Mondial de l’Auto 2016 – L’électrique à fond la caisse

Mondial de l’Auto 2016 – L’électrique à fond la caisse

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    Salon mondial de l'Auto 2016

    Au Mondial de l’automobile qui s’est déroulé à Paris, les constructeurs ont tenté une bonne fois pour toutes de détourner l’attention du « dieselgate » pour se tourner vers l’électricité, avec des modèles zéro émission comme preuve de bonne volonté. Si pour le moment la voiture électrique ne représente que 0,50 % des ventes d’automobiles en Europe, elle fut bien la star du Salon Mondial de l’auto cette année. Alors, que s’est-t-il passé à ce Salon automobile ? En bref il y a de l’électrique à tous les stands : Renault, le numéro 1 du marché électrique, a doublé l’autonomie de sa Zoe, BMW a présenté des berlines électriques luxueuses qui pourrait faire de l’ombre à Tesla, Volkswagen a présenté le successeur de la Golf et Toyota a mélé l’électrique et l’hydrogène. Personne n’y échappe, même pas Mercedes qui s’est longtemps moqué des investissements gigantesques de Renault sur ce segment, pour finalement présenter sa propre version de luxe.

     

    Volkswagen se rachète une conduite après le « dieselgate »

    Depuis l’affaire des moteurs diesels truqués, tous les regards se tournent vers Volkswagen qui a présenté en exclusivité mondiale son nouveau concept de voiture 100 % électrique, I.D. Après la Coccinelle et la Golf, la marque a de grands projets pour l’électrique, et veut faire de l’énergie propre le troisième épisode de son histoire.

    «Cette voiture n’est pas seulement un concept-car. Elle sera commercialisée d’ici 2020. Et surtout, son prix sera presque similaire à celui d’une Golf diesel», a déclaré Herbert Diess, PDG de la marque allemande. La marque semble à présent déterminée à se racheter une image et démontrer ses efforts en faveur du respect de l’environnement avec ce «modèle à émission zéro».

     

    Mercedes présente son EQ, un SUV 100 % électrique

    Si elle a longtemps boudé le marché de l’électrique, Mercedes compte bien se remettre dans la course cette année grâce à son SUV: l’EQ. Ce véhicule promet une autonomie de 500 kilomètres et sera commercialisé dès 2019. Mercedes ne cache pas ses ambitions : le constructeur allemand veut lancer une dizaine de modèles et devenir d’ici 2025 le leader mondial du segment SUV électrique, pour se positionner comme l’un des leaders de la mobilité électrique du futur. Mais pour cela, il faut démarquer ses véhicules traditionnels de sa future famille de véhicules « décarbonnés » grâce à une nouvelle marque. Le premier modèle sera commercialisé en 2020, suivi par dix autres véhicules électriques d’ici 2025.

     

    Mercedes-Benz generation eq

     

    Opel frappe un grand coup avec sa berline Ampera-e

    Opel est une autre marque à avoir fait une entrée fracassante au Salon de l’Auto, avec la présentation de la première voiture électrique dépassant l’autonomie de 500 kilomètres. L’Opel Ampera-e est une berline cinq places dotée d’une batterie de 60 kilowattheures qui devrait calmer les angoisses de la panne. Sa commercialisation est prévue pour le printemps 2017,  à un prix inférieur à 35 000 euros.

    « Il y a six ans, lors du Mondial 2010, la conviction que le véhicule électrique ferait une vraie percée commerciale était largement répandue. Il paraissait difficile de résister à l’envolée sans se faire ringardiser. Depuis, la bulle électrique a éclaté avec l’explosion du marché chinois et la reprise américaine qui ont – gaz de schiste aidant – redonné toute leur place aux véhicules les plus gros et les plus polluants, et maintenu les motorisations alternatives dans une position très marginale. », Bernard Jullien, maître de conférences à l’université de Bordeaux.

     

    Opel Ampera-e

     

    PSA double l’autonomie de sa Zoé

    Il semble que le marché de l’électrique soit en train de franchir un nouveau cap, et que la barrière psychologique soit prête d’être levée. Après l’Opel Ampera-e et la Volkswagen I.D, Renault a annoncé  que l’autonomie de sa Zoé sera doublée, pour atteindre 400km sans charge. «Dans ce créneau des voitures abordables, nous serons les seuls à proposer ce niveau d’autonomie», a déclaré Eric Feunteun, directeur des programmes électriques chez Renault. En plus d’être 100 % électrique, Zoe se présente également comme une citadine maligne. Dotée d’un aménagement intérieur high Tech et épuré, on s’y sent bien. La nouvelle Zoé sera en revanche plus lourde et plus chère que le modèle actuel à 22 000 euros. En ce qui concerne la recharge, elle se fera en 7 à 8 heures sur une wall box de 7 kW.

     

    La voiture électrique séduit enfin les français…

    D’après un sondage réalisé par Ipsos, 35 % des automobilistes sont prêts à investir dans l’électrique, contre seulement 28 % en 2014. Et ce n’est pas tout : pour ceux qui ont déjà testé ces modèles, la proportion monte à 55 %. 94 % des sondés considèrent que c’est une technologie innovante, tandis que 80 % pensent qu’elle est économique à l’usage. 70 % des sondés jugent la voiture fiable, et 72 % estiment qu’elle est sécurisante. Les particuliers sont aujourd’hui mieux informés sur la technologie, qu’ils jugent de plus en plus fiable. C’est une bonne nouvelle pour les constructeurs.

     

    Mais la sensation de liberté bridée freine à l’achat

    Dans une étude du MIT parue en juin, la voiture électrique avec ses capacités actuelles, remplirait 87 % des besoins de ses propriétaires. Mais la voiture électrique présente des limites en termes d’autonomie, et c’est une sensation qui balaie les intentions écologiques des particuliers. Acheter une voiture est symbole de liberté, concept totalement incompatible avec un véhicule qui s’arrête au bout d’une heure de route.

     

    C’est Tesla qui a changé la donne pour le marché de l’électrique

    C’est Elon Musk, le fondateur de la firme californienne Tesla, qui a réussi à changer les mentalités pour faire de la voiture électrique un objet de désir. Il faut admettre que la Tesla Model S est une vraie merveille qui peut séduire les plus réticents grâce à son accélération digne d’une Ferrari. Mais le gros point fort de Tesla, c’est son autonomie : la Mosel S peut parcourir jusqu’à 400 km sans recharge sur autoroute. Ce qui a évolué, c’est les performances de stockages de l’électricité : le prix du kilowattheure stocké a été réduit de 80 % depuis 2008 et la densité d’énergie emmagasinée multipliée par six. Si Tesla fascine, il faut garder en tête que cette marque ne représente presque rien en termes de ventes.

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