La nouvelle a eu l’effet d’une bombe. Lors du G7 Finances qui s’est déroulé au Québec samedi, les États-Unis ont annoncé leur décision de taxer l’acier européen, et ce au risque de représailles.

Face à cette politique agressive, Bruno Le Maire a pressé Washington de revenir rapidement sur sa décision.

La visite d’Emmanuel Macron au Canada pour le G7 de samedi s’annonce mouvementée, et donnera lieu à des négociations “compliquées par la position américaine” selon l’Élysée.

G7 Finances et guerre commerciale

Les Ministres des Finances des membres du G7 se sont réunis la semaine dernière au Canada. L’Allemagne, la France, l’Italie, le Canada, le Japon, le Royaume-Uni et les États-Unis se retrouvent traditionnellement afin de discuter de la croissance de l’économie mondiale.

Le même jour, les États-Unis ont donné le ton en annonçant une guerre commerciale avec l’Europe : l’exemption des taxes de 25 % sur l’acier et de 10 % sur l’aluminium est arrivée à son terme, et ne sera pas renouvelée après expiration.

Le cadre idyllique de la station de ski de Whistler n’aura pas suffi à apaiser les tensions, et le G7 Finances s’est terminé avec une protestation unanime des pays européens face à la politique américaine.

D’après la Commissaire Européenne au Commerce Cecilia Malmström, Washington devrait probablement imposer à l’Europe des quotas d’importation. Si les européens restent unis à tout prix et prônent le multilatéralisme, cette position a rapidement été balayée par le le Secrétaire Américain au Commerce Wilbur Ross.

Ce dernier a insisté sur le fait que son administration privilégiait des relations “bilatérales”, les relations multilatérales étant selon ses dires “trop longues à mettre en oeuvre”. Mais pourquoi de telles mesures ? Les États-Unis reprochent à l’Union Européenne de ne pas ouvrir suffisamment son marché.

Selon des dernières données du Département Américain du Commerce de 2017, le pays importe 51,3 % d’aluminium et 35,8 % d’acier depuis ses partenaires du G7.

Un conflit qui fragilise l’économie mondiale

Lors du G7 qui se tiendra à partir de jeudi à Whistler, l’Allemagne devrait insister sur le fait que ce conflit commercial avec les États-Unis compromet la reprise de l’économie mondiale. Ce point de vue est partagé par le FMI et sa Directrice Générale Christine Lagarde.

Cela fait des mois que cette dernière met en garde Washington contre les dangers d’une guerre commerciale avec l’Europe qui pourrait faire “dérailler” l’économie mondiale qui se remet doucement après la crise de 2008. Alors que l’économie mondiale affiche une croissance record de +3,9%, l’Europe espérait profiter du G7 pour tirer parti de cette conjoncture favorable.

Le Premier Ministre canadien Justin Trudeau a jugé ces taxes “inacceptables”, alors que les États-Unis ont un excédent commercial de $2 milliards avec le Canada. Le 31 mai dernier, Ottawa avait annoncé des taxes sur 16,6 milliards de dollars canadiens envers Washington, et ce tant que “le gouvernement américain n’éliminera pas les taxes imposées”.

Du côté de la France, le Ministre des Finances Bruno Le Maire a déclaré que l’Europe “était prête à répondre face à ces menaces, même si elle préférait ne pas le faire”. Selon lui le G7 a été “tendu et difficile” et ressemblait davantage à un “G6 +1” durant lequel les États-Unis étaient “seuls contre tous, qui font courir le risque de déstabilisation économique à la planète“. Le Maire appelle les États-Unis à faire “un geste” et à prendre “les bonnes décisions pour apaiser la situation et alléger les difficultés”.

Donald Trump répond sur Twitter

Juste après les discussions de Whistler, Donald Trump a comme à son habitude pris la parole sur twitter où il a fustigé le libre-échange.

Si nous taxons un pays à hauteur de 0% pour la vente de ses marchandises et qu’en retour, il nous taxe à 25%, 50% ou 100% sur la vente de nos marchandises, on ne parle plus d’un commerce libre et équitable, mais de stupidité !”

Avec un déficit commercial de presque $800 milliards, les autres pays nous ont volé impunément depuis des années.”

A noter : Les opinions exprimées dans cet article sont celles de l'auteur et ne reflètent pas nécessairement le point de vue d'Alvexo