Le président de la République Emmanuel Macron s’est entretenu avec son homologue iranien Hassan Rohani, en marge du G20 à Osaka au Japon. L’objectif de cet échange : tenter d’enrayer l’escalade entre Téhéran et Washington, après l’annonce par Téhéran d’une reprise de l’enrichissement d’uranium.

France-Iran : une longue histoire

Ce n’est pas la première fois que la France occupe un rôle de médiateur dans la crise du nucléaire : en 1975, l’Iran et la France avaient déjà signé un accord et établi ensemble la Sofodif, société franco-iranienne pour l’enrichissement de l’uranium par diffusion gazeuse.
Cependant,  la révolution iranienne et la chute du Shah en 1979 avaient signé l’arrêt du programme iranien et le développement de la Sofodif avec.

Depuis, les relations entre les deux pays se sont distendues. 
Mais la France semble déterminée à créer un nouvel espace de dialogue avec l’Iran et à se réinsérer dans les différentes dynamiques en place au Moyen-Orient.

Une initiative iranienne

Il a fallu pas moins de deux mois pour que la rencontre entre Emmanuel Macron et Hassan Rohani s’organise. En effet, l’idée a été proposée par Kamal Kharazi, ancien Ministre iranien des Affaires étrangères.

En voyage à Paris en avril dernier, M. Kharazi a été reçu à l’Institut Montaigne. Il en a profité pour demander au gouvernement français de l’aide pour une médiation diplomatique avec les Etats-Unis.

Mercredi, Hassan Rohani et Emmanuel Macron se sont entretenus par téléphone. “On fera le maximum pour que personne ne commette l’irréparable” , a affirmé le Président français.

De son côté, Hassan Rohani a déclaré que “l’Iran n’a aucun intérêt à faire croître les tensions dans la région et ne cherche la guerre avec aucun pays, Etats-Unis compris”. 

Le pire est-il passé ?

Alors que la France accuse les Etats-Unis d’avoir “fermé la voie de la diplomatie”, le gouvernement a mis en place une nouvelle “cellule diplomatique à l’Elysée”, comme le rapporte le quotidien Le Monde.

Il y a deux semaines, le bombardement par drone avorté par l’armée américaine sur le sol iranien avait fait trembler l’échiquier diplomatique.

Cette attaque militaire annulée survient un an après la décision du Président Donald Trump d’annuler l’accord de Vienne de 2015 sur le nucléaire iranien, initié par l’ancien Président Obama et signé par l’Iran, la Chine, la France, l’Allemagne, le Royaume-Uni, la Russie et l’Union européenne.

François Nicoullaud, ancien Ambassadeur de France à Téhéran, a expliqué au Monde : « Le pic de la crise est passé : personne ne veut porter la responsabilité du premier mort, comme l’a montré l’Iran en attaquant un drone sans pilote et comme l’a montré Washington en renonçant aux frappes ». 

Cependant, la France a mis l’Iran en garde plus tard cette semaine, en expliquant que le pays ne gagnerait rien à rompre l’accord sur le nucléaire.

A noter : Les opinions exprimées dans cet article sont celles de l'auteur et ne reflètent pas nécessairement le point de vue d'Alvexo