En France, la tempête des Gilets jaunes ne s’essouffle pas. Bien au contraire, elle inquiète de plus en plus le gouvernement. Alors que le week-end dernier plus de 80 magasins ont été détruits sur les Champs-Elysées et une douzaine de départs de feu recensés, le préfet de police de Paris a été limogé.

Le restaurant du Fouquet’s, symbole des années fastes de l’ère Sarkozy, a été incendié lors des émeutes qui ont eu lieu après le dix-huitième rassemblement à Paris.

Alors que demain, une nouvelle manifestation est prévue par les Gilets jaunes, de nombreux quartiers seront “interdits” de manifestation. Les Sentinelles, police militaire qui avait assuré la sécurité publique après les attentats du 13 novembre 2015, seront déployées.

De nombreux experts politiques s’inquiètent d’une démocratie “limitée”, qui pourrait provoquer et enrager encore plus l’opposition, bien décidée à continuer le mouvement. Quitte à utiliser la violence… Analyse.

Des violences inédites

Les manifestations des Gilets jaunes du week-end dernier ont été particulièrement violentes. En cause, une impatience et une lassitude face à une majorité qui fait la sourde oreille. Sur des dossiers tels que l’évasion fiscale ou l’ISF, le gouvernement n’a par exemple, pas encore tranché.

Cibles de choix des manifestants, les banques autour du quartier des Champs-Elysées ont été saccagées et certaines incendiées.

Une stratégie qui a failli virer au drame pour une jeune mère et son bébé, locataires d’un appartement situé juste au-dessus d’une banque avenue Roosevelt. L’incendie a fait une douzaine de blessés.

Mais les manifestants violents, dont l’identité et l’appartenance ne sont à cette heure, toujours pas confirmées, ont tenté d’autres approches pour interpeller la classe politique.

De nombreux graffitis ont fleuri lors des manifestations, non sans rappeler l’identité visuelle des affiches de mai 68. Les plus marquants sont apparus le long des Champs-Elysées.

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Mesures “anti-casseurs”

Quoi de plus symbolique que la défiguration de la “plus belle avenue du monde” ? Si les Gilets jaunes ont toujours préféré les Champs-Elysées pour envoyer un message au gouvernement, ce sont les Black-Blocs qui ont pris la relève samedi dernier.

Au total, près de 5 000 anarchistes violents ont saccagé, puis pillé les magasins de l’avenue la plus chère de France, entre joaillers de luxe, boutiques, grands couturiers et kiosques à journaux.

Le Premier Ministre,  Edouard Philippe, a condamné ces actes violents, du jamais vu en France, et a appelé le gouvernement à voter d’urgence une loi “anti-casseurs”. Cette dernière est censée réprimer très durement les manifestants violents.

En résumé, des lois plus strictes pour encadrer et condamner les actes violents lors de manifestations. La liberté d’expression oui, mais pas de destruction ; telle était la missive du gouvernement. Quelques jours plus tard pourtant, la position de la classe politique a changé.

Tirer sur les manifestants ?

Lors un entretien sur France Info, le gouverneur militaire de Paris, le Général Bruno Leray, a évoqué les consignes données aux soldats Sentinelle, qui seront déployés samedi 23 mars dans toute la France, pour l’acte 19 des Gilets jaunes.

Lors de son interview, le Général a déclaré que les Sentinelles pourraient éventuellement tirer sur la foule en cas de menace, sans en préciser les conditions.

L’opposition a, sans délai, condamné cet usage de la violence et s’inquiète de voir des morts samedi, alors qu’une frange des Gilets jaunes a appelé les participants à continuer à casser des vitrines et piller des magasins. Un message largement partagé sur les réseaux sociaux.

Mais alors que la plupart des Français pense que les Gilets jaunes ont un impact négatif sur l’économie nationale, le mouvement aurait, selon plusieurs experts, contribué à un regain de consommation inédit, bien loin des produits intérieurs bruts en berne des pays frontaliers.

Une relance de l’économie

Contre toute attente de la majorité, la France se porte bien, et même mieux que ses voisins européens, en grande partie grâce aux réformes demandées par les Gilets jaunes et validées par le gouvernement.

On compte entre autre des aides financières pour les salaires les plus faibles, ce qui a relancé la consommation au dernier trimestre 2018 et au premier trimestre 2019.

Selon Les Echos : “la croissance attendue serait de 0,4 point par trimestre sur la première moitié de l’année 2019.”

Autre élément intéressant, Les Echos pointent l’analyse de l’Insee, qui a expliqué que l’effet sur le pouvoir d’achat serait le résultat de “la bascule de cotisations sociales vers la CSG”, validant ainsi les réformes faites par le Président.

A noter : Les opinions exprimées dans cet article sont celles de l'auteur et ne reflètent pas nécessairement le point de vue d'Alvexo

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