Le mois d’avril sera compliqué pour les français. SNCF, Air France, France Télévisions et éboueurs ont choisi la fin du week-end de Pâques pour un mouvement social qui pourrait paralyser le pays pendant trois semaines.

Ces mouvements seront-ils suffisants pour affecter les réformes du gouvernement ? Rien n’est moins sûr.

Emmanuel Macron a montré a plusieurs reprises son mépris pour la “gréviculture” qui serait selon lui le talon d’Achille de l’économie française. Lors des premières manifestations du quinquennat, il avait déclaré sur CNN « la démocratie, ce n’est pas la rue ». La messe était dite.

Grève perlée à la SNCF : du 3 avril au 28 juin

Dès le 3 avril l’ensemble des syndicats de la SNCF se mobiliseront pour une grève perlée de 36 jours. Ce mouvement vise à contester le projet de réforme de la SNCF qui envisage de supprimer le statut de cheminot et ouvrir le secteur à la concurrence. en utilisant les ordonnances.

Le projet sera débattu à l’Assemblée Nationale du 9 au 12 avril prochain pour une adoption avant l’été. Deux stratégies différentes seront mises en place : alors que les syndicats CGT, Unsa et CFDT appellent à une grève de deux jours sur cinq jusqu’au 28 juin, SUD demande une grève illimitée reconductible chaque jour.

Afin de tenir les usagers au courant, la SNCF indiquera via son site internet le plan de transport pour chaque jour de grève à partir du 2 avril au soir. Que faire si vous avez déjà acheté un billet de train ? Une annulation est possible sous certaines conditions. Seuls les trajets effectués entre le 3 et le 9 avril seront pour le moment pris en compte.

Grève Air France : 30 mars, 3 avril et 7 avril

Dix syndicats Air France défendant les droits des pilotes, hôtesses de l’air, stewards et personnels au sol ont lancé un appel à la grève afin de revaloriser leurs salaires de 6%. Jusqu’à aujourd’hui, la direction de la société a refusé de répondre favorablement à cette requête qui coûterait €240 millions.

D’après les dirigeants, cette somme absorberait une part trop importante des €590 millions de bénéfices réalisés en 2017. Ni Hop, ni Transavia ne devraient être affectés. La compagnie aérienne a déclaré que le programme des vols serait publié chaque jour pour les vols du lendemain, tout en précisant que des annulations seraient à prévoir.

Grève des éboueurs : illimitée à partir du 3 avril

L’ensemble des salariés de la filière déchets est appelé à une grève reconductible qui débutera le 3 avril. La CGT demande la création d’un «service public national» des déchets ainsi qu’un «statut unique public» pour l’ensemble des travailleurs de la filière. Il est ici question de reconnaître la pénibilité du secteur, de réduire le temps de travail et d’instaurer un départ anticipé de cinq ans «à taux plein» pour tous.

Grève France Télévisions : le 4 avril

Pour annuler le licenciement d’un journaliste de France 3, plusieurs syndicats de France Télévisions, à savoir SNJ, CFDT, CGT et FO ont lancé un appel à la grève pour le mercredi 4 avril prochain. Jean-Marc Pitte avait été licencié en février dernier “sans motif valable”.

Emmanuel Macron poursuit le rythme des réformes

Comme l’a annoncé le chef d’État vendredi dernier, les mouvements sociaux n’auront aucune prise sur le rythme des réformes en cours. Selon lui, l’impact des mouvements sociaux n’existerait pas en raison de l’importance des réformes pour un pays. Il a ajouté que les partenaires de la France attendent ces réformes depuis de nombreuses années, et c’est particulièrement le cas pour l’Allemagne.

Aucun dirigeant politique n’aime les grèves, et Macron encore moins. Depuis son accession au pouvoir, il n’a pas caché son irritation faces aux menaces de mouvements sociaux. Lorsque sa réforme du Code du Travail a été critiquée, il n’a pas hésité à s’attaquer aux “fainéants, cyniques, et ceux qui souhaitent foutre le bordel”.

Il a renoncé à commémorer la mémoire de mai 68 qui ne serait selon lui qu’une utopie suivie de désillusions. Selon Macron, la « gréviculture » est l’une des pires habitudes de la France, qui ne cesse de rebuter les investisseurs étrangers.

A noter : Les opinions exprimées dans cet article sont celles de l'auteur et ne reflètent pas nécessairement le point de vue d'Alvexo