Mauvaise nouvelle pour WeWork, le géant tech des bureaux partagés. Après le report confirmé de son introduction en Bourse et la démission fracassante de son PDG Adam Neumann, le groupe est sur le point de connaitre une première vague de licenciements.

En cause : la dégradation de sa note par Standard and Poors et Fitch à CCC+, soit au niveau “junk bond”. Une annonce qui ne pouvait pas plus mal tomber, après de nombreuses tribunes publiées par des anciens salariés, condamnant le mauvais management du groupe.

WeWork : la nouvelle “obligation pourrie”

Cauchemar ultime de tout groupe tech, la note CCC+ a fait basculer plus d’un destin sur les marchés… La semaine dernière, le groupe WeWork a subi les foudres des deux plus grands cabinets : Fitch a dégradé sa note à CCC+.

Selon le quotidien Le Devoir, “l’agence de notation SP Global Ratings a estimé la semaine dernière que la situation en matière de liquidités était ‘moins que suffisante'”.

A cette annonce, le groupe a annoncé repousser la date de son entrée en Bourse, initialement prévue en mai 2019. “Nous avons décidé de reporter notre introduction en Bourse afin de nous concentrer sur notre cœur de métier, dont les fondamentaux restent solides”, ont confirmé les deux nouveaux codirecteurs de l’entreprise, Artie Minson et Sebastian Gunningham.

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Des résultats chaotiques

D’après les documents publiés par la Securities and Exchange Commission, le groupe américain fondé en 2010 aurait perdu près de €811 millions rien qu’au premier trimestre 2019. Soit +25% de pertes comparées à la même période en 2018.

Actuellement estimé à près de €1,3 milliard, le groupe se targue d’avoir près de 527 000 membres dans plus de 111 villes, répartis dans 29 pays dans le monde, avec près de 528 emplacements.

Alors que WeWork compte 12 500 salariés, les caisses de l’entreprise pourraient être vides d’ici au deuxième trimestre 2020 si rien n’est fait  Plusieurs sources auraient par ailleurs confirmé aux Echos un plan de licenciement massif d’ici à l’année prochaine. Selon la presse, une première vague de licenciements se prépare : WeWork serait sur le point de se séparer de 500 salariés.

Le coworking remis en cause

Au-delà de la déception générée par la dégradation de sa note, ces annonces posent de nombreuses questions sur la solidité du modèle économique du coworking.

De nombreux experts ont d’ailleurs exprimé leurs doutes : pour Thomas Georgeon, Directeur Général de Société de la Tour Eiffel, le modèle économique est “intriguant”, a-t-il partagé lors d’une interview avec BatiActu.

De plus, la potentielle crise économique de 2020, pressentie pour le premier trimestre, pourrait bien impacter le prix de l’immobilier et ainsi freiner la croissance des bureaux partagés.

Il y a quelques semaines, WeWork a inauguré un nouvel espace de 7 300 m2 à Paris dans le quartier de la Villette.

 

A noter : Les opinions exprimées dans cet article sont celles de l'auteur et ne reflètent pas nécessairement le point de vue d'Alvexo