On parle depuis des mois maintenant des entreprises à la pointe de la lutte contre la Covid-19 que sont Pfizer, Moderna, AstraZeneca ou encore Johnson & Johnson. Ces dernières ont été parmi les premières à proposer un vaccin efficace et à boucler leurs essais cliniques en un temps record. Mais comme l’écrit La Fontaine, rien ne sert de courir ; il faut partir à point.

Et c’est peut-être le cas de la petite pousse franco-autrichienne des biotechnologies, Valneva. Cette dernière développe de son côté un vaccin à l’ancienne à virus inactivé, le seul du genre développé par un laboratoire européen. Et si Valneva venait sauver la vaccination européenne ?

Valneva, une jeune biotech prometteuse

Valneva est une entreprise de biotechnologie franco-autrichienne basée dans la banlieue de Nantes. Elle s’est spécialisée dans les tentatives de mise au point de vaccins de voyage contre des maladies exotiques difficiles à soigner comme la maladie de Lyme, le virus Zika ou encore le chikungunya.

Résultat de la fusion d’une entreprise française, Vivalis, et d’une entreprise autrichienne, Intercell, Valneva a de l’avenir et a décidé de venir jouer les trouble-fête de la course à la vaccination. En effet, personne ne l’attend et d’autres laboratoires ont déjà pris une certaine avance grâce aux technologies novatrices que sont l’ARN messager ou encore la vaccination à vecteur viral. Elle a pourtant décidé de jouer son va-tout.

S’appuyant sur le savoir faire de son parent autrichien Intercell, qui a développé un vaccin similaire contre l’encéphalite japonaise, la start-up nantaise pense pouvoir réduire significativement le délai de mise au point et obtenir un feu vert de mise sur le marché d’ici la fin de l’année 2021. Pour l’instant, le vaccin en est aux phases I et II des essais cliniques. Ces derniers devraient s’achever début avril. La phase 3 devrait alors débuter sur un échantillon plus large de volontaires.

Valneva pourra ainsi participer dès 2022 à la guerre contre la Covid-19 qui ne semble pas prête de se terminer. L’Europe est en proie à une nouvelle vague et il est de plus en plus probable qu’il faille vacciner régulièrement des pans entiers de population au cours des prochaines années.

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Nul n’est prophète en son pays

Ainsi, Valneva vient sauver le bilan, pour l’instant, plutôt calamiteux du secteur pharmaceutique français. Beaucoup attendaient des résultats probants de la part de Sanofi mais le géant français du secteur a dû revoir sa copie initiale et a pris du retard. Pire encore pour le mythique Institut Pasteur qui a tout simplement renoncé faute de résultats convaincants.

Et pourtant, ce n’est pas le gouvernement français qui a fait le pari de Valneva. Le plus important soutien de l’entreprise est à chercher outre-Manche. Le gouvernement du Royaume-Uni a, en effet, précommandé 100 millions de doses de son vaccin à Valneva pour 2022.

La nouvelle avait d’ailleurs fait exploser le cours de l’action de la biotech à la Bourse de Paris en février dernier. Cette dernière avait, alors, connu une hausse de 15%. C’est aussi à ce moment-là que l’entreprise a commencé à faire parler d’elle. Notamment dans des médias français piqués au vif de voir le gouvernement britannique couper l’herbe sous le pied du gouvernement français et ce, dans son propre jardin.

Mais comme le dit le dicton, nul n’est prophète en son pays. Et c’est donc de l’autre côté de la Manche que Valneva va développer sa solution. En effet, la substance active du vaccin devrait être produite sur le site de Valneva à Livingtston, en Écosse.

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Une action volatile

Si Valneva s’attire les bonnes grâces du gouvernement britannique, et même celles de la Commission européenne, qui est en discussion avec la société pour l’achat de 60 millions de doses, l’entreprise suscite également l’intérêt des investisseurs. Cotée à la Bourse de Paris et est membre de l’indice CAC Small et plus récemment du SBF 120, le titre Valneva a attiré bon nombre de traders flairant la bonne affaire lors de l’annonce de la commande britannique.

Depuism le soufflé est un peu retombé. La cause de cette mauvaise passe ? Des résultats 2020 décevants du fait de la pandémie. En 2020, Valneva a accusé une perte nette de 64,4 millions d’euros. La perte opérationnelle du groupe s’est, elle, creusée à 55,1 millions d’euros. Et le chiffre d’affaires n’a atteint que 110,3 millions d’euros. Ces données, publiées il y a peu, n’ont pas fait du bien à l’action Valneva, qui a enregistré le 24 mars l’une des plus fortes baisses du SBF 120, indice qu’elle vient d’intégrer.

L’entreprise espère que son candidat-vaccin lui permettra de faire de 2021 une année plus réussie et d’envisager l’avenir avec sérénité. C’est tout le mal que lui souhaitent de nombreux entrepreneurs ayant misé sur la pépite nantaise.

Le contenu ci-dessus est considéré comme une information à titre indicatif et ne peut être assimilé à une recherche ou un conseil en investissement indépendant.

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