“Historique”. “Légendaire”. Les qualificatifs manquent pour évoquer le talent de LeBron James en NBA. 30 000 points inscrits, 8 000 passes décisives… les chiffres de son palmarès donnent le vertige. Mais l’histoire de son transfert à Los Angeles ne s’arrête pas à celle de l’un des meilleurs joueurs de basket de l’histoire rejoignant une franchise mythique : elle devrait aussi représenter une réelle aubaine pour l’économie de la région.   

Lorsque LeBron signe dans un club, il apporte avec lui des emplois et dynamise l’activité. Le phénomène, loin d’être anecdotique, a été étudié, quantifié, et les chercheurs de l’Université d’Harvard lui ont même donné un nom : “l’effet LeBron”, ou “LeConomics”. Le lien entre business et sport professionnel n’est plus à démontrer. Les patrons de clubs sont d’ailleurs souvent des milliardaires, à l’instar du co-fondateur de Microsoft Paul Allen, qui possède les Trail Blazers de Portland.

Si les économistes sont divisés sur l’impact économique des équipements sportifs (certains y voient même une corrélation négative), l’American Enterprise Institute (AEI) a démontré que l’arrivée de superstars du sport provoque une hausse du prix des billets, et apporte du business aux commerces de proximité.

Ainsi, “King LeBron” a passé les sept premières années de sa carrière à Cleveland, puis a rallié Miami avant de revenir dans l’Ohio en 2014. Selon les chercheurs de l’AEI, sa seule présence a suscité une hausse de 13% du nombre de restaurants et de bars dans un rayon d’un mile autour du stade de l’équipe où il jouait. Mieux : ces établissements ont embauché 25% de plus qu’en temps normal.

Et lorsque LeBron s’en va, il ne s’en va pas sans bruit. Le joueur, qui a permis aux Cavaliers de Cleveland de remporter le titre en 2016, a été conspué par les fans après son départ, considéré par beaucoup comme une traitrise. Le week-end dernier, une fresque géante le représentant à Los Angeles a été dégradée après qu’un post sur les réseaux sociaux promette la somme de $300 à qui la vandaliserait.

Sur le plan économique, l’impact du départ de la superstar internationale n’est jamais neutre non plus. Ainsi, près de 20 commerces ont fermé leurs portes aux environs du stade de Cleveland lorsque LeBron a quitté le club en 2010, mais les ouvertures ont explosé lorsqu’il est revenu quatre ans plus tard.

Même effet à Miami, où le nombre de bars et de restaurants autour de l’American Airlines Area a atteint le chiffre record de 250 au moment où il y jouait, avant de décliner après son départ.

Même si d’autres facteurs ont pu entrer en ligne de compte dans ces chiffres, les chercheurs estiment que la présence de LeBron James a statistiquement un effet positif sur le nombre de restaurants et de débits de boisson près du stade auquel il est rattaché, et sur le taux d’emploi dans ces établissements.

500 millions de dollars

En 2010 déjà, une autre étude voyait dans la présence de LeBron un facteur clé dans la hausse des dépenses constatée à Cleveland. Selon certaines estimations, son impact économique se chiffrerait à $500 millions – même si ce chiffre a été largement contesté. Selon un journal local de Cleveland, cet impact serait en tout cas quantifiable en étudiant la TVA, les taux d’occupation des chambres d’hôtel et les taxes prélevées sur les tickets pour les matchs. D’après la même source, les tenanciers de bars ont indiqué avoir enregistré une hausse de 30% à 200% sur le chiffre d’affaires les soirs où LeBron jouait pour les Cavaliers.

Faut-il s’attendre à des conséquences de même ampleur à Los Angeles ? James y a signé un contrat de $154 millions. Il a déjà commencé à faire gonfler la fanbase des Lakers, qui sortent d’une saison difficile : l’équipe a raté les play-offs pour la cinquième année consécutive.

LeBron James, passeur des Cavaliers de Cleveland, marque le passeur des Lakers de Los Angeles Kobe Bryant, le 10 mars 2016.
Image: LeBron James, passeur des Cavaliers de Cleveland, marque le passeur des Lakers de Los Angeles Kobe Bryant, le 10 mars 2016. Jayne Kamin-Oncea-USA TODAY Sports / Reuters

Selon le magazine Fortune, l’arrivée de LeBron pourrait signifier 3 000 emplois supplémentaires à Los Angeles, et avoir un impact économique de $396 millions. Sa popularité incomparable et le nombre de fans qu’il draine font de lui une marque incontournable de la NBA. Les maillots des Lakers avec le numéro 23 de LeBron, que la NBA a déjà commencé à commercialiser à $80 l’unité, s’arrachent actuellement en ligne et dans les magasins spécialisés.

Idem pour les billets : le prix du pass annuel a bondi de $3 499 à $6 500 en une seule journée, suite à l’annonce de la signature de l’athlète. Le match de pré-saison contre les Denver Nuggets à San Diego a quant à lui triplé, passant de $61 à $188. Mais le bonheur des uns fait le malheur des autres, et un broker a prédit que les tickets des matchs des Cavaliers de Cleveland pourraient chuter jusqu’à 60% à la saison prochaine…

LeBron James : la marque

Mais l’influence de LeBron James s’étend largement au-delà du monde sportif. Après qu’il a investi $1 million dans Blaze Pizza en 2012, celle-ci est devenue l’une des chaînes enregistrant la plus forte croissance des Etats-Unis. Résultat : LeBron a empoché plus de $35 millions dans l’opération.

Les quelques 42 millions de personnes qui le suivent sur les réseaux sociaux ne sont pas étrangères à ce succès. “A chaque fois qu’il tweete, c’est comme un boom supersonique”, a déclaré Elise Wetze, co-fondadrice de la chaîne de restaurants à la chaîne sportive ESPN. “Cela crée instantanément une conversation avec des dizaines de millions de fans aux Etats-Unis et dans le monde entier, et cela génère des interactions entre les fans de la marque et des gens qui n’ont jamais entendu parler de nous.”

Aujourd’hui, LeBron James est le deuxième athlète le mieux payé au monde, avec des revenus de $86 millions générés de juin 2016 à juin 2017. Son salaire de $31,2 millions sur cette période ne représente qu’une petite partie de ce chiffre en comparaison des $55 millions qu’il a engrangés de sponsors de marques telles que Nike, Intel ou encore Verizon. D’autres devraient suivre : plusieurs d’entre elles ont déjà manifesté leur intérêt sur Twitter

A noter : Les opinions exprimées dans cet article sont celles de l'auteur et ne reflètent pas nécessairement le point de vue d'Alvexo