Christine Lagarde, ancienne Ministre de l’Economie, des Finances et de l’Industrie et Directrice du Fonds Monétaire International (FMI) vient d’être nommée à la tête de la Banque centrale européenne (BCE) et succèdera à l’Italien Mario Draghi.

La décision, rendue publique le 2 juillet, a laissé les experts politiques divisés, Christine Lagarde n’ayant jamais été économiste ou banquière. Bien que son poste actuel de Présidente du FMI lui assure une crédibilité certaine, le secteur de la finance reste dubitatif. 

Lagarde : spécialiste mais pas économiste

Si la rumeur de la nomination de Christine Lagarde à la tête de la BCE circulait à Bruxelles depuis plusieurs mois, elle a seulement été confirmée il y a deux semaines.

Pour de nombreux experts, sa nomination vient conclure des mois de conquête diplomatique par le président Emmanuel Macron, dont l’objectif était de donner à la France une place de choix sur l’échiquier diplomatique.

En septembre dernier, Christine Lagarde avait déclaré dans les pages du Financial Times ne pas être « intéressée ni par un emploi européen, ni à la BCE, ni à la Commission », comme le rappelle Le Monde. Sans surprise, la nouvelle a interpellé la majorité des spécialistes de l’économie et de la finance.

Nombre d’entre eux lui reprochent de ne pas venir de ce cercle à la différence du Président actuel Mario Draghi, sorti major en économie au Michigan Institute of Technology. 

Le secteur financier perplexe

Selon Le Monde, qui a regroupé plusieurs témoignages, les experts sont sceptiques. Stratégiste à BNY Mellon, une banque américaine, Alicia Levine s’étonne : « C’est un peu curieux [comme choix], parce qu’elle n’est pas connue pour être l’une des grandes penseuses de l’économie ».

Le sujet est si épineux que certaines sources ont préféré garder l’anonymat.  « Ça n’aurait pas été mon premier choix », explique ainsi au Monde un analyste d’une grande banque européenne. « En cas de crise de la zone euro, je ne sais pas si elle aura l’autorité intellectuelle nécessaire », en ajoute un autre.

« On s’est tous mis à fouiller dans ses discours passés pour connaître sa position sur les questions de politique monétaire », conclut Frederik Ducrozet, analyste à la banque privée suisse Pictet.

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Ursula von der Leyen à la Commission

Néanmoins, de nombreuses figures clé politiques, comme Angela Merkel, lui ont apporté leur soutien au lendemain de l’annonce officielle. « Elle a été choisie parce qu’elle a pris un rôle de leader indiscutable au FMI, et je crois que si elle peut faire ça, elle peut diriger la BCE », a déclaré la chancelière allemande – qui a récemment annoncé son départ de la vie politique suite à une santé fragile.

D’ailleurs, alors que la santé de “Mutti” se dégrade devant les caméras,  la presse allemande semble bien lui avoir trouvé une remplaçante.

Ursula von der Leyen, actuellement Ministre de la Défense outre-Rhin, succèdera à la présidence de la Commission européenne et remplacera ainsi Jean-Claude Juncker. Angela Merkel s’en est réjouie, rappelant que c’est la première fois depuis 1967 que l’Allemagne présidera la Commission.

Cela sera ainsi la première fois que deux femmes dirigent les deux plus hauts postes des deux institutions clé de l’Union européenne.

A noter : Les opinions exprimées dans cet article sont celles de l'auteur et ne reflètent pas nécessairement le point de vue d'Alvexo