A quelques mois des élections européennes, et alors que les sondages donnent l’extrême-droite en tête, Emmanuel Macron s’essaie à de nouvelles directives.

Le Président de la République a partagé dans la presse ses impressions sur l’Europe. Du traité transatlantique aux délocalisations d’entreprises, de la crise entre la Chine et les Etats-Unis, la zone euro inquiète les marchés

L’occasion pour un Président dont la popularité est en chute libre – notamment depuis le début de la crise des Gilets Jaunes, de reprendre la main, alors que le parti qu’il a crée il y a seulement trois ans, ne compte que pour 22% de l’intention des voix… Pour le moment. 

“L’Europe n’est pas un supermarché”

Emmanuel Macron apprécie particulièrement les symboles. Alors que son discours le soir de la victoires des élections présidentielles avait eu lieu sur le parvis du Louvre, sa première annonce sur l’Union Européenne avait été formulée à la Sorbonne, plus ancienne université du vieux continent, symbole incontestable des “Lumières” et du savoir français.

La semaine dernière, Emmanuel Macron a décidé de signer l’acte II de son discours pro-Européen. Une tribune écrite de sa plume a été publiée dans les quotidiens des 28 pays de l’UE.

Alors que certains critiquent son apparition comme une campagne destinée à booster les votes pour son parti de La République en Marche, d’autres y voient un geste du Président pour une union en pleine crise, à moins de deux semaines du Brexit.

Durant son discours, Emmanuel Macron a dénoncé la montée des “nationalistes sans solution” et a plaidé pour une Europe qui doit garantir la “liberté, la protection et le progrès”. Il a également fortement critiqué le traité transatalantique, en martelant que l’Europe n’était pas “un supermarché”, face aux risques de décroissance dûs à la globalisation des multinationales.

Une conférence pour l’Europe

Concernant le Brexit, le Président a sobrement commenté que la France souhaite développer coûte que coûte une relation “pragmatique” avec le Royaume-Uni.

Il y a quelques jours encore, les salariés d’Eurostar ont fait grève pour démontrer l’inefficacité des douanes présentes en cas de Brexit dur. Résultat : des milliers de voyageurs ont fait la queue pendant plusieurs heures, causant de nombreux retards et un mécontentement général, à la fois à la Gare du Nord et à la gare internationale de Saint-Pancras à Londres.

Emmanuel Macron, en réaction à cet évènement a plaidé pour une “renaissance” de la France, en exprimant son espoir que les élections européennes du 26 mai prochain pourraient être un moyen pour l’Europe de définir une “nouvelle ambition”, et de trouver une “énergie renouvelée”.

L’amitié avec l’Allemagne : un atout

Pour Emmanuel Macron, l’amitié avec la chancelière Angela Merkel est un atout qu’il souhaite mettre en avant dans les prochains mois.

“Nous devons promouvoir une Europe qui va plus loin, ensemble, pour un bien-être économique et social”, a t-il précisé. “Nous devons le faire, afin d’éliminer la résurgence de régimes autoritaires et des démocraties liberticides”, faisant référence aux partis d’extrême-droite en pleine expansion en Italie, en Hongrie, en Grèce, mais aussi en Autriche, en Allemagne et en France.

Il a également prévenu les pays d’Europe de l’Est, particulièrement tentés par le vote d’extrême-droite. Alors que le chômage y est particulièrement accru, le Président de la République a rappelé que des partis d’extrême-droite dénoncent, mais pour autant ne proposent de solution ni économique, ni sociale.

L’Europe unie contre le terrorisme

Enfin, le Président a rappelé l’importance d’une Europe unie contre les risques du terrorisme, alors que les derniers fiefs de l’Etat Islamique sont bombardés en Syrie par la coalition internationale.

“Il faut savoir que le terrorisme ne connait pas les frontières, Brexit ou pas”, a t-il rappelé dans son discours, confirmant l’importance d’une “souveraineté européenne” face au terrorisme, dans son discours du 5 mars au Collège européen du renseignement.

Plus de 320 responsables de 66 services de renseignements européens ont participé à la conférence, dont tous les pays de l’Union, plus la Suisse et la Norvège.

Selon le Président, il est essentiel pour l’Europe de croire “très profondément à la conjugaison positive de la souveraineté nationale et de la souveraineté européenne”, alors que certaines sources rapportait que les services du Royaume-Uni seraient d’ores-et-déjà en train de réfléchir à une coopération unique avec les services français en cas de Brexit dur.

Une coopération à améliorer

Selon Ouest France, Emmanuel Macron a ajouté lors de son allocution aux experts des réseaux terroristes que la communication entre les services restait un élément “essentiel”, rappelant les épisodes de Molenbeek, tout en ajoutant que les dispositifs actuels restent encore à ce jour insuffisants.

Selon le Président, 2019 sera l’année pour définir le vieux continent. “Il nous faut une Europe qui protège”, a-t-il expliqué.

“On pourrait légitimement se dire que les coopérations et les structures sont assez nombreuses pour ajouter un outil supplémentaire.  Je crois tout l’inverse ” a poursuivi le chef de l’état. “Nous avons les structures sédimentées par l’histoire mais nous n’avons pas les fondations, nous avons les outils d’analyse et l’information mais ce qui fait défaut, c’est la remontée et le partage de ladite information vers les décideurs ”.

Le discours, très bien reçu par les pays de l’UE, ainsi que par les services de renseignement des autres pays, confirme le rôle clé de la France dans la lutte contre le terrorisme et des partis extrêmes.

Quelques jours après son discours, le parti En Marche! s’affichait en tête pour les élections.

 

A noter : Les opinions exprimées dans cet article sont celles de l'auteur et ne reflètent pas nécessairement le point de vue d'Alvexo