Alors que l’incendie de Notre-Dame a bousculé l’agenda politique, Emmanuel Macron s’apprête à donner une conférence de presse ce jeudi, censée apaiser une crise nationale sans précédent.

Les mesures promises ayant fuité avant même l’annonce du président, qui devait avoir lieu initialement le lundi 15 avril, ne vont pas calmer la colère du peuple. Durant le week-end de Pâques, les Gilets jaunes se sont rassemblés une nouvelle fois dans toute la France. 

De nouveaux heurts ont d’ailleurs éclaté entre les manifestants et les forces de l’ordre. Du côté des Gilets jaunes, on parle de manipulation des médias. 

Les Gilets jaunes poussent Macron à modifier son texte

Selon les différents instituts de sondage, la réponse est unanime : le président français déçoit ses concitoyens, qui attendent depuis plusieurs mois une réponse forte de l’exécutif.

En misant sur l’émotion et les mots forts lors de son allocution pour l’incendie de la cathédrale Notre-Dame de Paris, Emmanuel Macron a aussi fait le choix de ne pas s’exprimer sur les sujets cruciaux.

 

 

 

Lors de la conférence de presse qu’il tiendra ce jeudi 25 avril, il devrait tirer le bilan du “grand débat” et tenter d’atténuer la grogne des Gilets jaunes. Des nouvelles mesures sociales et économiques sont donc attendues dans l’espoir de sortir définitivement de la plus grande crise sociale du quinquennat.

Emmanuel Macron devrait confirmer une ré-indexation des retraites de moins de €2 000 par mois. En d’autres termes, les petites retraites seront réajustées suivant l’inflation, afin que les français aux pensions les plus modestes puissent conserver leur pouvoir d’achat.

Par ailleurs, la “prime défiscalisée” des entreprises sera bien versée à Noël, comme l’avait promis le gouvernement. Des mesures concrètes, après des mois de contestation.

Côté fiscalité, Emmanuel Macron a dit qu’il ne “reviendra pas sur la suppression de l’impôt sur la fortune”.

Un camouflet pour les Gilets Jaunes, puisque c’était leur revendication principale. lls ont d’ailleurs depuis surnommé Emmanuel Macron “le président des riches”.

 

Les Gilets jaunes toujours dans la rue

Samedi 20 avril, les Gilets jaunes se sont rassemblés dans plusieurs villes de France pour la vingt-troisième semaine, après une semaine de pause due aux rassemblements nationaux post incendie de Notre-Dame.

Au sein du mouvement de contestation, la réaction après les dons pour reconstruire la cathédrale a été très vive.

“C’est la honte. Pourquoi Emmanuel Macron peut trouver un milliard pour la cathédrale et pas pour les SDF et les personnes âgées qui fouillent dans les poubelles ?”, s’interroge une passante au micro du Huffington Post. 

En effet, les premiers dons pour rebâtir l’édifice religieux ont été salués par la presse, mais les dons exorbitants de la famille l’Oréal, LVMH et de Total ont suscité de vives critiques, en plein débat sur l’ISF et les niches fiscales.

Dans un premier temps, le gouvernement français a proposé d’exonérer les dons, ce qui a provoqué un tollé parmi l’opposition.

Philippe Poutou, porte-parole du parti NPA, s’en est d’ailleurs ému sur les réseaux sociaux, rappelant que de nombreuses “urgences sociales” devraient avoir la priorité.

Samedi, Paris s’est donc retrouvé en proie à de nouvelles émeutes causées par des casseurs et des contestataires violents, alors qu’à quelques centaines de mètres, l’église catholique et ses fidèles célébraient le samedi Saint sur le parvis de Notre-Dame.

 

A l’approche des élections européennes, il y a fort à parier que le manque de transparence de la majorité pourrait bien lui jouer des tours…

A noter : Les opinions exprimées dans cet article sont celles de l'auteur et ne reflètent pas nécessairement le point de vue d'Alvexo