Un an après le Brexit, le Royaume-Uni vacille

Un an après le Brexit, le Royaume-Uni vacille

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    Le référendum du Brexit qui a eu lieu le 24 juin 2016 a jamais le paysage politique et économique européen à tout jamais.

    Il a surtout prouvé que tout était possible en politique, ce qui a ouvert la porte à l’élection surprise de Donald Trump.

    Au matin du 24 juin 2016, l’Europe se réveillait en état de choc: avec 51,9% des voix, le Royaume-Uni allait sortir de l’Union européenne et divorcer de ses 28 membres.

    De la démission de David Cameron aux récentes élections législatives, quel est le bilan de l’économie britannique un an après le vote ?

    La livre sterling a perdu 13% face à l’euro

    the british pound is stable

    Entre mai 2016 et aujourd’hui, la livre sterling a perdu 13% de sa valeur face à la monnaie unique.

    Du côté des entreprises, la facture des biens à l’importation s’est alourdie, ce qui a poussé l’inflation à la hausse (+0,3% par rapport à 2016), tandis que les salaires réels ont reculé de -0,2%.

    Ainsi, le pouvoir d’achat des ménages n’a cru que de 0,2% au premier trimestre de 2017, versus 0,6% l’an passé.

    Le crash de l’économie n’a pas encore eu lieu

    Si les indicateurs économiques du Royaume-Uni sont légèrement à la traîne, la récession tant annoncée par les économistes après le vote du Brexit n’a pas eu lieu.

    Si pour le moment les institutions et observateurs se sont trompés, le pays résiste. Reste à savoir pour combien de temps?

    L’inflation grandissante et la baisse du pouvoir d’achat commence à peser sur la croissance toujours fébrile.

    Les marchés affichent un excès de volatilité

    what has happened to the British Pound

    Un excès de volatilité a fait son apparition sur les marchés financiers, et les bourses du monde entier débutent leurs sessions avec un gap baissier.

    La livre sterling a atteint son niveau le plus bas depuis 30 ans face au dollar américain qui profite de cette situation.

    Le climat de doute instauré par le Brexit fait également l’affaire des actifs “refuge” tels que l’or, le yen ou encore les obligations.

    Le Royaume-Uni attire moins les investisseurs

    Pour les entreprises, le Royaume-Uni représente une porte d’entrée en Europe. Mais après le Brexit, nombre d’entre elles ont prévu de relocaliser leur siège dans d’autres villes. La banque d’affaires JPMorgan a déjà annoncé le déplacement de 1.000 à 4.000 employés hors du pays. On peut également s’attendre à un recul des investissements en provenance des États-Unis et de la Chine.

    La Banque d’Angleterre prend les devants

    L’une des conséquences les plus importantes du Brexit est directement liée à l’évolution des prix.

    La chute de la livre sterling et la hausse des exportations qui lui est associée pousse le taux d’inflation, passé de 0,6% à 2,9% en un an.

    Alertée par la fébrilité de la reprise économique, la Banque d’Angleterre a pris la décision de baisser ses taux d’intérêt directeurs à un niveau historique de 0,25%. L’assouplissement monétaire est en marche, dans une tentative ultime de contrer les effets de la volatilité sur l’économie du pays.

    Les négociations de modalité de sortie ont démarré

    Brexit Talks Fail Round 1

    Le 19 juin dernier, les négociations de modalité de sortie ont démarré à Bruxelles.

    Le négociateur britannique David Davis et le représentant européen Michel Barnier s’entendront sur trois différents sujets: le montant de la dette à régler par le Royaume-Uni, le sort des trois millions d’expatriés européens résidant sur le territoire, ainsi que le futur de la frontière avec l’Irlande.

    Theresa May sur la sellette après les législatives

    Dans le but d’assurer sa position de force avant le début des négociations, Theresa May a organisé des élections législatives anticipées.

    Contre toute attente, après sept semaines mouvementées de campagne le parti conservateur n’a pas obtenu la majorité absolue au sein du Parlement, avec seulement 307 sièges sur 650.

    Après ces résultats catastrophiques, May est contrainte de montrer patte blanche à Bruxelles et de mettre de côté son plan de “Brexit dur” en faveur d’une solution plus modérée.

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