Dans la tourmente du Brexit, les frontières et les tensions diplomatiques se crispent en Europe. Dernier épisode en date : l’installation d’une nouvelle police fluviale entre la France et le Royaume-Uni.

Cette semaine, une embarcation d’immigrés clandestins a chaviré et une douzaine d’Iraniens ont péri dans la Manche. Même s’il semble mineur comparé à la crise en méditerannée, cet évènement tragique illustre un nouveau front migratoire grandissant.

Depuis le mois de novembre, près de 240 immigrants ont péri dans la Manche, record absolu depuis le début de la crise migratoire en 2015. Jeudi 3 janvier, deux personnes ont été arrêtées à Manchester, suspectées d’organiser un réseau clandestin.

En réaction à cette recrudescence, les autorités ont décidé de renforcer leurs frontières. Mais cette mesure sera-t-elle suffisante ? Analyse.

La Méditerannée, toujours aussi meurtrière

La crise des migrants au sud de l’Europe ne cesse de faire la une : il y a quelques jours, deux adolescents ont été retrouvés vivants cachés dans des matelas à Melilla, enclave espagnole en Afrique, à la frontière avec le Maroc.

Rien que pour l’année 2018, on estime le nombre d’immigrés clandestins dans l’Union Européenne à 150 000.

C’est 50 000 de moins qu’en 2017, mais les chiffres n’en sont pas moins préoccupants : l’Espagne est devenue la première porte d’entrée, devançant désormais l’Italie où l’on a recensé près de 2 260 morts l’année dernière.

Avec des chiffres en baisse et une réglementation de plus en plus stricte, les migrants essaient de trouver des routes alternatives pour entrer en Union européenne. Le vidéo publiée ce mercredi par le New York Times a particulièrement choquée l’opinion publique.

La Manche : une nouvelle “Méditerannée”

Ce vendredi 4 janvier, le Royaume Uni a décidé d’envoyer un navire de la Royal Navy pour contenir le phénomène. Pour l’année 2018, 539 personnes ont tenté de franchir la Manche sur des embarcations de fortune, presque la moitié ont péri lors de leur tentative.

« Je peux confirmer que le HMS Mersey va être déployé dans le détroit du Pas-de-Calais pour assister la police aux frontières et les autorités françaises dans leur réponse aux traversées de migrants », a indiqué le Ministre britannique de la Défense, Gavin Williamson.

Le Ministre a détaillé dans un communiqué qu’il s’agit “d’une mesure provisoire jusqu’à ce que les deux navires de la police aux frontières que j’ai redéployés de l’étranger rejoignent les eaux britanniques”.

L’objectif : endiguer la tendance afin de ne pas reproduire le même drame qu’en Méditerannée. Néanmoins, sur les 539 personnes embarquées l’année dernière, plus de la moitié auraient péri, selon Jeune Afrique. Rien qu’en décembre, plus de 240 personnes auraient voyagé.

Une Europe qui improvise

Alors que le drame de l’Aquarius reste encore dans toutes les mémoires, les pays de l’Union Européenne n’ont jamais été aussi divisés sur la question migratoire.

En Espagne, malgré la montée en puissance de l’extrême-droite aux dernière élections, le gouvernement semble favorable à accueillir les migrants.

La France se montre favorable, également sous certaines conditions, alors qu’en Italie, Matteo Salvini a refusé toute nouvelle mesure d’inclusion, ce qui est loin de faire l’unanimité dans la classe politique. D’après les nouvelles l’Alsace.fr, l’Europe est en “totale improvisation”. 

Depuis le 1er janvier 2019, plus de 400 migrants ont d’ores-et-déjà été secourus en mer.

A noter : Les opinions exprimées dans cet article sont celles de l'auteur et ne reflètent pas nécessairement le point de vue d'Alvexo