Rien n’arrête Uber, qui se lance à la conquête de l’Afrique

Rien n’arrête Uber, qui se lance à la conquête de l’Afrique

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    Six ans après avoir été lancée à San Francisco, la société Uber essaie de s’implanter en Afrique, son nouvel Eldorado, avec des arguments de vente affutés. Mais la start-up n’en est pas à son coup d’essai sur le continent, déjà présente en Afrique du Sud depuis 2013. Le grand leader des VTC (voitures avec chauffeur) a commencé avec la capitale économique Johannesburg, pour ensuite s’étendre à une dizaine de villes du continent telles que Le Caire, Lagos, Nairobi et Casablanca. Le service fera également son entrée dans trois nouveau pays d’ici quelques mois, à savoir l’Ouganda, la Tanzanie et le Ghana.

     

    L’Afrique, dernier continent dont le potentiel reste à explorer par Uber

    Le manque de transports publics et l’inconsistance des infrastructures y est un problème majeur dans la plupart des agglomérations, ce qui positionne tout naturellement Uber comme une alternative individuelle, qui pourrait résoudre beaucoup de problèmes de transport en Afrique. Son directeur général en Afrique Sub Saharienne Alon Lits a déjà le Sénégal et la Côte d’Ivoire dans sa ligne de mire.

     

     « Dans la ­plupart des villes où nous sommes présents, les gens ont un chauffeur à leur disposition en quatre ou cinq minutes (…)”Uber pourrait résoudre beaucoup de problèmes de transport en Afrique (…) dans de nombreuses villes, il n’y a pas de réels moyens de transport”, Alon Lits, directeur général d’Uber en Afrique Sub Saharienne.

     

    L’application américaine s’adapte aux problématiques africaines

    La grande force d’Uber est sa capacité d’adaptation. Aux États-Unis par exemple, l’ensemble des paiements se fait par carte bancaire. Mais la marque s’est vite rendue compte que cela ne pourrait pas être le cas en Afrique, où l’argent liquide règne. Aussitôt dit, aussitôt fait, les paiements sont effectués en cash. L’utilisation de Google Maps, dont les cartes disponibles n’étaient pas mises à jour, a aussi dû être revue, avec la création de routes plus petites qui n’étaient pas affichées sur l’application.

     

    Uber c’est l’innovation, et rien n’arrête l’innovation

    C’est du moins le slogan de la société californienne, qui ne semble avoir peur de rien. Ni de la rage des taxis face à l’application, ni du lent développement d’internet, ou même de l’inadaptation de moyens de paiements dans le pays visés. Cela représenterait même une opportunité pour les conducteurs, qui sont en demande de lancer leur propre entreprise. Les taxis ne cessent de se mobiliser pour demander un encadrement plus conséquent pour les VTC, ce à quoi Uber répond en finançant une étude, nommée “Uber : une innovation au service de la croissance”. À en croire les résultats, Uber c’est le processus de destruction créatrice à l’heure numérique initiée par Schumpeter. En bouleversant le marché, la plateforme a créé de l’emploi, généré des gains de productivité et invité les institutions à se renouveler.

     

    Pour les taxis, Uber est l’ennemi à abattre

    La suprématie du géant américain n’a pas été facile. Comme dit le dicton, on ne fait pas d’omelette sans casser des œufs. Ainsi en Afrique du Sud et au Kenya, les chauffeurs de taxi sentent la menace arriver, ce qui provoque des protestations régulières. En février, les taxis ont lancé un ultimatum et donné au gouvernement sept jours pour faire interdire la société américaine sur le territoire, en menaçant de paralyser l’ensemble du réseau routier. Les taxis accusent Uber de concurrence déloyale avec des tarifs très bas. D’après Alon Lits, il s’agirait plutôt de mésinformation de ces chauffeurs, qui devraient regarder l’application comme une opportunité plutôt que comme une menace.

     

    « Si un chauffeur n’a pas de clients ou doit attendre pendant une heure un autre client, il peut enclencher l’application et travailler au lieu de perdre son temps”, lance-t-il pour contrer les arguments des mécontents », Alon Lits, directeur général d’Uber en Afrique Sub Saharienne.

     

    Les applications concurrentes ont déjà flairé le filon en Afrique

    Le concept de VTC n’a pas attendu Uber pour s’implanter en Afrique. Après un lancement dès 2012, la start-up sud-américaine Easy Taxi est à présent disponible au Kenya, en Egypte, au Nigéria ainsi qu’au Canada. En 2015, Maramoia (qui signifie « à l’instant ») a été lancée au Kenya dans un but de connecter les conducteurs et passagers.

     

    La société de VTS Little Cabs donne du fil à retordre à Uber au Kenya

    La société Safaricom a lancé Little Cabs au Kénya, société de VTC qui possède un argument de poids : son système de paiement. Les créateurs de la start-up ne cachent pas leur ambition, qui est de concurrencer Uber en tant que concurrent local, moins onéreux, qui offrira par définition un meilleur service à la communauté. Et la force de frappe de M-Pesa, système de paiement mobile le plus populaire au monde et qui compte pas moins de 20 millions d’utilisateurs au Kenya.

     

    Le plus gros handicap d’Uber sur le continent africain est la couverture en réseau 3G

    Seules les grandes villes d’Afrique sont pour le moment pourvues de réseaux mobiles 3G efficace, ce qui rend le développement du service aux zones rurales très difficile, même si ces zones ont des besoins de transport gigantesques. Uber a également du adapter sa sélection de recrutement de ses chauffeurs : ils doivent obtenir un permis spécifique en Afrique du sud notamment, après vérification de leur casier judiciaire. Après vérification, il s’avère que 10 % à 15 % des chauffeurs avaient des antécédents criminels. Le groupe s’est aussi rendu compte que dans des pays comme le Lagos, certaines infractions n’étaient pas consignées. Un système de recommandations a été mis en place, une personne devant se porter garante pour le recrutement de chaque chauffeur, avec un test psychométrique à l’appui.

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