Attrapez les tous – La folie du Pokémon Go

Attrapez les tous – La folie du Pokémon Go

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    Pokémon Go : un sujet impossible à éviter tant il prend de l’importance. C’est aux États-Unis, en Australie et en Nouvelle Zélande que le phénomène du moment a été lancé pour la première fois le 7 juillet, avant de rapidement susciter l’engouement des fans du monde entier. Stars des années 2000, Pikachu, Salamèche et Bulbizzare sont de retour via une application mobile révolutionnaire, pour le meilleur et pour le pire. Les jeunes, premiers touchés, plus que jamais rivés sur leur smartphone pour capturer les bêtes tant convoitées qui peuvent surgir à tous les coins de rues. Si l’idée semble excitante et révolutionnaire, le jeu a déjà donné lieu à de nombreux accidents : mouvements de foules, automobilistes qui abandonnent leurs véhicules, agressions et vols en tous genres. Le Pokémon Go, fausse bonne idée ou révolution du jeu vidéo ?

     

    Pokémon Go, qu’est-ce que c’est ?

    Si on a un peu oublié l’existence des Pokémons depuis quelques années, ils sont bel et bien de retour, cette fois sur nos smartphones. Pour rappel, les petites créatures aux noms étranges sont nées au Japon dans les années 1990, pour retrouver une seconde jeunesse en 2016. Le principe et simple, il faut capturer les Pokémons fictifs dans un décor réel grâce à une réalité augmentée. Les 150 premiers d’entre eux peuvent être découverts et capturés dans une multitude d’endroits, depuis le coin de rue en passant par le quai de gare, jusqu’au comptoir de bar. Pour le moment, Pokémon Go est disponible sur iOS et Android dans quelques pays, mais il faudra patienter encore un peu pour pouvoir y accéder en France.

     

    Le monde devient un immense plateau de jeu

    À la différence des Games Boy, Wii et autres 3DS, avec Pokémon GO tout se passe en réalité augmentée. Vous en resterez pas vissé à la télévision du salon, mais sortirez au contraire afin d’attraper le Pokémon apparu 3 pâtés de maison plus loin. Il s’agit tout simplement d’une chasse au trésor, avec le monde pour terrain de jeu.

     

    Ancien roi des consoles fixes, le japonais signe sa transition vers le mobile

    Les années de gloire de Nintendo étaient révolues depuis 2008. Depuis cette date, les ventes ont chuté drastiquement et ne représentaient plus qu’un quart de ce qu’elles étaient durant les meilleures années, lors de l’apogée de la Wii et de la DS. Après l’avènement des applications mobiles en 2007, les consommateurs se sont petit à petit intéressés à ces millions d’applications ludiques et peu onéreuses. La société Nintendo a longtemps suivi une stratégie 100 % console, jusqu’au décès de son directeur Satoru Iwata en juillet dernier, qui était opposé aux jeux pour mobiles et a fini par se rendre à l’évidence pour lui-même déclarer que “les temps ont changé”.

     

    L’application mobile est déjà en tête des ventes dans plusieurs pays

    Pokémon Go a conquis 10 millions de joueurs aux États-Unis en seulement quelques jours, et est déjà présent sur 5 % de smartphones fonctionnant sous Android. Par comparaison, c’est beaucoup plus que Tinder et à peine mois que Twitter. Un joueur moyen passe en moyenne 43 minutes par jour sur l’application, soit bien plus que sur WhatsApp et Instagram. De quoi faire pâlir les jeux à succès Candy Crush et Angry Birds.

     

    La limite entre réalité et fiction devient bien mince

    Certains joueurs sont prêts à tout pour attraper les créatures, jusqu’à faire n’importe quoi comme sortir dans la rue à 4 heures du matin ou arrêter sa voiture au milieu de la circulation.Niantic, le développeur du jeu, a même été contraint de publiquement encourager les fans de Pokémon à rester « conscients de leur environnement » afin d’éviter les dérives. Car le moins que l’on puisse dire, c’est que les Pokémons ne sont pas civilisés.

     

    Un jeu bon enfant qui catalyse des comportements extrêmes de la part de joueurs

    Pokémon Go attire malheureusement son lot de personnes mal intentionnées, qui profitent de fonctionnalités de la plateforme pour dépouiller les joueurs en les attirants dans des endroits isolés où ils sont plus vulnérables. Des dizaines de victimes sont déjà à déplorer. Le jeu donne aussi lieu à des scènes absurdes, comme un futur père qui continue de chasser les créatures en pleine césarienne de sa femme.

