Donald Trump veut renoncer au pétrole saoudien

Donald Trump veut renoncer au pétrole saoudien

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    arabie saoudite

    Durant sa campagne électorale, Donald Trump s’est exprimé à plusieurs reprises sur la thématique de l’énergie. Il avait alors promis de libérer le secteur énergétique américain, trop dépendant de ses adversaires ainsi que des cartels pétroliers tels que l’OPEP.

    Son but, une indépendance énergétique totale et au centre de son programme, la relance des industries du charbon, du gaz et du pétrole, très peu onéreuses comparé aux énergies renouvelables, qui sont alors rejetées en bloc. Mais avec le développement de l’industrie pétrolière vient l’arrêt des importations d’or noir en provenance d’Arabie Saoudite.

    Ce discours n’a pas échappé à Riyad, qui s’est empressé de déclarer que l’énergie était un « élément vital de l’économie globale » et que le libre-échange était profitable à tous. On peut comprendre ce vent de panique, alors que l’Arabie Saoudite est le deuxième fournisseur de pétrole des Etats-Unis après le Canada.

     

    Donald Trump souhaite l’indépendance énergétique pour les États-Unis

    Le président élu Donald Trump est susceptible de mettre en danger l’économie mondiale en promettant de bloquer les importations de pétrole en provenance du Moyen Orient pour créer un pays indépendant énergétiquement. Durant les deux années électorales, le candidat républicain a promis de libérer les États-Unis de ses adversaires et cartels pétroliers, une référence évidente à l’OPEP.

    L’Arabie Saoudite est le premier fournisseur de pétrole du Moyen Orient pour les États-Unis, même si le pays produit lui-même la plus grande partie de son or noir.

     

     «Sans nous, l’Arabie saoudite n’existerait plus très longtemps», Donald Trump au New York Times

    le petrole

    La réaction de l’Arabie Saoudite ne s’est pas fait attendre

    Trump donne un coup de chaud à l’Arabie Saoudite, avant même son investiture. Le président élu a répété à plusieurs reprises son désir de bloquer totalement toutes les importations de pétrole en provenance du membre de l’OPEP.

    Mais le Ministre du pétrole saoudien Khalid Al-Falih a déclaré dans une interview pour le Financial Times que Donald Trump devait prendre conscience de l’importance du libre-échange pour une économie globale en bonne santé. D’après lui, les États-Unis ont un rôle de porte-drapeau très important en ce qui concerne le libéralisme économique.

     

    «En son for intérieur, le président élu Donald Trump verra les avantages et je pense que les représentants du secteur pétrolier lui préciseront aussi que bloquer les échanges de n’importe quel produit n’est pas sain. Les Etats-Unis sont le porte-drapeau du capitalisme et des marchés libres.

    Ils restent une partie très importante de l’industrie globale qui est interconnectée et qui s’occupe de la matière première qu’est le pétrole. Atteindre l’équilibre sur un marché libre est très sain pour le pétrole», Khalid Al-Falih, ministre de l’Energie saoudien dans une interview pour le Financial Times.

     

    Les États-Unis restent très dépendants de l’Arabie Saoudite

    Malgré le boom pétrolier de l’huile de schiste qui fait des États-Unis le troisième producteur de pétrole au monde, le pays dépend toujours grandement des importations saoudiennes. L’Arabie Saoudite est son premier fournisseur de pétrole parmi les pays du Moyen Orient, avec une part de marché de 11 %. 31 % des importations de pétrole américaines proviennent des membres de l’OPEP, tandis que le Canada culmine à 41 %.

     

    L’exploitation des énergies fossiles est sur le point d’être relancée aux Etats-Unis

    Donald Trump pense à juste titre que le secteur de l’énergie est un pivot de l’économie américaine. Durant sa campagne électorale, il a promis de lever toutes les barrières administratives relatives à l’exploitation des énergies fossiles sur le territoire américain, dont le pétrole, le gaz et le charbon. Le Président élu estime qu’il est nécessaire de libérer ces énergies enfouies en sous-sol, ce qui permettrait de dynamiser le secteur de l’emploi et de baisser par la même occasion le coût de l’énergie pour les ménages.

    Pour rappel, durant ses huit années de présidence, Barack Obama s’était évertué à mettre en place une transition énergétique au niveau fédéral, en élevant les contraintes environnementales qui défavorisent automatiquement les énergies polluantes.

     

    le roi de l'arabie saoudite
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    Donald Trump, un climato sceptique affirmé

    Cette stratégie de relance des énergies fossiles repose sur un climato-scepticisme avancé et assumé : le concept même de changement climatique serait d’après Trump un « canular inventé par les Chinois » dans le but d’affaiblir l’économie américaine.

    Il a d’ailleurs promis de sortir de l’accord de Paris sur le climat, et proposé une révolution énergétique dans laquelle l’Amérique reprendrait le contrôle de l’intégralité de son exploitation énergétique en exploitant au maximum l’ensemble de ses réserves naturelles.

     

    « Je vais nous débarrasser de toutes les restrictions sur la production d’énergie, dont la production de gaz de schiste et de charbon, créant ainsi des millions d’emplois à haut salaire, » Donald Trump

     

    Quelle sera la marge de manœuvre de Trump durant son mandat ?

    Sans surprise, Donald Trump disposera d’une marge de manœuvre importante quant aux problématiques énergétiques, et ce pour une simple et bonne raison : les républicains bénéficient de la majorité au Sénat, ainsi qu’à la Chambre des représentants.

    Il aura donc le champ libre pour faire voter toutes les décisions importantes. Certes, les mesures fiscales doivent avoir l’aval du Congrès avant d’être votées, mais les décrets présidentiels ont un spectre assez large pour influencer la politique énergétique américaine.

    Plus particulièrement, il sera capable de réorienter les grandes lignes directrices de l’Agence de protection de l’environnement (EPA), qui a beaucoup œuvré durant les dernières années afin de mettre en place un grand nombre de standards relatifs à l’expression des énergies fossiles, l’industrie électrique ou le transport routier.

     

    « La sortie des Etats-Unis du traité de Kyoto en 2001 à l’initiative du président Bush Jr n’a pas été suivie à l’époque par les Etats de New York et de Californie qui ont conservé leur plan environnemental et qui représentent près de 60 millions de personnes »  Thomas Porcher, docteur en économie à l’université Paris Panthéon-Sorbonne.

     

    Ce qu’il ne sera pas capable de défaire

    Comme nous venons de le dire, Donald Trump disposera d’un pouvoir très important quant à l’avenir énergétique de l’Amérique. Mais bien heureusement, les États-Unis restent un pays fédéral, et ainsi l’ensemble de prérogatives énergétiques restent du ressort des états eux-mêmes.

    Ainsi, dans le cas où les États poursuivent leur transition énergétique, l’État fédéral restera impuissant.

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