En ce moment même, la Grande Bretagne et l’Équateur discutent du sort de Julian Assange. L’australien de 47 ans avait trouvé refuge dans l’ambassade équatorienne de Londres en juin 2012 pour échapper à son extradition vers la Suède, où il était accusé de viol depuis 2010.

Dans un entretien publié dimanche par le journal espagnol El Pais, le Président équatorien Lenin Moreno a déclaré que Julian Assange devrait accepter une “pénalité” pour avoir enfreint la loi en Grande-Bretagne, et ensuite être “extradé vers un pays où il ne court aucun danger”.

Julian Assange et WikiLeaks en 13 dates clés

– 2006 :  Julian Assange créé le site internet WikiLeaks et publie des documents confidentiels sur les procédures d’interrogatoire des prisonniers enfermés à la prison de Guantanamo. Le monde prend conscience de la torture psychologique subie par les pensionnaires du camp Delta.

– September 2008 : WikiLeaks publie les emails personnels de la candidate aux Présidentielles Sarah Palin.

– 2009 : WikiLeaks publie des milliers de messages envoyés pendant les attentats du 11 septembre 2001, cela concerne le Pentagone, des policiers, ainsi que des citoyens.

– Mars 2010 : WikiLeaks publie deux rapports prouvant que la CIA tentait à la fois de faire fermer le site internet, et de comploter contre l’Europe dans le cadre de la guerre en Afghanistan. Le site diffuse par la même occasion une vidéo montrant que l’armée américaine a tué deux employés de Reuters en 2007.

– Juillet 2010 : WikiLeaks publie plusieurs milliers de documents qui dénoncent les versions officielles d’incidents survenus pendant la guerre en Afghanistan.

– Août 2010 : la Suisse émet un mandat d’arrêt à l’encontre d’Assange, accusé de viol et d’agression sexuelle.

– Octobre 2010 : WikiLeaks publie 400 000 documents secrets sur la guerre en Irak incluant torture, assassinat et abus de pouvoir en tous genres.

– Juillet 2012 : cela fait deux ans que Julian Assange est visé par un mandat d’arrêt européen pour viol et agression sexuelle en Suède. La police l’arrête à Londres et le place en résidence surveillée. Il s’enfuit et se réfugie à l’ambassade d’Équateur.

– 16 août 2012 : l’Équateur annonce accorder à Assange le droit d’asile.

– Juillet 2016:  WikiLeaks publie 20 000 courriels du parti démocrate américain qui s’avèrent hautement préjudiciables à la campagne présidentielle d’Hillary Clinton.

– Mai 2017 : Les autorités suédoises classent sans suite l’enquête pour viol qui visait Julian Assange. Cependant, les autorités britanniques lui reprochent toujours d’avoir violé les termes de sa libération conditionnelle en se réfugiant à l’ambassade équatorienne à Londres.

– Décembre 2017 : toujours bloqué dans l’enceinte de l’ambassade, Assange obtient la citoyenneté équatorienne.

– 27 mars 2018 : l’ensemble des communications de Julian Assange avec l’extérieur de l’ambassade de l’Équateur sont coupées. Le gouvernement équatorien l’accuse d’avoir interféré avec la politique internationale.

Qu’en est-il aujourd’hui ?

A la fin du mois de juillet 2018, l’Equateur et la Grande-Bretagne discutent du sort de l’australien de 47 ans qui pourrait être expulsé de l’ambassade où il a passé six ans.

Le président équatorien Lenin Moreno s’est rendu en Espagne et en Grande-Bretagne, pour déclarer au journal espagnol El Pais que “Julian Assange devrait accepter une «pénalité» pour avoir enfreint les conditions de sa liberté sous caution au Royaume-Uni, et être extradé ensuite vers un pays où il ne court aucun danger”.

Le ministre équatorien des Affaires étrangères José Valencia a ajouté sur ABC que “l’ambassade londonienne ne pouvait constituer un refuge éternel pour Assange”.

Ce que Julian Assange redoute s’il sort de l’ambassade équatorienne, c’est d’être extradé vers les États-Unis où il serait jugé pour la publication de secrets militaires en 2010.

Certes il a obtenu la citoyenneté équatorienne en 2018, cependant Londres refuse toujours de lui accorder un statut diplomatique. Pour couronner le tout, les relations entre l’Équateur et Assange se sont dégradées durant les derniers mois, en raison notamment des prises de position de l’australien quant à l’indépendantisme de la Catalogne.

Assange : un prisonnier qui coûte très cher

D’après Scotland Yard, la surveillance policière ininterrompue autour de Julian Assange aurait coûté 5,9 millions de livres sterling au Royaume-Uni en seulement deux ans.

Assange aurait également coûté $66 000 par mois à l’Équateur, incluant l’achat de systèmes de surveillance et l’embauche de personnel de sécurité dont la tâche est de le surveiller 24/7.

A noter : Les opinions exprimées dans cet article sont celles de l'auteur et ne reflètent pas nécessairement le point de vue d'Alvexo