     

    Comment s’y prendre pour dresser mes Pokémons ?

    Il faut tout d’abord réussir à capturer votre premier Pokémon, pour ensuite constituer une équipe. Comment faire ? Tout simplement en vous promenant dans la rue, la plupart des créatures se trouvant à l’extérieur, dans les endroits publics. Le jeu est structuré en plusieurs niveaux, et arrivés au cinquième il vous sera possible d’intégrer une équipe afin de combattre dans les arènes contre d’autres joueurs.

     

    La nostalgie comme argument de vente

    Lancés en France en 1999, les Pokémon ont eu à l’époque un succès fulgurant, avec des tonnes de produits dérivés. Sujet numéro 1 de cours d’école, le sujet a été décliné sur toutes ses formes. Mais tous ces enfants ont bien grandi, ont un emploi et surtout, un pouvoir d’achat. Ils possèdent une panoplie de tablettes et smartphones. Ainsi les créateurs de Pokémon Go jouent la carte de la nostalgie afin de cibler ces consommateurs potentiels.

     

    Les attentats de Nice font retarder la sortie du jeu en France

    La sortie était prévue le 15 juillet dans l’hexagone, mais a été retardée en raison des attentats de Nice le 14 qui ont coûté la vie à 84 personnes. La vraie raison derrière ce retard, c’est que Pokémon Go est susceptible de provoquer des attroupements malvenus à cet endroit.

     

    « En signe de respect envers le peuple français en cette période de deuil national, la sortie de Pokémon Go est reportée. Nos pensées et prières accompagnent la France et les victimes touchées par cette terrible attaque », Niantic

     

    Le jeu gratuit mais extremement rentable signe la résurrection de Nintendo

    Depuis la sortie du jeu entièrement gratuit, l’action en bourse de Nintendo a explosé. Si l’inventeur des Pokémons valait 17,1 milliards de dollars le mercredi 6 juillet, sa capitalisation boursière a dépassé 28 milliards cinq jours plus tard. Mais la route de la rédemption est encore longue pour Nintendo : certes Pokémon Go est pour le moment le jeu le plus rentable de l’histoire, mais il ne faut pas oublier que la firme japonaise avait déjà signé son retour en 2007 avec la Wii qui a valorisé sa capitalisation boursière à 80 milliards soit 625 dollars par actions, avant de retomber.

     

    En coulisses, les relations complexes entre Nintendo et The Pokémon Company

    Contrairement à ce que pensent les investisseurs, Pokémon Go n’est pas un jeu Nintendo. C’est Niantic, une ex start-up made in Google, qui a obtenu l’aval de The Pokémon Company pour éditer le jeu. Pour rappel, The Pokémon Company est la société qui gère les droits d’auteur de Pikachu et ses amis. Elle a été fondée en 1998 par trois acteurs différents également répartis dans le capital à hauteur de 33 %. Vous avez dit complexe ? Mais contrairement à Nintendo, le rôle de The Pokémon Company relève plus de la gestion de franchise que du jeu vidéo à proprement parler.

     

    « Imaginez une agence de talents. Une agence qui décide quelle tâche confier à ses talents, comment prendre soin de leurs compétences, comment les cultiver. De la même manière, à la Pokémon Company, notre métier consiste à produire Pokémon, c’est-à-dire que nous réfléchissons dans quels types de médias devraient apparaître nos talents, comme Pikachu ou Vipélierre, dans quels produits les utiliser, comment les faire grandir. » Tsunekazu Ishihara, président de Tsunekazu Ishihara

     

    Mais alors, qui va empocher le pactole ?

    Comme nous l’avons dit, Pokémon Go n’est pas un jeu Nintendo. Mais la société va néanmoins profiter de son succès du moins d’une manière indirecte avec des gains financiers issus d’un montage complexe. Les spécialistes ont du mal à se mettre d’accord quant à ces bénéfices. D’après la banque d’investissement Jefferies, Nintendo récupèrerait 40 % des bénéfices du jeu grâce à sa participation chez Pokémon Company. Mais Macquarie est beaucoup moins optimiste et table sur 10 %.

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