Il semble que les relations entre Paris et Ryad soient en train de se réchauffer. Le prince Mohammed ben Salmane, héritier du trône d’Arabie Saoudite, a dîné en tête à tête avec Emmanuel Macron au musée du Louvre.

C’est le ministre des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian qui l’a accueilli dès son arrivée à l’aéroport du Bourget pour une visite de trois jours.

Pourquoi choisir le Louvre ? D’après l’Elysée, ce “haut lieu du patrimoine culturel français” était idéal pour une rencontre placée sous le signe de la culture. Cela n’a pas empêché les deux dirigeants de signer pour 14,5 milliards d’euros de contrats.

Un acceuil en grande pompe

Alors que le prince saoudien a démarré lundi la partie officielle de sa visite de trois jours en France, ce dîner était imprévu et organisé au dernier moment. D’après le communiqué officiel de l’Elysée, Emmanuel Macron a choisi le Louvre qui qui vient d’ouvrir son exposition dédiée au peintre Delacroix, connu pour son tableau “La liberté guidant le peuple”. Dans ce cadre privé et avant la réunion officielle de mardi, les deux dirigeants ont eu l’occasion de discuter de sujets d’intérêt commun.

Comme à son habitude, Emmanuel Macron a choisi un lieu historique français pour inviter un chefs d’État. Il avait précédemment dîné avec Donald Trump à la Tour Eiffel et avec Vladimir Poutine au château de Versailles. Selon l’Elysée, Emmanuel Macron devrait se rendre en Arabie-Saoudite à la fin de l’année pour parapher des contrats.

Les relations franco-saoudiennes sont cordiales

Afin d’assurer la transformation sociale et économique de l’Arabie Saoudite, les deux chefs d’État ont mis en place une “nouvelle coopération” de grande ampleur. Cela passe par le développement touristique de la région d’Al-Ula, très riche en vestiges archéologiques et connue pour ses paysages à couper le souffle.

Alors que les relations entre l’Arabie Saoudite et la France ont toujours été en rapport avec des contrats militaires et énergétiques, la France va à présent exporter sa culture et son savoir faire à Ryad. Elle a déjà pris cette initiative aux Émirats Arabes Unis avec le Louvre Abou Dabi.

Les deux hommes s’étaient déjà rencontrés le 9 novembre dernier lors d’une visite surprise de Macron en Arabie Saoudite organisée par le prince héritier d’Abu Dhabi Mohammed ben Zayed al-Nahyane. MBS avait alors été clair avec Macron: les entreprises françaises pourraient bénéficier de contrats avec l’Arabie Saoudite seulement à condition d’arrêter les relations diplomatiques avec l’Iran. Macron n’avait pas apprécié, et avait rétorqué que la France menait sa diplomatie de manière indépendante.

Le prince saoudien, surnommé MBS, est en pleine opération séduction avec les pays occidentaux. Après l’Egypte, le Royaume-Uni, les États-Unis où il est resté trois semaines et la France, son but est de donner une image plus moderne et positive d’un pays historiquement très conservateur et pratiquant d’un islam rigoriste.

Là où le bât blesse, c’est que l’Arabie Saoudite est très active dans les crise qui secouent le Proche-Orient face à son adversaire de toujours l’Iran. Au goût de Ryad, Paris est trop modéré quant à ces conflits. Alors que Donald Trump est prêt à se retirer de l’accord nucléaire de 2015 avec l’Iran, les européens ont condamné cet acte.

18 milliards d’euros de contrats signés

Le mardi 10 avril, plusieurs entreprises françaises ont annoncé des accords commerciaux avec l’Arabie-Saoudite. Les plus gros accords concernent les secteurs de l’industrie énergétique, du traitement des eaux et de la pétrochimie.

On peut citer Total qui a signé l’accord le plus important avec le saoudien Saudi Aramco: 5 milliards de dollars seront alloués au développement d’un site à Jubail, qui abrite déjà la plus grosse raffinerie du groupe dans le monde.

Schneider Electric a signé quatre accords dont le montant n’a pas été dévoilé, tandis que Veolia serait sur la voie de collaborer avec des sociétés de traitement des eaux saoudiennes. En tout 19 protocoles d’accord ont été signés entre les entreprises des deux pays, pour une valeur totale de 14,5 milliards d’euros.

A noter : Les opinions exprimées dans cet article sont celles de l'auteur et ne reflètent pas nécessairement le point de vue d'Alvexo