Alors que le trafic revient peu à peu à la normale, il semble que les mouvements sociaux contre la réforme de la SNCF peinent à convaincre les français. D’après un sondage Ifop pour le Le Journal du Dimanche, 54% d’entre eux seraient conte la grève.

Il y a un mois, ce chiffre était de 58%, ce qui signifie que la protestation des français augmente. Ainsi 46% des français sont favorables au mouvement social, contre 42% il y a un mois.

Ces chiffres restent selon l’Ifop dans la moyenne basse des opinions des français à l’égard des grèves. Par exemple, la mobilisation contre la loi travail affichait 60% d’avis positifs en 2016.

  • Français qui estiment que la grève SNCF est injustifiée : 54% versus 58% en mars
  • Français qui estiment que la grève SNCF est justifiée : 46% versus 42% en mars
  • Français qui estiment que le gouvernement “aille jusqu’au bout” de la réforme, sans concession”: 61% versus 51% en mars

46% des français favorables à la grève SNCF

Quand on demande aux français s’ils trouvent le mouvement de contestation justifié ou non, 46% d’entre eux ont répondu “oui” en avril.

61% d’entre eux ont déclaré souhaiter que le gouvernement “aille jusqu’au bout” de la réforme sans céder aux grèves, alors que ce chiffre était de 51% il y a un mois.

Ce taux est plus élevé chez les sympathisants En Marche et les Républicains (93% et 75%) que chez les Insoumis ou le Front National (33 % et 45%)

Le contenu de la réforme votée par l’Assemblée Nationale

Présentée par le gouvernement le 26 février dernier et votée par l’Assemblée Nationale le 17 avril, la réforme de la SNCF fait couler beaucoup d’encre. Voici les 5 points qui ont été votés.

1. La SNCF devient une société nationale à capitaux publics

Sur le plan juridique, la SNCF est composée de trois établissements publics à caractère industriel et commercial, à savoir : SNCF Réseau (rails), SNCF (direction) et SNCF Mobilités (trains).

Selon la réforme, cet ensemble deviendra au 1er janvier 2020 un ensemble plus intégré, avec un statut de « société nationale à capitaux publics ».

Son capital sera entièrement possédé par l’État. Reste à savoir quelles seront les conditions de création du groupe public ainsi que ses conditions de fonctionnement.

2. Une partie de la dette sera reprise par l’État

Alors que fin 2017 la dette totale de la SNCF atteignait €46,6 milliards, elle devrait dépasser les €62 milliards en 2026. Si le projet de loi reste vague à ce sujet, Emmanuel Macron a confirmé dans une interview avec Mediapart que l’État reprendrait “une partie” de cette dette en 2020.

En bref, il serait impossible de transformer la SNCF en société anonyme avec une telle dette, ce qui la mettrait automatiquement en faillite.

3. L’ouverture à la concurrence à partir de décembre 2019

Le texte voté par l’Assemblée Nationale fait mention du calendrier de l’ouverture à la concurrence : les régions seront en mesure de faire des appels d’offre dès décembre 2019, tout en ayant la possibilité d’attribuer des contrats à la SNCF jusqu’à fin 2023, et ce pour une durée de 10 ans maximum.

En ce qui concerne les TGV, l’ouverture sera possible dès décembre 2020 sur le modèle d’un accès libre. La SNCF sera ainsi obligée de partager ses rails avec des concurrents souhaitant se lancer sur le marché.

4. Mise en place du “sac à dos social”

Après l’ouverture à la concurrence et dans le cas de la perte de contrats de la SNCF au profit d’autres entreprise ferroviaires, les cheminots transférés (sur la base du volontariat) bénéficieront de garanties désignées sous le noms de “sac à dos social”.

On peut citer le maintien de rémunération, du régime spécial de retraite ou encore de la garantie de l’emploi. En ce qui concerne les salariés refusant d’être transférés ou ceux transférés vers une entreprise en faillite, l’Assemblée Nationale n’a pas encore tranché.

5. Fin du statut des cheminots

La réforme de la SNCF prévoit la fin du statut de cheminot, c’est même sa mesure phare, qui est à l’origine des mobilisations et autres grèves perlées en mars et avril.

Malgré ces mouvements sociaux, le gouvernement n’a pas reculé : l’Assemblée sociale a voté la fin progressive du statut le 17 avril, au profit de contrats de droit commun.

Dès le 1er janvier 2020, les nouveaux employés de la SNCF seront embauchés dans un cadre contractuel différent, alors que les 131 000 cheminots bénéficiant déjà du statut le conserveront.

A noter : Les opinions exprimées dans cet article sont celles de l'auteur et ne reflètent pas nécessairement le point de vue d'Alvexo