L’arrestation d’un exécutif de Facebook relance le débat sur données cryptées

L’arrestation d’un exécutif de Facebook relance le débat sur données cryptées

    1265
    FBI-FAcebook

    Diego Dzodan, vice-président de Facebook Amérique latine, a été arrêté et placé en détention préventive à São Paulo, suite à son refus de fournir à la police des informations au sujet d’utilisateurs de WhatsApp soupçonnés de participer à un trafic de drogue. Cela n’est pas la première fois que Facebook a des soucis avec la justice brésilienne : au mois de décembre 2015, WhatsApp avait été mis hors ligne pendant 12 heures dans tout le pays sous décision judiciaire. C’est en réalité le non-respect des ordonnances judiciaires qui a mené à l’arrestation du dirigeant de Facebook Brésil.

    Facebook et WhatsApp ont un fonctionnement bien distinct

    WhatsApp est certes détenu par Facebook, mais comme le précise le porte-parole de Facebook, les deux sociétés ont un fonctionnement bien distinct. En se trouvant face au fonctionnement particulier de WhatsApp, qui ne stocke aucun message instantané des utilisateurs sur ses serveurs, la justice s’est tournée vers Facebook, qui a déclaré être choqué par cette arrestation.

    Pendant ce temps, la bataille entre Apple et le FBI fait rage aux États-Unis

    Cette affaire survient alors que le FBI livre une bataille sans merci à Apple aux États-Unis pour une affaire ayant de vastes implications sur la manière dont les entreprises technologiques doivent collaborer avec les forces de l’ordre en livrant le contenu crypté d’un iPhone bien particulier : cet appareil aurait été utilisé par l’un des présumés auteurs de l’attentat de San Bernardino, qui avait tué 14 personnes en Californie en décembre dernier.

    “Facebook est un service parfaitement calculé pour extraire et pour amasser beaucoup de données sur la vie des gens. C’est un espace de contraintes qui profile et fiche les individus, qui entrave leur liberté, qui induit forcément une perte de contrôle sur les aspects de la vie quotidienne que l’on exprime à cet endroit.” Richard Stallman

    Facebook est-il une menace pour la démocratie ?

    D’après Richard Stallman, programmeur américain hors pair considéré comme le « père » du logiciel libre, n’a pas sa langue dans sa poche lorsqu’on aborde le sujet. Il accuse même Facebook d’être une menace pour la démocratie, et doit donc disparaître. Il a aussi rappelé que Facebook « fiche » l’ensemble de ses membres et détient des quantités astronomiques de données qui sont revendues aux annonceurs, et qu’il incombait aux gouvernements de défendre les intérêts de tous ses citoyens en plaçant des barrières pour empêcher les abus. Facebook ne fait donc pas que surveiller mas utilise également l’utilisateur, d’après Stallman, en écho à célèbre formule, « sur internet, si c’est gratuit, c’est que c’est vous le produit ». Le réseau social utiliserait bien plus ses usagers que ses usagers ne l’utilisent.

    Facebook vie privée, une longue histoire

    Il est nécessaire de s’intéresser à la question des réseaux sociaux et de la vie privée. Il est incontestable que Facebook est tout d’abord une régie publicitaire avec un environnement de partage de contenu dont les activités connexes ne servent qu’à faire fructifier les données personnelles de ses utilisateurs.

    Le business model est le même que celui de Google, de Sports Illustrated ainsi que celui de Twitter.

    Ces batailles judiciaires ne sont pas sans conséquences pour la France

    En France, c’est le député socialiste Yann Galut qui s’est insurgé contre Facebook et a essayé de convaincre les fabricants de smartphones de fournir à la justice les codes permettant de déverrouiller leurs appareils. Son idée est d’instaurer une amende d’un million d’euros en cas de refus d’obtempérer.

    Mais le député républicain Eric Ciotti est allé beaucoup plus loin : d’après lui la punition serait une interdiction de commercialisation d’un an pour toute société condamnée pour un refus de communiquer les codes. Les iPhones sécurisés seraient donc purement et simplement bannis en France.

    Les gouvernements mettent de plus en plus l’accent sur le problème des données cryptées en France, qui ralentissent ou obstruent certaines enquêtes.

    Les attentats de Paris, potentiellement évités sans les communications cryptées ?

    Les services de renseignement sont quasiment impuissants face aux données cryptées, qui peuvent être contournées dans de très rares cas. Le directeur de l’agence américaine NSA Michael Rogers aurait ainsi déclaré lors d’une interview : “Clairement, si on avait su, les attentats de Paris n’auraient pas eu lieu.” Il a ajouté être en faveur du cryptage des données pour ce qui est de la sécurité sur internet, mais émettre des réserves quant aux appareils qu’il est impossible de « décrypter ».

    SANS COMMENTAIRES

    Laissez une réponse