Brexit : Le Royaume-Uni a quitté l’UE. Et après ?

Brexit : Le Royaume-Uni a quitté l’UE. Et après ?

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    Il y a quelques semaines, la population britannique s’est prononcée en faveur du Brexit, ce qui destine le Royaume-Uni à sortir de l’Union européenne. Quelle est la situation aujourd’hui ? Si le pays a accueilli un nouveau Premier ministre, en réalité rien n’a vraiment évolué depuis un mois. Et pour cause, l’Union européenne tient bon et n’accepte aucune négociation tant que le Royaume-Uni n’a pas officiellement demandé son retrait. Du côté britannique, on joue la montre afin de limiter au maximum les dégâts liés au Brexit.

     

    Pour l’économie britannique, c’est la débandade

    Un mois après le référendum du 23 juin, les premières données économiques sont tombées, et elles ne sont pas bonnes pour le Royaume-Uni. L’indice PMI qui mesure l’activité économique privée du pays est tombé au plus bas depuis la crise de 2009. Le secteur des services et celui de l’industrie sont particulièrement touchés. Seules les exportations ont progressé, encouragées par la chute de la livre sterling. La publication de ces chiffres tombe mal pour le moral du pays, alors que le Royaume-Uni semblait tout juste reprendre son souffle après des semaines de bouleversements : démission de David Cameron, scandales chez les tenants de la sortie et déchirement des partis conservateurs et travaillistes, sans compter les craintes de tension entre l’Irlande du Nord et la république d’Irlande.

     

    Le Royaume-Uni essaie tant bien que mal d’amadouer l’UE, qu’il quitte

    Fait étrange, le Royaume-Uni ne s’est jamais autant montré pro-Europe  que lorsqu’il a décidé de la quitter. La nouvelle Première ministre Theresa May a d’ailleurs déclaré que «Le Royaume-Uni ne se retire pas de l’Europe» dans une tentative de rassurer l’opinion publique du pays, et dans le même temps d’amadouer les alliés européens en vue des négociations de sortie.

     

    Aucune sortie n’est prévue avant 2017…ou 2019 ?

    Berlin et Paris fait savoir qu’il était préférable de laisser un peu de temps au nouveau gouvernement britannique pour déclencher l’article 50 du traité européen, qui signe le début du Brexit de manière officielle. Le moins qu’on puisse dire, c’est que Theresa May compte bien profiter au maximum de cet avantage. Elle a récemment affirmé de pas avoir l’intention d’invoquer l’article 50 avant la fin de l’année. D’après elle, le pays a besoin de temps pour préparer sa sortie. Le premier ministre britannique du commerce a quant à lui annoncé le 17 juillet dernier que la sortie s’effectuerait au 1er janvier 2019, voire plus tard si nécessaire.

     

    Theresa May joue la montre, au grand dam de l’Europe

    En réalité, tout dépend du scénario envisagé par Theresa May. Celle qui n’a jamais porté l’Europe dans son cœur est tout de même fidèle à la tradition pragmatique anglaise. Si François Hollande attend depuis le 24 juin la date d’articulation de l’article 50, May a trouvé un allié de poids, Angela Merkel, qui lui donne la possibilité de prendre tout le temps nécessaire. Tout porte à croire que les négociations seront longues et fastidieuses pour les autres membres.

     

    L’Irlande du nord, un sujet sensible

    Le Brexit divise le Royaume-Uni en son sein. En effet, l’Irlande du nord a voté contre, et souhaite donc rester dans l’Union Européenne. Le spectre du conflit nord irlandais qui a duré 30 ans et fait plus de 3500 morts est dans tous les esprits. Le danger est de voir les tensions se raviver entre les protestants et catholiques, qui ont des avis opposés quant à l’adhésion à l’UE.

     

    Pour les pays restants, le Brexit engendre un regain de sentiment européen

    D’après une enquête réalisée en ligne du 28 juin au 6 juillet en Allemagne, Belgique, Espagne, France, Italie et Pologne, appartenir à l’Europe est plutôt «une bonne chose » La plupart des pays européens n’adhèrent pas à une vision pessimiste après le référendum. Ils sont 54 % en Allemagne, 47 % en Espagne, 44 % en Pologne, 41 % en Belgique, 37 % en France et 36 % en Italie à penser que l’Union européenne repartira sur des bases nouvelles, pour sortir renforcée de la crise.

     

    Après le référendum, la BCE joue la prudence

    La Banque centrale européenne s’est réunie le 21 juillet dernier dans le cadre de sa première réunion post Brexit. Si certains espéraient de nouvelles mesures, ils ont été déçus : la BCE a maintenu le statu quo et laissé les taux d’intérêt inchangés, à 0 %. Les rachats de dettes publiques ont également été maintenues à hauteur de 80 milliards d’euros mensuels jusqu’en mars 2017. Mario Draghi a aussi salué la résilience des marchés, dans un discours plein d’optimisme. Ce dernier a cependant déclaré qu’il était encore trop tôt pour évaluer l’impact du Brexit sur l’économie européenne, pour ajouter que cela dépendrait beaucoup des négociations entre Londres et Bruxelles.

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