Alors que le vote des députés britanniques samedi 19 octobre devait clôturer plus de deux ans de négociations, le Brexit est toujours dans l’impasse. 

La semaine a été riche en rebondissements. Jeudi dernier, Boris Johnson trouvait un accord avec l’Union européenne ; samedi les députés déclinaient son projet. La Chambre des communes, le parlement britannique, ont en effet refusé le compromis trouvé avec Bruxelles, avant un nouveau coup de théâtre mardi. Le point sur la situation. 

Samedi 19 octobre : nouvel échec

Plus que jamais, les Britanniques retiennent leur souffle. Alors que l’accord trouvé entre Boris Johnson et Michel Barnier avait nourri tous les espoirs, le parlement britannique les a réduits à néant. Samedi dernier, les députés ont demandé à repousser l’échéance du Brexit, fixée au 31 octobre.

L’amendement, qui a été déposé par le député Oliver Letwin, est passé de justesse, avec 322 voix pour et 306 voix contre. En d’autres termes, le Brexit a été reporté de trois mois supplémentaires.

Alors que plusieurs centaines de milliers de manifestants se sont réunis à Londres, l’annonce a fait l’effet d’une bombe et a causé l’ire des anti-Brexit, majoritaires dans le cortège.

En fond de toile de ces manifestations : l’espoir d’un nouveau référendum afin de voter “non” contre le Brexit. Pour bon nombre de sujets du Royaume-Uni, alors première puissance mondiale il y a encore un siècle, plus question de rester la risée du monde.

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Le Brexit sans accord comme seule issue ?

Le Brexit semble plus que jamais un labyrinthe sans issue, médiatisé de toutes parts. Et pour cause, alors qu’il devait prendre effet le 31 octobre, le vote de report de trois mois secoue l’Europe.

Comme le résume Le Parisien, la confusion du gouvernement britannique est telle que Bruxelles a reçu trois lettres officielles.

“La première, non signée, demande un report de trois mois du Brexit. La deuxième, paraphée par Boris Johnson, affirme que le Premier Ministre britannique ne veut pas « personnellement » de ce délai. La troisième, signée de l’ambassadeur britannique auprès de l’UE, Tim Barrow, précise que le report n’a été demandé que pour se plier à la loi.”, détaille le quotidien.

Alors qu’attendre des prochaines semaines ? Pour le professeur Patrick Martin-Genier, spécialiste du Brexit : “il existe toujours un grand danger de sortie sans accord”, a-t-il confié au Parisien. Une option qui inquiète les marchés.

Quand le Brexit prendra-t-il effet ?

Mardi, à l’issue d’un nouveau vote, les députés britanniques ont enfin accepté de revoir les conditions de l’application de l’accord négocié par Boris Johnson le 17 octobre – ils avaient jusqu’à présent toujours voté contre. Un Brexit au 31 octobre semble pour le moins bien improbable. Trop de sujets à régler avant une sortie de l’UE. Si les députés ont accepté le principe d’un report, ils discutent toujours de sa durée.

Face à une telle incertitude, la presse britannique a trouvé un nouveau surnom au parlement : “la maison des fous”. Il est vrai que la popularité des députés n’a jamais été aussi basse dans les sondages…

Quant aux marchés financiers, ils composent avec l’incertitude. La performance du Footsie, l’indice britannique, est légèrement en recul par rapport aux autres indices européens.

 

 

A noter : Les opinions exprimées dans cet article sont celles de l'auteur et ne reflètent pas nécessairement le point de vue d'Alvexo