Pétrole : vers une stabilisation des prix ?

Pétrole : vers une stabilisation des prix ?

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    Accord reduction production petrole

    Lors du G20 qui s’est tenu les 4 et 5 septembre derniers à Hangzhou, les deux premiers producteurs pétrole à savoir la Russie et l’Arabie saoudite se sont engagés à une « étroite coopération » afin d’assurer la stabilité du marché de l’or noir. Alors qu’aucune allusion à un éventuel gel de la production n’a été faite par le ministre de l’énergie russe Alexandre Novak et son homologue saoudien Khaled Al-Faleh, les marchés restent sceptiques quant aux conséquences d’un tel accord. Pour rappel, les principaux producteurs d’or noir s’étaient réunis il y a quelques mois  Doha afin de geler la production, sans succès.

     

    Au G20, l’Arabie Saoudite et la Russie ont signé un accord pour soutenir les cours

    Lors de la réunion du G20, les ministres saoudiens et russes de l’énergie ont signé un accord afin de soutenir les prix du pétrole, et envisagé plusieurs options possibles, dont un éventuel gel de la production. Le prix du Brent a bondi de 5 % après l’annonce, pour atteindre 49,3 dollars le baril avant de retomber à 47,63 dollars en fin de séance. Le ministre de l’Énergie russe et son homologue saoudien ont signé une déclaration commune, affirmant « l’importance d’un dialogue constructif et d’une coopération étroite entre les principaux pays exportateurs afin de soutenir la stabilité sur le marché du pétrole et garantir un niveau constant d’investissement sur le long terme ». Moscou et Riyad ont également annoncé la création d’un groupe de travail chargé d’envisager des actions communes en ce sens.

     

    « Les marchés ont réagi positivement car il n’est pas neutre que ces deux acteurs de poids se parlent. Cela pourrait aussi créer une dynamique chez d’autres producteurs », Francis Perrin, président de Stratégies et Politiques énergétiques, au sujet de l’accord entre L’Arabie Saoudite et la Russie.

     

    Malgré cette promesse, aucune mesure concrète n’a été prise pour le moment

    Si cet accord est prometteur et que les marchés attendent un gel de la production de pied ferme, à ce stade rien de concret n’a été annoncé. Alexandre Novak a indiqué « nous avons un certain nombre d’outils à notre disposition », tandis que Khaled Al-Faleh a de son côté souligné qu’il n’était « pas nécessaire actuellement de geler la production ». Si les analystes s’accordent à dire qu’il existe des pressions importantes sur les pays producteurs pour plafonner la production, la probabilité d’un gel n’en est pas pour autant plus élevée à ce stade.

     

    Les déclarations divergentes des grands producteurs mettent les marchés sous pression

    Pendant ce temps, les prix du pétrole continuent de varier au gré des déclarations diverses et contradictoires des producteurs. Lors d’une interview pour Bloomberg, Vladimir Poutine a déclaré qu’un accord de gel de la production entre pays exportateurs serait « une bonne décision », ce qui a soutenu les prix de l’or noir. D’autres propos sont allés dans le même lors du G20 avec la promesse de coopération entre l’Arabie Saoudite et la Russie pour soutenir les prix du pétrole.

     

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    Retour sur l’échec cuisant du sommet de Doha

    En avril dernier, les grands producteurs de pétrole s’étaient réunis à Doha afin de conclure un accord sur le gel de la production, pour enfin stabiliser le marché et entretenir la remontée timide des prix. Pour rappel, les cours du brut sont tombés en début d’année à leur plus bas niveau depuis douze ans. Là où le bât blesse, c’est qu’aucun accord n’a été effectué à l’issue de la réunion de Doha, et au lieu de redresser les prix l’absence d’accord a eu l’effet inverse sur les marchés. Les membres de l’OPEP semblent incapables de parler d’une seule voix et de soutenir les cours.

     

    «Arabie Saoudite et Iran finiront par s’accorder car tous les producteurs, membres de l’OPEP ou non, ont intérêt à voir les cours remonter. Mais l’accord devrait se faire de manière occulte et non pas lors d’une réunion officielle», «Dans ce scénario, on peut imaginer voir un prix d’équilibre s’établir autour des 45-50 dollars, ce qui reste peu élevé», ajoute ce dernier, Bruno Colmant, responsable de la recherche économique chez Degroof Petercam.

     

    Les membres de l’OPEP restent intransigeants quant à l’Iran

    Au cœur du problème, on retrouve des divergences d’opinion au sein même de l’organisation au sujet de l’Iran. À Doha, les saoudiens ont clairement affiché leurs intentions : ils limiteront la production seulement dans le cas où le gel est appliqué par tous les pays sans exception, y compris l’Iran. Mais les dirigeants iraniens ne sont pas de cet avis. Depuis les levées des sanctions internationales en janvier, le pays compte bien retrouver sa place sur le marché pétrolier en augmentant rapidement son rythme de production, qui est remonté à 3,3 barils par jour au mois de mars.

     

    «Si la réunion de septembre se conclut sans accord de gel de production, non seulement la crédibilité du cartel va en prendre un coup mais aussi les prix du pétrole se retrouveraient à la merci de lourdes pertes», Lukman Otunuga, analyste chez FXTM.

     

    Tous les espoirs reposaient sur la réunion de fin septembre

    Les principaux pays producteurs de pétrole vont se réunir à Alger à la fin du mois de septembre dans le cadre d’un forum international sur l’énergie. Les investisseurs étaient jusqu’à présent bercés par l’espoir d’un semblant de solution à l’offre excédentaire avec cette réunion. En effet, la participation de l’Iran a été annoncée, alors que le pays avait boycotté la réunion au mois d’avril. Malheureusement, le ministre saoudien de l’énergie Khaled al-Faleh a balayé tout espoir d’une amélioration en déclarant: «Nous écouterons nos collègues, ce qu’ils ont à proposer. Je ne crois pas qu’une intervention importante soit nécessaire. Je ne préconise certainement pas une baisse de la production». D’un autre côté le ministre du pétrole iranien Bijan Zanganeh a laissé entendre que « s’il entend coopérer avec l’OPEP pour améliorer les prix du pétrole et la situation sur le marché, il n’envisage pas de renoncer à son objectif d’accroître sa production dans le but de récupérer ses parts de marchés ».

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