Après l’échec cuisant de la fusion entre Alstom et Siemens, la France et l’Allemagne se sont réunis cette semaine. Leur objectif : trouver un accord commun pour permettre aux pays de l’Union européenne de créer une dérogation quant aux règles à la concurrence.

En cause, l’interventionnisme trop fort de l’Union européenne aurait, selon eux, fait échouer la fusion entre les deux géants. 

Le Ministre des Finances, Bruno Le Maire s’est rendu à Berlin en Allemagne pour discuter avec ses homologues, Peter Altmaier (CDU), chargé de l’économie, et le social-démocrate Olaf Scholz (SPD), responsable des finances. 

Premier objectif : trouver un accord

Comment trouver une solution alors que les règles économiques sont si différentes entre l’Allemagne et la France ? C’est la première question que se sont posés les dirigeants lors de ce sommet exceptionnel.

L’entretien confidentiel de Le Maire et Scholz – la presse n’ayant pas été conviée – a donné libre cours aux rumeurs. Certains médias, comme Le Monde, ont parlé d’une mésentente de fond sur la zone euro. Mais les origines de la crise semblent plus profondes.

Avec la crise du Brexit et un traité transatlantique au point mort, il semble de plus en plus difficile pour les pays européens d’être à l’unisson.

Afin de trouver une solution, la France a décidé d’écrire un nouveau chapitre.

Un “manifeste” pour une Europe unie

Selon Le Monde, Bruno Le Maire a présenté mardi dernier un « manifeste franco-allemand pour une politique industrielle européenne adaptée au XXIsiècle ».

Ce livre blanc, long de quatre pages, proposait une réponse à la question suivante : « Lorsque certains pays subventionnent massivement leurs propres entreprises, comment les entreprises opérant principalement en Europe peuvent-elles rivaliser équitablement ? ».

Pour le moment, la France et l’Allemagne s’accordent à dire qu’il faudrait alléger les lois européennes sur la concurrence.

Le livre blanc propose une sorte de veto, appelé « droit de recours », dans l’objectif de « revenir sur des décisions de la Commission »  quant aux fusions ou acquisitions dans l’Union européenne.

Pour une “industrie du futur”

Quoi de plus logique pour conclure cet accord, que d’expliquer la mondialisation et la globalisation des industries ?

Avec plus de 40% de travailleurs frontaliers dans les régions frontalières entre l’Allemagne, la Suisse, l’Italie, Andorre et l’Espagne, sans compter les frontières des DOM TOM, la France semble mieux placée pour écrire ce nouveau chapitre de l’industrie européenne.

A l’issue du sommet, l’Allemagne et la France ont décidé de lancer un produit test pour l’union : des batteries électriques “Made in EU” afin de contrer la rude concurrence asiatique. Pour le moment la Chine et la Corée du Sud fabriquent la totalité des batteries utilisées en Europe. Au total, le projet est estimé à €1,7 milliards.

La fabrication des batteries électriques n’a rien d’un hasard. Selon les experts, elle serait un premier pas vers le développement des hautes technologies en Europe, notamment tout ce qui a trait à l’intelligence artificielle.

Quelques jours après son retour à Paris, Bruno le Maire a confirmé que l’Italie, l’Espagne ainsi que la Pologne avaient d’ores et déjà “marqué leur intérêt”.

Le Ministre des Finances a conclu son discours en affirmant que son projet était avant tout de “pouvoir garder la valeur de l’Europe”, tout en préservant les emplois sur son territoire.

 

A noter : Les opinions exprimées dans cet article sont celles de l'auteur et ne reflètent pas nécessairement le point de vue d'Alvexo