europe s’est également construite sur des libertés publiques qu’enfreint aujourd’hui la Pologne. Cet État «a décidé de s’isoler», Emmanuel Macron

 

Une réglementation dure, sur le papier

En théorie, les travailleurs détachés bénéficient des conditions de base de la réglementation du pays d’accueil.

Les conditions de travail sont donc donc les mêmes en termes de salaire minimum.

En revanche, ils continuent de payer des cotisations sociales dans leur pays d’origine.

Là où le bat blesse, c’est que les travailleurs sont en général très peu regardants sur les conditions de travail.

C’est le secteur du BTP qui est le plus touché par les abus, et le premier pays d’origine la Pologne.

 

Le travail détaché très propice à la fraude

En ce qui concerne les travailleurs détachés, la France est le deuxième pays d’accueil en Europe derrière l’Allemagne, mais aussi le troisième pays d’envoi.

140 000 français sont détachés à l’étranger, ce qui conduit à de nombreux abus tels que les rémunérations inférieurs au Smic, les non déclarations sans oublier le dépassement des durées maximales de travail.

À en croire un rapport du Sénat, ces fraudes concerneraient pas moins de 220 000 travailleurs illégaux en France.

 

La directive favorise le dumping social

D’après Emmanuel Macron, la directive européenne sur le travail détaché favorise le “dumping social” qui profite aux pays de l’est de l’Europe.

Le Président français espère à présent convaincre assez de pays afin d’obtenir la majorité et pousser une réforme de la directive permettant aux entreprises d’envoyer des salariés dans d’autres pays de l’Union, tout en continuant de payer des cotisations sociales dans leur pays d’origine.

Avec pas moins de 500 000 travailleurs dans l’ensemble de l’UE, la Pologne a beaucoup à perdre si une refonte du système a lieu.

 

« Le marché unique européen et la libre circulation des travailleurs n’ont pas pour but de favoriser les pays qui font la promotion du moindre droit social, et c’est ce qui dans nos pays nourrit le populisme et érode la confiance dans le projet européen », Emmanuel Macron.

 

Un problème économique et politique

Les abus qui entourent le travail détaché ne constituent pas seulement un problème économique.

Il s’agit également d’un problème politique. Selon Emmanuel Macron, cela “empoisonne l’idée européenne”.

En juin 2017 la France a rejeté en bloc une idée de révision de la directive, jugeant que la refonte n’allait pas assez loin.

Le but de l’Élysée, c’est de limiter à 12 mois la durée du travail détaché. Cette durée est actuellement de deux ans maximum.

Lorsque la directive a été prise en 1996 l’Union ne comptait que 15 pays, et l’écart de salaire allait du simple au triple. C’est sans compter l’entrée de nouveaux pays de l’Est de 2004 à 2007.

 

 

 

 

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