La guerre commerciale entre les Etats-Unis et la Chine s’intensifie. Conséquence du décret Trump, les appareils chinois du fabricant Huawei ne seront plus développés sous Android. 

Deuxième marque mondiale de smartphones après l’américain Apple, Huawei fabriquait des smartphones opérant sous le sytème développé par Google. 

Désormais jugé “à risque”, le fabricant asiatique figure dans la liste noire des entreprises qui n’auront plus accès à des collaborations avec des entreprises américaines. Une situation qui affole les salles des marchés dans le monde.

Seule éclaircie au tableau : Huawei aurait anticipé cette situation et développerait secrètement, depuis plusieurs mois, son propre système d’exploitation en interne. 

Une aubaine pour l’Europe

Les utilisateurs des smartphones Huawei devront bientôt vivre dans un monde sans Gmail ou sans Google Maps. Une décision du Ministère américain du Commerce, qui a établi une liste d’entreprises chinoises “à risque”.

Qu’est-ce que signifierait la disparition d’Android sur Huawei, deuxième plus grand fabricant de smartphones au monde ?

Si l’on garde en tête que le troisième reste le coréen Samsung, qui utilise Android, le fabricant chinois pourrait bien achever l’ère du duel Google-Apple.

D’ailleurs, comme le suggère Bloomberg, ce décret est en mesure de modifier la donne sur le marché européen, où Huawei réalise actuellement 30% de son chiffre d’affaires annuel.

Comme l’a rapporté les Echos, le constructeur chinois aurait déjà commencé il y a plusieurs mois à développer secrètement son propre système d’exploitation. Pour de nombreux experts, il s’agirait d’une belle opportunité pour les start-ups capables de proposer de nouvelles solutions.

Inquiétude chez Google et Huawei

Alors qu’on a appris cette semaine que les salaires des employés de Google avaient fortement augmenté entre 2018 et 2019, le décret a porté un coup à Google.

En effet, si Android n’est plus disponible sur Huawei, les applications telles que Youtube ou encore Chrome ne seront plus pré-installées sur les smartphones en vente. Un manque à gagner considérable pour le géant américain.

Mais l’inquiétude est également partagée par les salariés de Huawei, car même s’ils ont commencé à développer un système d’exploitation cette année, il y a fort à parier que ce dernier ne sera pas prêt d’ici à la fin de l’année, voire même l’année prochaine.

Si Huawei avait d’ores et déjà une réputation un peu écornée en Occident après l’affaire d’espionnage dans la guerre commerciale de la 5G, le décret Trump n’a fait qu’isoler davnatge le géant.

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Microsoft rejoint Google

Il y a quelques jours, Microsoft a annoncé qu’il retirerait également Huawei de ses clients. Alors que Microsoft a refusé de commenter l’événement, des spécialistes se sont exprimés sur la question dans la presse américaine.

Pour Patrick Moorhead, analyste principal chez Moor Insights & Strategy, l’activité de l’entreprise chinoise exige qu’elle “compte sur les entreprises américaines à court et à moyen terme”.

Toujours selon lui, le manque à gagner serait immense : “Cela va prendre au moins une décennie pour la Chine pour rattraper tout ce retard”, a t-il conclu , interwievé par le magazine Fortune.

En réponse, un responsable de Huawei a partagé publiquement que le plan “B” de Huawei pourrait être mis en place au premier ou second trimestre de 2020. Pour le moment, les experts restent sceptiques quant à l’avenir, alors que Huawei venait tout juste de percer dans les pays occidentaux.

Un coup dur pour le géant chinois, qui, s’il n’arrive pas à trouver une alternative, devrait connaître un ralentissement de croissance retentissant dans les prochains mois.

A noter : Les opinions exprimées dans cet article sont celles de l'auteur et ne reflètent pas nécessairement le point de vue d'Alvexo