Il est difficile de plaire à tout le monde, surtout lorsqu’on doit prendre des décisions difficiles pour le pays. Avec seulement 43% des français satisfaits, la cote de popularité d’Emmanuel Macron n’a jamais été aussi basse depuis le mois d’octobre dernier.

Selon l’Ifop, après plusieurs bons mois il a perdu 6 points au mois de février. Entre la réforme de la SNCF, celle des retraites ou des fonctionnaires, le gouvernement enchaîne les projets difficiles qui sont vus comme un mal nécessaire pour réformer un pays bloqué.

Seulement 43% d’opinions favorables

Emmanuel Macron récolte seulement 43% d’opinions favorables en février, soit 9 points de moins qu’en décembre. Il se rapproche ainsi du plus mauvais score de son mandat atteint en octobre dernier. Si chez les plus de 65 ans il conserve 51% d’opinions favorables, les 35-49 ans plus sévères avec le Président (32%, -6 points depuis janvier et -16 points depuis décembre). Il semble que son image de “Président des riches” continue de lui coller à la peau.

Depuis le mois de janvier dernier, le gouvernement est accusé de délaisser le service public: plusieurs mouvements sociaux ont été déplorés dans les hôpitaux, les prisons ou encore les Ehpad. Après la hausse de la CSG les retraités ont pris conscience de l’impact sur leurs pensions de janvier, ce qui n’a pas manqué de provoquer leur mécontentement.

Même si aujourd’hui la croissance repart à la hausse, il faudra plusieurs mois avant que les français ne voient leur pouvoir d’achat progresser. Afin que leur confiance au gouvernement s’améliore il est essentiel qu’ils ressentent une amélioration de leurs conditions de vie.

De son côté, le Premier ministre affiche 47% d’opinions favorables et 48% d’opinions défavorables, chiffre stable par rapport au mois précédent. Si Édouard Philippe résiste mieux, c’est parce qu’il a un rôle de bouclier qu’il est vu comme celui qui mettra en oeuvre les réformes. L’opinion publique semble apprécier son professionnalisme et son franc parler sans langue de bois.

Les français craignent les réformes

Pour expliquer la baisse de popularité de Macron, l’institut de sondages Ifop invoque la réforme de la SNCF ainsi que le recours aux ordonnances. Pour preuve, ce sont les salariés du public (32%) qui affichent le moins d’opinions favorables.

Ils considèrent que le recours aux ordonnances pour réformer la SNCF est une mesure brutale. La réforme de la SNCF est quitte ou double pour l’exécutif: s’il réussit ce tour de force la porte sera ouverte pour la réforme des retraites. Mais si une grève bloque le pays comme ce fut le cas en 1995, ce sera le contraire.

En seulement dix mois, le gouvernement s’est lancé dans une vingtaine de réformes de fond. SNCF, fonction publique, ISF, Islam de France et hôpitaux, tout y passe. Le Président a annoncé de but en blanc sa volonté de supprimer le régime spécial des cheminots dès 2018. En échange, l’État absorbera une partie de la dette du financement du réseau SNCF qui s’élève à 44 milliards d’euros.

Si cette stratégie de multiplication est entièrement assumée par l’exécutif, c’est parce qu’Emmanuel Macron peut se le permettre: il dispose d’une légitimité suffisante pour le faire. La dynamique de son élection lui offre une certaine marge de manoeuvre dont il compte bien profiter sans attendre.

Selon les experts, le risque réside plutôt dans l’immobilisme. Mais le chef de l’Etat maintient le cap pour transformer le pays qu’il juge bloqué, en espérant que les français reconnaîtront finalement ses qualités de réformateur

Nicolas Hulot et Jean Luc Mélenchon en hausse

Contrairement à Emmanuel Macron, les personnalités politiques préférées des français affichent des opinions favorables à la hausse en février. On peut citer Nicolas Hulot (36 %, +2), Jean-Luc Mélenchon (30 %, +4) et Nicolas Sarkozy (28 %, +4).

Laurent Wauquiez est quant à lui toujours populaire à droite, et ce malgré la fuite de ses propos dans l’école de management de Lyon. 69% des républicains déclarent souhaiter qu’il ait davantage d’influence politique à l’avenirs.

A noter : Les opinions exprimées dans cet article sont celles de l'auteur et ne reflètent pas nécessairement le point de vue d'Alvexo