Le billet de 500 euros voué à disparaître en Europe

Le billet de 500 euros voué à disparaître en Europe

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    Le billet de 500 euros voué à disparaître en Europe

    On l’appelle le « Ben Laden » : tout le monde en parle, mais personne n’en a jamais vu. Le billet de 500 euros représente seulement 3 % du nombre de billets d’euros en circulation, mais plus de 28 % de leur valeur cumulée. En mars dernier, plus de 600 000 billets de ce type étaient en circulation au sein de la zone euro. Au cours du mois d’avril, la BCE a décidé de retirer cette coupure de la zone euro, avec une mise hors circulation qui devrait être effectuée dès la fin 2018. Les autorités craignent qu’elle ne facilite les activités illicites. Les billets existants resteront néanmoins légaux et pourront être utilisés en tant que moyens de paiement, conserveront leur valeur de manière permanente, et pourront être échangés auprès des banques centrales de la zone euro, ce sans limite de temps.

    C’est un billet quasi introuvable pour le commun des mortels

    Le billet de 500 euros est introuvable dans les distributeurs, et peu de commerçants l’acceptent (ils sont en droit de le refuser). Pour en avoir un en mains propres, il faut effectuer une commande spéciale auprès de sa banque. Selon la Banque de France, c’est un billet qui sert très peu. On l’appelle même le « Ben Laden », car tout le monde en parle, mais personne ne l’a jamais vu. Pourtant, il en existe en grandes quantités, avec plus de 600 000 coupures de ce type mises en circulation en Europe. Mais alors, à quoi sert-il ?

    Le billet de 500 euros, davantage utilisé pour dissimuler de l’argent que pour acheter

    Au sein de la zone euro, le billet de 500 euros représente 28 % des espèces en circulation en valeur. C’est 50 % de plus qu’il y a 10 ans. Ce billet est soupçonné de favoriser le jeu des trafiquants et le blanchiment d’argent. En effet, les billets de 500 euros permettent de transporter des sommes d’argent considérables, ce qui permet la circulation d’argent sale, voire même le financement du terrorisme. Le directeur de l’Office européen de lutte anti-fraude lui-même s’est prononcé en faveur de ce retrait, de même que Luis de Guindos, qui lui aussi a plaidé pour sa suppression. Enfin selon Europol, un million d’euros en billets de  ne pèse que. Le montant du billet de 500 € permet, selon ses détracteurs, de transporter discrètement des sommes importantes. La somme d’un million d’euros en billets de 500 € ne pèse que 2,2 kg. Mais Friedrich Schneider, expert en économie à l’Université de Linz (Autriche), émet des réserves sur l’efficacité de cette mesure. D’après lui, le blanchiment d’argent se fait depuis longtemps sous forme dématérialisée, à l’aide d’entreprises fictives et de société offshore.

    Sans surprise, la Suisse et l’Allemagne voient cette disparition d’un mauvais œil

    L’Allemagne et l’Autriche sont des pays très attachés aux espèces, et se sont donc naturellement offusqués de la disparition du billet de 500 euros, craignant que cette décision soit la première étape vers la disparition totale de l’argent physique, ainsi que l’avènement d’une société où toute transaction serait surveillée et potentiellement exposée au regard des autorités. Les Allemands sont réputés pour acheter leurs voitures avec des billets de 500 euros. D’ailleurs, c’est sous la pression de l’Allemagne que le billet de 500 euros avait vu le jour, lors de la création de l’euro.

    Une mesure de plus pour tenter de relancer l’inflation au sein de la zone euro

    D’après la BCE, la suppression du billet de 500 euros permettrait de thésauriser de larges sommes sur des espaces limités, ce qui induirait la circulation de l’argent au sein de la zone euro, tout en stimulant la dynamique des prix, pour le moment atone. C’est en effet sans succès que la BCE tente de relancer l’inflation.

    La BCE s’inscrit dans une tendance de fond : la disparition de l’argent physique

    La France et les États-Unis sont les deux derniers pays du monde à toujours utiliser le chèque, ce moyen de paiement considéré comme « vieille école » qui a disparu au profit des cartes bancaires. Dans d’autres pays comme l’Allemagne et la Belgique, les billets de 500 euros sont utilisés par les particuliers pour se transmettre de grosses sommes, sans passer par des virements bancaires. Les gouvernements cherchent actuellement à réduire les volumes d’espèces circulant dans l’économie. Une fois tout l’argent liquide disparu, le contrôle et la surveillance des échanges pourront se faire plus étroitement.

    Pourquoi ne pas instaurer un retrait total et immédiat de tous les billets en circulation ?

    La BCE privilégie un retrait progressif des grosses coupures pour plusieurs raisons : cela laisse tout d’abord le temps à l’Allemagne de s’habituer au changement, étant très friande des paiements en espèces. Supprimer d’un seul coup des billets représentant un montant de près de 300 milliards d’euros sur les 1071 actuellement en circulation pourrait créer des mouvements de panique.

    “Je me souviens quand l’euro a été conçu à la fin des années 1990, j’ai eu des disputes avec mes collègues européens au sein du G7 sur le fait qu’émettre un billet de 500 euros était hautement irresponsable et allait être une bénédiction pour la corruption et le crime”, Larry Summers, ex secrétaire au Trésor américain

    Le billet de 100 dollars américain menacé de disparition, alors que la Banque d’Angleterre se limite à des coupures de 50 livres sterling

    Aux États-Unis, le billet de 100 dollars est depuis 1969 la plus grosse coupure en circulation. Pour Larry Summers, ex-secrétaire au Trésor, il serait bénéfique de l’émettre et rejoint la BCE sur ce sujet. Le Royaume-Uni quant à lui est loin d’être friand des grosses coupures, et la valeur la plus importante des billets émis par la Banque d’Angleterre est de seulement 50 livres sterling. Toutefois, en Ecosse et en Irlande du Nord certaines banques privées peuvent émettre leurs propres billets, dont la valeur faciale peut atteindre 100 livres.

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