Après une levée de fonds de $500 millions auprès de Toyota en septembre 2017, Uber était valorisée à $72 milliards et annonçait une entrée en bourse au second semestre de 2019. Aujourd’hui, sa valorisation est estimée à $120 milliards, soit presque le double.

Uber est devenue la première société non cotée au monde. Les investisseurs se bousculent au portillon, attirés par les perspectives de croissance importantes de l’industrie du VTC, dont la taille devrait être multipliée par huit d’ici 2030.

$100 milliards de valorisation

Selon le Wall Street Journal, les banques Morgan Stanley et Goldman Sachs, pressenties pour être les conseillères d’Uber dans son opération d’entrée en bourse, auraient évoqué une une valorisation de $120 milliards, chiffre bien supérieur aux $72 milliards attendus.

Il s’agirait ainsi de l’introduction en bourse la plus importante du secteur technologique et Uber vaudrait plus que General Motors, Ford et Fiat Chrysler réunis. D’après les rumeurs, afin d’éviter un éventuel retournement des marchés, l’IPO pourrait se faire plus tôt que prévu, soit au premier semestre 2019.

Cette valorisation traduit la confiance qu’accordent les investisseurs à Dara Khosrowshahi, qui avait remplacé Travis Kalanick au titre de PDG d’Uber en 2017. Dès son arrivée, il avait opéré un grand remaniement pour redorer l’image du groupe et changer la culture d’entreprise, en vue d’une entrée en bourse au second trimestre 2019.

Khosrowshahi avait réussi à réduire les pertes de la société de moitié au premier trimestre 2018 et en septembre dernier, Uber avait levé $500 millions auprès du constructeur automobile japonais Toyota.

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Pourquoi un tel engouement ?

1- Le secteur des VTC, dont la taille devrait selon Goldman Sachs être multipliée par huit d’ici à 2030, attire de nombreux investisseurs.

2- Uber travaille sur la voiture autonome, considérée comme l’avenir de l’automobile.

3- Le CA d’Uber a progressé de 63% au second trimestre, et ses réservations de 41%.

Des pertes massives et pas de rentabilité

Si Uber a perdu $891 millions au deuxième trimestre de l’année, son chiffre d’affaires a bondi de 63% pour atteindre $2,8 milliards. Par ailleurs, le nombre de réservations a progressé de 41% pour atteindre 12 milliards. Le chiffre d’affaires anticipé est de 10 à $11 milliards en 2018, contre $7,78 milliards en 2017.

Comment la société est-elle parvenue à de tels résultats ? En mettant en place un large plan de réduction de dépenses en 2018 : le budget marketing et publicité a notamment été réduit de 7,5%, et que le budget dédié au service client et à l’acquisition de nouveaux clients a été amputé de 1%.

Même si la société a réduit ses dépenses de moitié en début d’année, les documents préparatoires à l’introduction en bourse indiquent qu’elle ne sera pas rentable avant au moins trois ans.

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Les freins à la croissance d’Uber

1- Avalanche de problèmes juridiques au sein de pays dans lesquels Uber est présente. La société est sous le coup d’une enquête aux Etats-Unis, soupçonnée de corruption de responsables étrangers, d’utilisation de logiciels illégaux et de discriminations salariale.

2- Certaines villes, comme New York, ont plafonné le nombre de véhicules accordés aux VTC.

3- La division voitures autonomes d’Uber tourne au ralenti depuis un accident mortel en Arizona.

4- La concurrence se renforce : Lyft, premier concurrent d’Uber en Amérique du Nord, prévoit lui aussi une entrée en bourse en 2019. Sa valorisation est cependant de moindre ampleur avec “seulement” $15,1 milliards.

A noter : Les opinions exprimées dans cet article sont celles de l'auteur et ne reflètent pas nécessairement le point de vue d'Alvexo