Pour les ministres italiens, cette décision est jugée “ grave et incompréhensible ”.

Les relations entre Paris et Rome déjà tendues avec la crise politique en Libye, la question migratoire et la prise de contrôle de Vivendi chez Telecom Italia se dégradent davantage avec la décision du Président français de nationaliser temporairement les chantiers navals STX.

Cette prise de contrôle agressive des chantiers de Saint-Nazaire vise à les arracher in extremis à la firme italienne Fincantieri.

Après cette série de “gifles”, les relations franco-italiennes se trouvent au niveau le plus bas de ces dernières années.

 

Les chantiers navals de STX France nationalisés

La France a lancé un ultimatum à l’Italie et menace de nationaliser les chantiers navals de Saint-Nazaire si Rome refuse de partager son capital à 50/50 dans le cas où les négociations avec la société italienne Fincantieri échoueraient.

L’Italie a rétorqué en exigeant une position majoritaire dans le groupe. Si le terme “nationalisation” n’a pas été employé, c’est bien de cela qu’il s’agit : pour 80 milliards d’euros, l’État français va acheter 100% des chantiers navals STX de Saint-Nazaire.

Officiellement, l’objectif est de défendre les intérêts stratégiques de la France.

Une décision nécessaire pour la France

Pour rappel, l’État français était auparavant actionnaire de STX à hauteur de 33%.

La nationalisation n’était pas prévue, mais est apparue comme nécessaire face au groupe italien Fincantieri, qui était sur le point de prendre contrôle des chantiers navals de Saint-Nazaire.

Dans l’impossibilité d’écarter l’offre de Fincantieri, la France n’a eu d’autre choix que de nationaliser.

Le président Macron a ainsi utilisé son droit de préemption de l’État.

 

Troisième gifle en un mois pour l’Italie

Si l’Italie est considérée depuis toujours comme un allié historique de la France, l’hexagone lui a infligé sa troisième gifle en un mois.

La France a tout d’abord refusé d’ouvrir ses ports aux bateaux chargés de migrants, pour ensuite organiser une conférence sur la Libye sans en informer les dirigeants italiens.

Après la première décision importante d’Emmanuel Macron en matière de politique industrielle, les italiens ne décolèrent pas.

Pour les journaux italiens, Emmanuel Macron a désormais perdu son statut de combattant anti populiste, défenseur de l’Europe et partisan du libéralisme économique.

 

“Le nationalisme et le protectionnisme ne constituent pas une base acceptable pour établir des relations entre deux grands pays européens”, Pier Carlo Padoan et Carlo Calenda, ministres italiens de l’Economie et de l’Industrie.

macron shipyard stx italy

Pour l’Italie, cette nationalisation est « grave et incompréhensible »

Cette remise en cause soudaine des accords passés en avril dernier n’a pas manqué de choquer l’Italie.

En effet, la France exige à présent des conditions inédites, bien plus exigeantes que celles imposées au coréen STX.

Pour Rome, la société Fincantieri doit rester majoritaire au capital de STX, et ce même à 51%. L’annonce de la nationalisation a donc été accueillie avec déception et étonnement par l’Italie.

En revanche, la nouvelle a été reçue avec enthousiasme en France: selon l’Ifop 70% des français approuvent la décision du gouvernement.

 

Les salariés de STX saluent cette décision

Si la nationalisation de STX France fait grandir des doutes sur l’avenir, les représentants des salariés se sont réjouis de cette décision, qui “donne du temps pour négocier”.

Pour ces derniers, la prise de contrôle de la société par l’État va apporter à court terme une certaine stabilité, indispensable au bon fonctionnement du chantier naval.

Pour les dirigeants de la société, le discours est différent : ils regrettent un nouveau délai fâcheux prolongeant une longue période d’incertitude qui nuit aux opérations de financement et au développement de nouvelles activités.

STX Oriole

Le ministre de l’économie évoque une situation « temporaire »

D’après Bruno Le Maire cette nationalisation est un évènement politique n’étant ni de droite, ni de gauche, mais une “décision pour la France”.

Il considère même que les chantiers navals doivent impliquer une participation de l’Etat, avant d’ajouter que la France ne fait que protéger ses intérêts au même titre que les États-Unis ou encore la Chine.

Il refuse pourtant d’employer le mot “nationalisation”, en assurant que cette situation n’est que temporaire et qu’un accord sera trouvé avec le gouvernement italien.

 

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