Après des mois de tergiversations, Theresa May a enfin abattu ses cartes : sa vision du Brexit inclut une “zone de libre échange” avec l’UE, un nouveau modèle douanier, ainsi que la fin de la libre circulation des personnes.

La Première Ministre britannique temporise et évite à tout prix une rupture brutale, un “Brexit dur”. Il y a plus d’un an, les négociations entre le Royaume-Uni et l’Union européenne commençaient en vue d’une sortie en 2019. Mais le chemin est encore long.

Le Brexit en 10 dates :

23 juin 2016 – Référendum au Royaume-Uni:  51,9% des électeurs votent en faveur d’une sortie de leur pays de l’Union européenne.
24 juin 2016 – Le Premier Ministre David Cameron annonce sa démission.
13 juillet 2016 – Nomination de Theresa May au poste de Premier Ministre britannique.
Septembre 2016 – Création du “Groupe de travail article 50” de la Commission européenne.
13 mars 2017 – Le Parlement britannique donne le feu vert pour déclencher le Brexit. La Reine suit le 16 mars.
29 mars 2017 – Le Royaume-Uni déclenche l’article 50 du Traité de Lisbonne.
19 juin 2017 – Début des négociations officielles.
29 mars 2019 – Date limite du processus des négociations la sortie du Royaume-Uni.

3 options :

  1. Sortie effective du Royaume-Uni après l’approbation du Parlement européen et le vote du Conseil de l’UE à la majorité qualifiée.
  2. Délai de deux ans prorogé avec un vote du Conseil européen à l’unanimité et en accord avec les autorités britanniques.
  3. Aucun accord n’est trouvé. Rien n’est prévu dans les textes pour ce scénario. Le Royaume-Uni devient un État-tiers.

L’aspect financier et l’immigration résolus

Depuis le début des négociations sur le Brexit, l’argent était source de conflit : l’UE réclamait 50 milliards d’euros au Royaume-Uni dans le cadre de budgets européens passés. Mais Londres était prête à débourser que 20 milliards, prétendant que la méthodologie de calcul était invalide.

Après négociations, la facture était portée à 40 milliards d’euros. Le deuxième point de tension concernait alors le statut des expatriés européens installés au Royaume-Uni, mais l’accord de Bruxelles a permis de clarifier la situation : les citoyens européens vivant au Royaume-Uni avant le Brexit conserveront leurs droits.

“Zone de libre-échange” très attendue

Cela faisait longtemps que les européens attendaient cette proposition de “libre-échange” avec l’UE, lassés des tergiversations du gouvernement britannique. La Première Ministre britannique a présenté sa vision future de la relation entre le Royaume-Uni et l’UE, en assurant que ses ministres étaient parvenus à une “position commune”.

Dans le document, Theresa May précise la création d’un nouveau modèle douanier visant à favoriser les entreprises britanniques. L’ensemble de ces propositions permettrait d’éviter le retour d’une frontière physique entre l’Irlande et l’Irlande du Nord.

Quelle sera la réaction de Bruxelles ? La proposition de May sera scrutée par les équipes de Michel Barnier. Ce dernier affirme être “prêt à adapter son offre”, pressé de terminer pour de bon les négociations. Mais le risque de blocage guette toujours. Du côté des euro-sceptiques des deux camps, l’accord conclu est “insuffisant”.

Choc : le Ministre du Brexit démissionne

Ce “Brexit doux” est loin de plaire à tout le monde au sein du gouvernement britannique : le Ministre du Brexit, David Davis a claqué la porte dimanche 8 juillet. Selon lui, May n’a pas été assez ferme dans ses négociations qui ont mis le Royaume-Uni «au mieux dans une position de faiblesse dans les négociations, voire une position sans recours» face à l’Union européenne.

Cet europhobe de longue date a été nommé à la tête du « Ministère du Brexit » en 2016, peu après le référendum. Alors qu’il était secrétaire d’État aux affaires européennes de 1994 à 1997, on surnommait déjà David Davis : “Monsieur Non”.

Son départ fracassant signe le début d’une crise majeure pour le gouvernement de Theresa May qui a essuyé les revers depuis 2016. Doit-on s’attendre à la démission de Boris Johnson, Ministre des Affaires Etrangères britanniques et autre poids lourd du gouvernement ? Il avait lui aussi estimé que le plan de Theresa May revenait à “cirer une merde” avant de l’accepter à contrecoeur.

A noter : Les opinions exprimées dans cet article sont celles de l'auteur et ne reflètent pas nécessairement le point de vue d'Alvexo