La Nasa veut protéger la Terre de l’astéroïde Bennu

La Nasa veut protéger la Terre de l’astéroïde Bennu

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    Le scénario est digne d’un épisode de Star Trek, mais l’histoire est bien réelle. Le 8 septembre prochain, la Nasa enverra une sonde vers Bennu dans l’espoir d’obtenir des informations sur notre système solaire, mais pas seulement: l’astéroïde passera entre la Terre et la Lune aux alentours de 2135, avec un risque de collision certes infime, mais bien réel entre les années 2175 et 2196. La Nasa débourse 800 millions de dollars pour la mission nommée OSIRIS-REx qui enverra une sonde dans l’espace pour atteindre Bennu deux ans plus tard en 2018. Cette sonde aura ensuite pour mission de cartographier l’astéroïde sous tous ses angles afin d’aider les scientifiques à choisir le meilleur emplacement pour un prélèvement d’échantillons, avec un retour sur Terre prévu pour 2023.

     

    Sauvetage du monde et collecte d’échantillons, la sonde Osiris-Rex fera d’une pierre deux coups

    En plus de sauver l’espèce humaine d’une possible collision avec l’astéroïde qui aurait lieu entre les années 2175 et 2196, la sonde Osiris-Rex collectera des échantillons sur la comète dans le but d’en savoir plus sur sa création. La sonde Rosetta devrait mettre au même moment fin à sa mission actuelle pour rejoindre Bennu et recueillir les échantillons. Certes, selon les scientifiques la probabilité d’une collision est d’une chance sur 2500, mais pour la Nasa mieux vaut prévenir que guérir. L’agence spatiale a mis en place une liste de menaces pour la planète et la collision avec un astéroïde tient la deuxième place.

     

    Bennu, un astéroïde plus massif que la Tour Eiffel, vieux de 4,5 millions d’années

    500 mètres de diamètre, c’est la taille de Bennu, aussi appelé 101955, découvert en 1999 par des chercheurs, mais né il y a 4,5 millions d’années. À titre de comparaison, le météore qui a percuté Tchéliabinsk et causé quelque 1 500 blessés en février 2013 mesurait « seulement » 18 m de diamètre. Celui qui a provoqué l’extinction de l’entière population de dinosaures il y a 66 millions d’années était quant à lui long d’une dizaine de kilomètres. Bennu se situe quelque part entre les deux. La mission de la Nasa Osiris-Rex ou OVIRS pour Osiris-rex visible and infracted Spectrometer, serait la clé d’années de recherche sur les minéraux qui composent Bennu”.

     

    “Nous allons notamment essayer de déterminer les zones de l’astéroïde qui sont riches en molécules organiques, afin de récupérer des échantillons très précieux et déterminer sa composition générale”, Dante Lauretta, responsable de l’opération Osiris-Rex à la Nasa.

     

    Une menace potentielle pour la Terre entre 2175 et 2196

    Bennu se déplace vers la Terre  à une vitesse de plus de 100 000 km/h pour potentiellement percuter la Terre entre les années 2175 et 2196 après un premier passage entre la Lune et la Terre en 2135 qui pourrait entraîner la modification de son orbite. Selon les scientifiques, un éventuel impact de Bennu avec la Terre équivaudrait à la détonation de trois milliards de tonnes d’explosifs, une catastrophe sans précédent pour la Terre. Les spécialistes se veulent cependant rassurants, la science et la technologie auront d’après eux tellement avancé à cette date, qu’un tel évènement sera évité grâce à des armes nucléaires.

     

    C’est l’âge de l’astéroïde qui intéresse les scientifiques de la Nasa

    Si Bannu intéresse autant les scientifiques, c’est parce qu’il est arrivé dans notre système solaire juste au moment où la Terre se formait, c’est-à-dire il y a 4,5 milliards d’années. Toujours en orbite autour du Soleil, ses composés organiques sont toujours « primitifs » et inchangés contrairement versus leurs homologues terrestres. L’étude de ces composés va permettre au monde scientifique de comprendre de manière plus précise l’origine de notre système solaire et les conditions du développement de la vie sur Terre. Selon les scientifiques, Bennu est susceptible de comporter des molécules “organiques”, composées uniquement de carbone et d’hydrogène, éléments de base de la vie terrestre.

     

    “Sur les planètes comme la Terre, les matériaux d’origine ont été profondément altérés par l’activité géologique et les réactions chimiques avec notre atmosphère et avec l’eau”, Edward Beshore, chercheur à l’université d’Arizona et membre du projet Osiris-Rex.

     

    Que se passerait-il en cas de scénario catastrophe ?

    Dans le cas où Bennu viendrait à percuter notre planète, les dégâts seraient énormes. Certes notre planète ne serait pas plongée dans le chaos et ne souffrirait pas d’une extinction massive, mais les conséquences seraient néanmoins dramatiques pour une zone habitée. Grâce à l’outil de modélisation Impact Earth créé pour la Nasa par l’université américaine de Purdue, nous pouvons avoir une idée de ce qui se passerait : l’astéroïde se défragmenterait lors de son passage dans l’atmosphère terrestre, et ses morceaux perdus toucheraient le sol dans un rayon d’un kilomètre. Sur la terre ferme, le choc produirait une boule de feu de 6 kilomètres de rayon, créant un cratère de 7 kilomètres de diamètre et 500 mètres de profondeur. Mais la puissance du choc détruirait toute forme de vie dans un rayon de 70 kilomètres de diamètre. Bien heureusement, les chances sont grandes pour que l’astéroïde tombe dans un océan. Mais si cela arrive près des côtes, la menace d’un tsunami est importante, avec des vagues entre 3 et 55 mètre de hauteur, rien que ça. Mais rappelons qu’il s’agit du pire scénario possible.

     

    Osiris-Rex, une bonne occasion de tester l’effet Yarkovsky

    2182 est l’année durant laquelle la probabilité que Bennu percute la Terre est la plus forte. Avec la mission Osiris-Rex, la NASA  aura également l’occasion de tester l’effet Yarkovsky, une force de radiation thermique qui peut faire dévier les astéroïdes de leur trajectoire et ainsi rendre leurs mouvements difficiles à prédire. Les scientifiques espèrent en tirer des enseignements pour à terme mieux prévenir les éventuels risques de collision avec les astéroïdes. À l’instar des planètes, les astéroïdes tournent sur eux-mêmes, et il faut par exemple quatre heures et dix-huit minutes à Bennu pour effectuer un tour complet sur lui-même. Lorsqu’une de ses faces est exposée aux rayons du soleil, le météore se réchauffe, mais lorsque la cette face est plongée dans l’obscurité, elle dégage cette chaleur dans l’espace, et la chaleur produite agit comme un mini-propulseur qui peut affecter la trajectoire de l’astéroïde.

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