Avec 3 453 jours sans baisse de plus de 20%, l’indice S&P500 a atteint mercredi des records historiques. Depuis son plus bas en 2009, il aura progressé de 270%. Ce “bull market” comme on l’appelle aux États-Unis, efface le précédent record datant de 50 ans.

Grâce aux politiques budgétaires et fiscales mises en place après la crise des subprimes, la croissance et les profits sont repartis à la hausse pour les sociétés américaines. Alors que deux tiers de cette croissance sont attribués à une poignée de sociétés de la high tech, les marchés sont-ils surévalués ? Analyse.

L’indice S&P500 en vedette

Le S&P500 a clôturé au dessus du seuil des 2500 points lundi, pour signer 3 453 jours sans baisse de plus de 20%. L’indice boursier enregistre de ce fait une hausse de 270% depuis le 9 mars 2009. Cette croissance phénoménale signe le marché haussier le plus fort jamais enregistré par Wall Street.

Pour trouver le précédent record, il faut remonter à la période allant d’octobre 1990 à mars 2000, où la progression du S&P500 a été de 417%. Ce record est accompagné d’un autre, celui du MSCI World qui s’inscrivait lundi à 2 000 points, soit + 13,7 % depuis 2017.

La progression de cet indice mesurant la performance de 2 400 actions dans 47 pays symbolise l’accélération de la croissance économique à travers le monde. Les taux sont maintenus bas, et les investisseurs sont poussés par les actifs les plus risqués.

En 2017, les deux tiers de la progression du S&P500 étaient attribuables à l’évolution de 10 actions seulement. Sur ce marché hyper-concentré, les valeurs qui font la tendance sont sans surprise les stars de la Tech : Apple, Microsoft, Amazon, Alphabet, Netflix, Cisco, Nvidia. Parmis ces sociétés, Amazon et Apple sont les seules figurant parmi les 10 moteurs de la hausse chaque année depuis quatre ans.

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Le “Trump Trade” alimente le “Bull Market”

Alors que les capitalisations boursières atteignent des niveaux historiquement élevés à Wall Street (voir Amazon et Apple), de nombreuses voix se sont élevées pour prévenir un risque de correction. Mais les investisseurs ne montrent aucun signe d’inquiétude pour le moment.

Le VIX, aussi appelé “indice de la peur” mesurant la volatilité du marché boursier américain, est proche de son plus bas historique à 10 %. D’après les chiffres de Bank Of America-Merrill Lynch, les actions ont regagné les faveurs des investisseurs.

Durant la deuxième semaine de septembre notamment, les fonds investis en actions ont attiré $8,9 milliards, dont $1,9 milliard aux États-Unis. Les investisseurs ont particulièrement investi sur les petites et moyennes valeurs qui sont davantage sensibles à la croissance américaine.

Le bull market est propulsé par l’espoir d’un retour du “Trump Trade” qui impliquerait la mise en place d’une réforme fiscale favorable à la croissance.

Les marchés sont-ils surévalués ?

Le marché haussier actuel est le plus long de l’histoire de Wall Street, dépassant le cycle d’octobre 1990 à mars 2000. La question est la suivante : le marché est-il surévalué ? Les spécialistes s’accordent pour dire que la bourse américaine connaîtra une phase d’emballement, comme au début des années 2000, avant de reculer.

Si aujourd’hui aucun signe de frénésie ne se fait sentir, les indicateurs économiques montrent que les marchés des actions s’approchent lentement des niveaux des années 2000 et 1929.

A noter : Les opinions exprimées dans cet article sont celles de l'auteur et ne reflètent pas nécessairement le point de vue d'Alvexo