A chaque jour, son rebondissement dans le feuilleton du Brexit. Cette semaine, Airbus menace de quitter le Royaume-Uni en cas de “Brexit dur”.

Airbus justifie son annonce en publiant une longue étude de ses éventuelles conséquences sur son site officiel. 

Des milliers d’emplois au Royaume-Uni risqueraient de disparaître d’ici à 2020, date de la fin de la “transition” vers le Brexit.

Une production compromise

Dans le rapport publié la semaine dernière par Airbus, les résultats d’un Brexit sans accord seraient sans équivoque : “ce scénario engendrerait des complications et une interruption de la production au Royaume-Uni. Airbus se devrait de revoir ses investissements, et même son implication au long terme dans le pays”.

L’entreprise craint d’énormes pertes financières si elle venait à rester dans le pays en cas de Brexit “dur”. “Le marché de l’aéronautique et l’aérospatial sont compétitifs. Il sera difficile de continuer à offrir des postes à la pointe de la technologie et hautement qualifiés”, précise le rapport.

Pour Thomas Williams, COO d’Airbus commercial : “Le Brexit aura de conséquences négatives pour Airbus. C’est pour cela que des mesures d’atténuation doivent être accélérées sans aucun délai”, laissant présager le pire pour les salariés du constructeur.

117 500 postes en jeu

L’annonce a provoqué un énorme choc pour l’économie britannique, car Airbus est l’un des plus gros employeurs du pays.  Selon un autre rapport publié par Airbus en 2017, l’entreprise emploierait pas moins de 15 000 personnes dans les 25 sites que compte l’île.

Au-delà de ces 15 000 employés, Airbus sous-traite sa production à près de 4 000 entreprises britanniques. Au total, près de 117 500 postes dépendent directement ou indirectement d’Airbus. Avec un Brexit dur, ils pourraient disparaître, comme l’indique un autre rapport d’Airbus publié en 2015.

Airbus, un acteur au quotidien

De l’armée à la cyber-sécurité, du transport de passagers aux transports de marchandises, en passant par les télécommunications, Airbus joue un rôle essentiel dans la société britannique. C’est ainsi que le groupe l’explique sur son site Internet.

De plus, l’enterprise a financé les études de près de 4 000 apprentis en une décennie, dont le diplôme d’ingénieur, une première dans le pays.

Drapeau d'airbus sur le logo avec des drapeaux de l'UE et de la France
Photo prise le 21 mars 2018/REUTERS/Régis Duvignau

A la fin 2015, le groupe déclarait que son activité apporte près de 8 milliards de livres annuelles à l’économie britannique. En somme, la disparition d’Airbus de l’économie britannique serait désastreuse. Mais vers quels cieux s’envolerait l’entreprise, en cas de scénario catastrophe ?

Vers où s’envolera Airbus ?

Pour le moment, Katherine Bennett, Vice-Présidente d’Airbus UK a seulement évoqué “d’autres pays européens”, tout en soulignant qu’ “Airbus pourrait très probablement s’implanter en France ou en Allemagne pour les sites d’assemblage”, comme elle l’a annoncé au Guardian en mars dernier.

La Première Ministre britannique, Theresa May, s’est elle dit “très confiante” pour l’économie nationale en cas de départ d’Airbus, en réaction à l’annonce du groupe. “Je suis sûre que nous arriverons à négocier un très bon accord avec l’Union Européenne, ce qui permettra de préserver l’économie aérospatiale”, a t-elle déclaré ce weekend.

Les gouvernements français, allemands et espagnols restent les principaux actionnaires du groupe Airbus, à travers sa filiale hollandaise EADS. En cas de départ du Royaume-Uni, les experts s’accordent à dire que les usines seront réparties à travers les trois pays actionnaires.

A noter : Les opinions exprimées dans cet article sont celles de l'auteur et ne reflètent pas nécessairement le point de vue d'Alvexo