La Corée du Nord, l’enfant terrible du nucléaire

La Corée du Nord, l’enfant terrible du nucléaire

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    Corée du Nord et ses essais nucleaires

    Le 9 septembre dernier à 9h30 du matin, un séisme de magnitude 5,3 sur l’échelle de Richter a été mesuré par l’ensemble des pays d’Asie, avec un épicentre situé à 78 km de Chongjin, en Corée du nord. Selon Séoul, il s’agit de l’essai nucléaire le plus important effectué par Pyongyang à ce jour : une explosion d’au moins 10 kilotonnes, bien plus puissante que la bombe à hydrogène testée en janvier dernier. Avec ce cinquième essai, la Corée du Nord et à nouvelle fois en violation de toutes les résolutions de l’ONU, et la sphère internationale s’est empressée de montrer son mécontentement envers le régime mené par le dictateur Kim Jong-un, en plein milieu des festivités du 68ème anniversaire de la proclamation de la République populaire démocratique de Corée. Mais la Corée du Nord ne compte pas s’arrêter en si bon chemin. Selon des sources gouvernementales, le pays serait prêt à déclencher une nouvelle explosion dans les prochains jours ou semaines. Il faut se rendre à l’évidence, la Corée du Nord est maintenant un Etat nucléaire de fait. Le problème n’est désormais plus politique, il est militaire.  

     

    La Corée du Nord a pris son temps, mais elle possède l’arme nucléaire

    C’est indéniable : la Corée du Nord a réussi à devenir un état nucléaire de fait, et Pyongyang dispose à présent de tous les éléments nécessaires à une force nucléaire opérationnelle. Il n’y a rien de surprenant à ce qu’un pays en développement investisse dans de tels projets : n’oublions pas que la Chine et le Pakistan se sont lancés dans l’aventure alors qu’ils parvenaient à peine à nourrir leur population. Ce qui est notable, c’est l’acharnement et l’ampleur des investissements de la Corée du Nord, un petit pays isolé, afin de parvenir à égaler ses pairs occidentaux dans les secteurs de la défense et de l’armement. Son chemin a certes été parsemé d’échecs et de désillusions, mais les progrès ont été réguliers. Durant les dernières années, Kim Jong-un a mis un coup d’accélération aux travaux de développement de l’arsenal nucléaire du pays. Il a manifesté son désir de maîtriser le plus rapidement possible la technologie de miniaturisation de charge nucléaire, le but ultime étant de mettre au point un missile capable de porter une ogive nucléaire sur des milliers de kilomètres, jusqu’au territoire américain. De quoi ravir Washington.

     

    Très contestée au G-20, Pyongyang défie la communauté internationale

    Alors que le cas de la Corée du nord a été amplement abordé durant le sommet du G-20 qui a eu lieu à Hangzhou en Chine et que les chefs d’États étaient toujours présents dans la région, l’essai nucléaire du 9 septembre dernier était une ultime provocation de Pyongyang, très agacée de se trouver au milieu des conversations en présence de son grand rival américain, au beau milieu des célébrations de l’anniversaire de la proclamation du régime communiste nord-coréen par Kim Il-sung, le grand père de Kim Jong-un, en 1948. Très habile, Pyongyang semble d’ailleurs estimer que la phase géopolitique actuelle est particulièrement propice au développement de ses capacités nucléaires. Le pays est en effet convaincu que les différents qui opposent Washington à Pékin (notamment le conflit en mer de Chine) lui laissent une marge de manœuvre suffisante pour développer son agenda sans craindre de représailles de la part de son allié chinois.

    “Cette explosion de 10 kilotonnes était presque deux fois plus puissante que le quatrième essai nucléaire et légèrement moins que le bombardement d’Hiroshima, qui avait été mesuré à 15 kilotonnes environ”, a expliqué Kim Nam-Wook, de l’agence météorologique sud-coréenne.

     

    Sur tous les continents, les réunions de crise s’enchaînent

    Juste après l’essai nucléaire du 9 septembre, les grands de ce monde se sont réunis en urgence afin d’analyser la situation. La plupart des gouvernements ont pris des mesures afin d’infliger des sanctions à la Corée du Nord et la faire renoncer à ses ambitions nucléaires. La présidente de la Corée du Sud Park Geun-hye, a déclaré après son entretien avec Barack Obama : « En proche collaboration avec la communauté internationale, nous allons chercher des sanctions beaucoup plus fortes et mobiliser tous les moyens disponibles ». Malheureusement, à en croire les experts et au grand désespoir de l’Occident, il sera très difficile de faire pression sur Pyongyang, qui multiplie les provocations depuis l’an dernier avec plusieurs essais nucléaires à son actif.

     

    « Obama et son entourage, courant partout et parlant de leurs sanctions inutiles, sont risibles », porte-parole du ministère nord-coréen des Affaires étrangères cité par l’agence officielle KCNA.

     

    La Chine reste neutre, et se contente de déclarer l’essai “peu sage”

    Tandis que les pays du monde entier se rallient pour critiquer le régime de Pyongyang, la Chine s’est contentée de juger l’essai nucléaire « peu sage ». Il faut dire que Pékin est le grand allié de la Corée du Nord, et n’a aucun intérêt à voir une guerre dans la péninsule, même si elle s’inquiète de voir le pays déployer un système anti missile perfectionné. Si elle est ulcérée par les provocations de Kim Jong-un, la Chine souhaite à tout prix éviter un effondrement de la dictature du Nord, qui conduirait au scénario catastrophe, à savoir la réunification de la Corée du Nord et de la Corée du Sud, le tout sous le contrôle de Séoul et avec l’appui des Etats-Unis.

     

    « La grande question est celle-ci : les Etats-Unis et la Chine sont-ils capables de mettre de côté leur défiance stratégique pour coordonner un régime d’initiatives qui montrerait clairement que la voie empruntée par Kim Jong-un est inacceptable et qu’il doit faire demi-tour et accepté la dénucléarisation ? » Scott Snyder, analyste au Council on Foreign Relations.

     

    Defile militaire Kim Jong-un

     

    Pyongyang ne pliera pas devant le « chantage » américain

    Le dernier essai nucléaire du 9 septembre est intervenu moins d’une semaine après le lancement de trois missiles balistiques lors de la réunion du G-20. Kim Jong-Un avait dans le même temps appelé au renforcement de l’arsenal nucléaire de la Corée du Nord, en qualifiant ces derniers tirs de missiles de « parfaits ». Toujours d’après le dictateur, il est nécessaire pour son pays de poursuivre ses efforts et de renforcer la force nucléaire pas après pas. Le président américain Barack Obama ne s’est pas fait attendre pour répondre à ces déclarations. D’après lui, “La Corée du Nord doit comprendre que ses provocations ne feront que renforcer son isolement”. Malgré les foudres de la communauté internationale et les réprimandes du Conseil de sécurité de l’ONU, le pays n’a montré aucun signe de repenti, et compte même continuer à renforcer sa force nucléaire. La Corée du Nord a déclaré qu’elle resterait ferme devant les menaces américaines, qu’elle qualifie de chantage. Le journal officiel du parti au pouvoir à Pyongyang  a même affirmé : « L’époque où les Etats-Unis pouvaient faire un chantage nucléaire unilatéral à la République populaire démocratique de Corée est révolue (…) Les Etats-Unis sont exaspérés par les mesures militaires fortes prises progressivement par la RPDC ».

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